Une lutte à mettre en priorité, selon la CSQ

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
La CSQ demande plus de financement pour les programmes de francisation (notre photo) et d'alphabétisation dispensés par le ministère de l'Éducation.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La CSQ demande plus de financement pour les programmes de francisation (notre photo) et d'alphabétisation dispensés par le ministère de l'Éducation.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s’intéresse depuis des années à la question de l’analphabétisme et aimerait que cet enjeu attire l’attention des partis politiques lors de la campagne électorale. État des lieux.

Dans le Québec moderne d’aujourd’hui, il y a trop de gens dont le niveau de littératie est trop bas, selon Line Camerlain, première vice-présidente de la CSQ. Elle aimerait que le prochain gouvernement fasse de la lutte contre l’analphabétisme une priorité. Le printemps dernier, le Réseau de lutte à l’analphabétisme (dont la CSQ fait partie ainsi que 19 autres groupes) a rencontré les quatre principaux partis pour discuter de cet enjeu. Mme Camerlain souhaiterait que cette initiative ait des retombées.

La vice-présidente invite aussi les membres de la CSQ en région à interpeller leurs candidats, lors de la présente campagne électorale, au sujet de cet enjeu de société.

Rappelons quelques faits. En septembre 2017, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, annonçait son intention d’adopter une Stratégie en matière d’alphabétisation. Il mentionnait qu’il s’agissait pour lui d’une priorité. Le Réseau se réjouissait de cette annonce. Or, dans le Plan stratégique 2017-2022 du ministère, on mentionne que la publication de la Stratégie en alphabétisation se fera à l’automne 2019. La Politique de la réussite éducative vise pourtant une hausse de 5 % du PEICA (Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes qui évalue le taux d’alphabétisation) d’ici 2023. Selon l’étude du PEICA pour le Québec, datant de 2012, 47 % de la population possède des compétences élevées en littératie.

Agir tous azimuts

Selon Mme Camerlain, pour que l’alphabétisation progresse, il faudrait mettre en place rapidement une action concertée touchant plusieurs ministères. Il faudrait aussi que les programmes d’alphabétisation dispensés par l’Éducation aux adultes et par les groupes populaires soient mieux financés. Même chose pour les programmes de francisation s’adressant aux immigrants.

Selon elle, intervenir auprès des parents est aussi important. Le défi est d’autant plus grand pour des parents peu lettrés d’aider leurs enfants à acquérir un bon niveau de littératie.

Un coût élevé pour la société

« Cela coûte cher à la société d’avoir un aussi grand nombre de gens souffrant d’analphabétisme, soutient Mme Camerlain. Cela influe sur leur participation citoyenne, ce qui a aussi des répercussions. Ces gens risquent de vivre de l’exclusion et de la pauvreté, car ils ne peuvent occuper des emplois qui exigent un bon niveau de littératie. »

Mme Camerlain rappelle qu’il y aura pourtant plusieurs dizaines de milliers d’emplois à pourvoir au cours des prochaines années. C’est la raison pour laquelle agir rapidement devient primordial, selon elle.