Faire mieux pour assurer l’avenir

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
La FTQ organise des cours de francisation dans le milieu de l’industrie du vêtement, entre autres, où plusieurs travailleurs sont issus de l’immigration, comme chez Peerless (notre photo).
Photo: Rima Chaaban La FTQ organise des cours de francisation dans le milieu de l’industrie du vêtement, entre autres, où plusieurs travailleurs sont issus de l’immigration, comme chez Peerless (notre photo).

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’alarme du fait que près d’un million de Québécois ont un faible niveau de littératie. Selon elle, le prochain gouvernement devra mettre les bouchées doubles du côté de l’alphabétisation s’il veut réussir le virage économique axé sur l’intelligence artificielle et une économie verte, qui requiert des niveaux de compétence élevés.

Parmi les 24 actions mises en avant dans la plateforme électorale de la FTQ, quelques-unes mentionnent la nécessité d’accorder davantage de ressources à la francisation et à l’alphabétisation.

Une meilleure francisation

Daniel Boyer, président de la FTQ, rappelle qu’il est primordial d’augmenter le financement des mesures de francisation. « Nous avons organisé des cours de francisation dans les milieux de l’entretien ménager et du vêtement, où il y a beaucoup de travailleurs issus de l’immigration, mais nous aimerions avoir davantage de soutien du gouvernement pour en faire plus », dit-il. Dans le rapport de la Vérificatrice générale, publié à l’automne 2017, l’effort du Québec en francisation était qualifié d’insatisfaisant. Les taux de réussite étaient très bas, les désistements et les abandons, très nombreux. De plus, moins d’un immigrant sur trois ayant besoin de cours de français réussissait à l’obtenir.

Le président de la FTQ juge cette situation déplorable, car, pour ces gens, ce sera très difficile de s’intégrer à la société québécoise et encore plus au marché du travail.

Relever les défis à venir

Avec le taux de chômage qui frise le plein emploi et le faible taux de littératie des Québécois, Daniel Boyer croit qu’il sera difficile pour la main-d’oeuvre d’atteindre le niveau de compétence élevé qu’exigera le virage vers une économie axée sur l’intelligence artificielle. Il en sera de même pour la transition qui s’amorcera vers une économie verte et sans pétrole. Selon une étude du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), datant de 2012, le pourcentage des Québécois qui n’atteint pas un niveau acceptable en littératie s’élève à 53 %.

« Les travailleurs avec peu de compétences ne pourront pas faire la transition vers cette nouvelle économie », déplore-t-il.

Le Fonds aussi impliqué

Les enjeux entourant l’alphabétisation interpellent aussi le Fonds de solidarité de la FTQ. En mai 2017, le Fonds s’est associé à la Fondation sur l’alphabétisation pour s’attaquer aux défis que soulève cette problématique au chapitre de l’employabilité. Une étude découlant de cette collaboration, datant de février 2018, mentionnait que l’amélioration des compétences en littératie hausserait le PIB du Québec de 4,9 milliards de dollars.

L’étude fait aussi ressortir le faible taux de littératie des travailleurs du secteur manufacturier (où la FTQ a des milliers de membres). Près de deux travailleurs sur trois y ont des difficultés en littératie. Le Québec a donc beaucoup à faire s’il veut améliorer son bilan en la matière.