Le PQ souhaite une politique de «compensation» des stages en milieu de travail

Le PQ parle de «compensation» et non pas de rémunération des stages. On évoque la possibilité de dédommager les stagiaires pour les déplacements ou la perte de revenus.
Photo: Getty Images Le PQ parle de «compensation» et non pas de rémunération des stages. On évoque la possibilité de dédommager les stagiaires pour les déplacements ou la perte de revenus.

Répondant à une revendication de longue date des associations étudiantes, le Parti québécois souhaite une politique nationale en matière de « compensation » des stages en milieu de travail.

Cette politique sera précédée d’un chantier qui permettra de déterminer les besoins et de fixer les règles. « Il faut avoir un portrait global pour être capable de poser un diagnostic et de se diriger éventuellement vers une politique de compensation des stages », explique Carole Poirier, députée d’Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole en matière d’éducation au Parti québécois.

Elle affirme qu’il n’existe pas de « portrait exhaustif » de la situation en ce moment et soutient que « les règles entourant [les stages] varient d’un programme à l’autre, d’un établissement à l’autre ». Le PQ propose donc de réunir les associations étudiantes, les établissements d’enseignement postsecondaire — cégeps et universités — et une instance indépendante pour mener ce chantier avec le gouvernement, et ce, dans un « délai relativement court […] pour en arriver à avoir une politique nationale ».

Le PQ parle de « compensation » et non pas de rémunération des stages. On évoque la possibilité de dédommager les stagiaires pour les déplacements ou la perte de revenus. « Il y a souvent des stages où il y a une prise en charge complète pendant plusieurs mois, à raison de 35 ou 40 heures par semaine, explique la présidente de l’aile jeunesse du parti, Frédérique St-Jean. Pendant ces périodes, c’est difficile pour les étudiants d’avoir un autre emploi en parallèle. On veut donc s’assurer que ça n’augmente pas leur précarité. C’est pour ça qu’on parle de compenser les stagiaires qui sont en stage de longue durée. »

Carole Poirier donne l’exemple des futures sages-femmes, qui étudient à Trois-Rivières mais qui doivent ensuite se déplacer dans une autre ville du Québec pour faire leur stage, ce qui implique nécessairement des frais. « Beaucoup de ces jeunes femmes-là sont de jeunes mamans, c’est une dynamique très complexe. Et ça vient aussi limiter le nombre de jeunes qui finalement choisissent d’aller jusqu’au bout de ce genre de formation. Alors, il faut que le stage soit facilitant, qu’il soit encadrant, mais il faut aussi qu’il soit accessible en tant que tel. »

Iniquités

Carole Poirier estime qu’il serait pertinent, au cours de ce chantier, de se demander si le fait de ne pas rémunérer les étudiants pendant leurs stages a un impact sur le nombre de jeunes qui abandonnent leurs études en cours de route.

Le chantier permettra également de faire la lumière sur « les iniquités qu’il y a actuellement à travers l’ensemble des stages », plaide Mme Poirier.

« Ce n’est pas parce que je suis avocate que mon stage doit être payant et parce que je suis travailleuse sociale que mon stage ne devrait pas l’être. C’est une question de respect entre les professions », soutient la députée péquiste.

Le gouvernement libéral a bien accepté, ces dernières années, de rémunérer les futurs enseignants et les étudiants en psychologie, mais « il le fait à la pièce », constate Carole Poirier, alors qu’il faut plutôt « regarder le problème dans son entièreté ».

Jusqu’où le PQ pourrait-il aller en matière de compensations ? Et qui assumerait le coût de celles-ci ? « On n’est pas à l’heure des montants, on est à l’heure du portrait et, surtout, de l’établissement des solutions », répond la députée d’Hochelaga-Maisonneuve. « On ne peut pas dire aujourd’hui : ça va coûter tant ; on n’en a aucune idée actuellement. Mais on s’engage à ce qu’il y ait une politique de compensation et on verra comment on va faire cette politique-là pour s’assurer que les étudiants ne soient pas perdants. »

Le PQ souhaite également offrir davantage de protection aux stagiaires sur leurs lieux de travail. « Il y a toutes sortes de questions qui se posent, explique Carole Poirier. Est-ce qu’il y a un cadre juridique qui encadre la personne lorsqu’elle est en stage ? Est-ce qu’elle est protégée par la loi contre le harcèlement et par le Code du travail ? Si elle se blesse pendant le stage, qu’est-ce qui arrive ? […] Il faut s’assurer que ces gens-là soient protégés. »