Les profs veulent aussi des «primes de rétention»

Québec a décrété que tout employé d’une école primaire ou secondaire qui postule à un poste de direction aura une hausse de salaire de 10%.
Photo: Getty Images Québec a décrété que tout employé d’une école primaire ou secondaire qui postule à un poste de direction aura une hausse de salaire de 10%.

Les nouvelles « primes de rétention » de 3 % et 4 % par année, créées par Québec pour garder en poste les directeurs généraux de cégep et de commission scolaire, inspirent les professeurs.

« Ces primes sont une bonne nouvelle : à la prochaine ronde de négos, on s’attend à avoir nous aussi des primes pour l’attractivité et la rétention des enseignants, avec la pénurie de profs qu’on connaît », a réagi Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

« Ce qui est bon pour les cadres scolaires est bon pour les profs », ajoute le représentant syndical. Aux prochaines négociations en vue de renouveler les conventions collectives des employés de l’État, Sylvain Mallette compte déposer l’article du Devoir de jeudi révélant l’existence de ces nouvelles primes.

Après sept années de service (dans un même poste chez le même employeur), les directeurs de commission scolaire recevront une « prime de rétention » annuelle de 4 % tant qu’ils occuperont cet emploi. De leur côté, les directeurs de cégep auront une prime annuelle de 3 % après cinq années de service.

Ces primes font partie d’une série de mesures visant à rendre plus attrayante la profession de gestionnaire de l’éducation. Québec a notamment décrété que tout employé d’une école primaire ou secondaire qui postule à un poste de direction aura une hausse de salaire de 10 %.

Cette initiative vise à mettre fin à une iniquité de longue date : le salaire d’un directeur adjoint au bas de l’échelle était à peine plus élevé, ou même plus bas, que celui d’un enseignant ou d’un autre professionnel de l’éducation en haut de l’échelle. Ce faible écart salarial nuit considérablement au recrutement de directeurs et de directeurs adjoints.

Le chef libéral et premier ministre sortant, Philippe Couillard, a défendu jeudi la hausse de rémunération pour les directeurs d’école, de cégep et de commission scolaire consentie par son gouvernement.

« Les rémunérations d’un directeur d’école ne sont pas très différentes de celles d’un enseignant. C’est pour ça qu’on est arrivés avec ces primes, autant au niveau collégial qu’au niveau des commissions scolaires », a-t-il fait valoir.

Les enseignants estiment qu’un coup de barre s’impose aussi pour rendre leur profession plus attrayante : la pénurie de profs sévit à tous les niveaux, et le quart des nouveaux enseignants quittent la profession avant leur cinquième année d’expérience.