Technopôle Angus: l’école sera conforme à la Loi, promet le promoteur

Cette école de quartier serait gratuite et sans test d’admission, avait promis Christian Yaccarini. Mais pour réaliser le projet, une dérogation à la Loi sur l’instruction publique était requise.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cette école de quartier serait gratuite et sans test d’admission, avait promis Christian Yaccarini. Mais pour réaliser le projet, une dérogation à la Loi sur l’instruction publique était requise.

Après la controverse suscitée par son projet d’école dans Rosemont au printemps dernier, la Société de développement Angus a accepté de faire quelques concessions. Le promoteur s’est entendu avec la Commission scolaire de Montréal afin de définir un modèle de gestion qui sera conforme à la Loi sur l’instruction publique.

En avril dernier, la Société de développement Angus (SDA) avait présenté un projet d’école primaire proposant une approche pédagogique « innovante et communautaire ». Le président et chef de la direction de la SDA, Christian Yaccarini, disait vouloir conclure une entente de service avec la CSDM, mais souhaitait que l’école du Technopôle Angus puisse bénéficier d’une autonomie de gestion, qu’elle soit dotée d’un conseil d’administration et que le promoteur ait le pouvoir d’embaucher le directeur et le personnel. Cette école de quartier serait gratuite et sans test d’admission, avait promis M. Yaccarini. Mais pour réaliser le projet, une dérogation à la Loi sur l’instruction publique était requise.

Le projet avait fait bondir les syndicats. La Centrale des syndicats du Québec considérait le projet comme un « dangereux précédent » susceptible de mener à une privatisation de l’éducation.

En entrevue au Devoir mercredi, Christian Yaccarini a indiqué s’être finalement entendu avec la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon. Des concessions ont été faites de part et d’autre. « Chacun a mis de l’eau dans son vin : ce ne sera pas une école qui aura une autonomie complète, mais il va y avoir une délégation de pouvoirs de la commission scolaire au conseil d’établissement, ce qui est permis par la Loi », explique-t-il. « La CSDM a fait preuve d’une grande ouverture. Et nous, on a arrêté de voir la commission scolaire comme un dinosaure incapable d’innover. »

Un autre obstacle est également tombé lorsque Québec a modifié l’encadrement réglementaire afin d’autoriser les commissions scolaires à acheter ou louer des terrains pour la construction d’écoles.

La SDA abandonne ainsi l’idée de confier la gestion de l’école à un conseil d’administration. Bien qu’il juge que le choix d’un directeur ou d’une directrice d’école est « primordial », M. Yaccarini se dit prêt à collaborer avec la CSDM à ce sujet. De même, il compte se conformer aux règles d’embauche de professeurs en fonction de l’ancienneté.

Deux comités ont été créés conjointement avec la CSDM. L’un se penchera sur le volet immobilier du dossier et l’autre, sur la délégation de pouvoirs. Pour l’instant, Christian Yaccarini n’est pas en mesure de préciser la portée des pouvoirs qui seront conférés au conseil d’établissement.

La CSDM a fait preuve d’une grande ouverture. Et nous, on a arrêté de voir la commission scolaire comme un dinosaure incapable d’innover.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de Catherine Harel Bourdon, mais la CSDM a confirmé la création de groupes de travail pour mener à bien le projet en conformité avec la Loi sur l’instruction publique.

Si les discussions se déroulent comme prévu, l’école devrait accueillir ses premiers élèves à l’automne 2021, soutient Christian Yaccarini.

Vingtième anniversaire

Ce projet commence à prendre forme alors que la SDA fête ses vingt ans d’existence.

En 1992, les « Shops Angus » fermaient leurs portes. Christian Yaccarini travaillait à la Corporation de développement économique et communautaire (CDEC) lorsque l’idée de se porter acquéreur d’une partie du vaste terrain a germé. « Quand on a négocié avec le CP à la suite de la fermeture des Shops, on n’avait pas une cenne », se rappelle M. Yaccarini. Avec des prêts, la CDEC fera finalement l’acquisition de la moitié du site, soit 2,4 millions de pieds carrés. La SDA était née.

Vingt ans plus tard, des rues et des parcs ont été créés et plus de la moitié des 1,6 million de pieds carrés disponibles ont été développés avec 13 bâtiments, 65 entreprises et 2800 travailleurs.

L’OBNL entend d’ailleurs célébrer son 20e anniversaire jeudi. Christian Yaccarini soutient que la SDA explore la possibilité de développer d’autres projets dans l’est de Montréal, notamment dans Montréal-Nord et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Ce que cherche la SDA, ce sont de grands terrains qui, « idéalement », sont contaminés, explique M. Yaccarini : « Va-t-on bloquer le développement de l’est de Montréal sous prétexte que les terrains sont contaminés ? »