Éducation: la CSQ réclame un financement stable

Les partis doivent «cesser d’avoir une approche comptable; l’éducation doit plutôt être vue comme un investissement social à long terme», a résumé Sonia Éthier, présidente de la CSQ.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les partis doivent «cesser d’avoir une approche comptable; l’éducation doit plutôt être vue comme un investissement social à long terme», a résumé Sonia Éthier, présidente de la CSQ.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) demande aux partis politiques de cesser de « jouer au ping-pong » avec l’éducation et d’en faire « une véritable priorité pour cette élection » en offrant un financement stable et durable au réseau public.

En point de presse à Montréal dimanche matin, soit à la veille de la rentrée scolaire, la CSQ a souligné qu’il y avait toujours un manque à gagner de 591 millions de dollars en éducation.

Sonia Éthier, présidente de la CSQ — le plus important syndicat en éducation au Québec —, a rappelé que le gouvernement libéral avait imposé des mesures d’austérité d’environ 961 millions au réseau de l’éducation avant d’y réinvestir, à ce jour, 370 millions.

Il ne faut pas se laisser « berner » par ce réinvestissement à la pièce, a prévenu Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ). « Il y a eu des blessures qui ne se sont pas encore cicatrisées dans notre réseau », a-t-il lancé.

Plusieurs traces de ce régime minceur sont toujours visibles, a détaillé Mme Éthier, citant au passage le manque de services aux élèves et la dégradation des conditions d’exercice du personnel.

Pour « renverser la vapeur », la CSQ demande aux partis politiques d’aller au-delà des slogans électoraux et des déclarations à l’emporte-pièce pour faire de l’éducation « une véritable priorité » en vue de l’élection du 1er octobre.

Pénurie

Cette année encore, plusieurs élèves entameront l’année scolaire sans avoir de titulaire de classe, mais plutôt en ayant un enseignant suppléant ou une personne non qualifiée devant eux. Une situation déplorable, qui est la conséquence directe du manque de valorisation de la profession, a dénoncé Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ).

Rappelant que 20 % des enseignants quittent la profession dès leurs cinq premières années d’exercice, Mme Scalabrini a montré du doigt l’accroissement du fardeau de la tâche des enseignants, la complexification des classes et la précarité de la profession.

Mais pas besoin d’un ordre professionnel ou de plus de formation continue pour valoriser la profession, a-t-elle répété. Mme Scalabrini croit plutôt que les enseignants ont besoin d’être « plus écoutés et entendus » pour que leur point de vue soit plus pris en compte par les officines du pouvoir. Sans oublier l’écart salarial avec les enseignants du reste du pays qui doit être résorbé, a-t-elle expliqué.

Approche comptable

Pour sa part, Johanne Pomerleau, présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), a réclamé que les services offerts par les professionnels du milieu de l’éducation soient reconnus à leur juste valeur.

Or, « les services professionnels sont la marge de manoeuvre financière [du gouvernement] en éducation », a-t-elle dénoncé.

En 2015 seulement, 275 postes de professionnels (psychoéducateurs, conseillers en orientation, orthophonistes, etc.) ont été retranchés. « Depuis, on en rajoute, mais malheureusement, pour plusieurs enfants, le mal est fait », s’est-elle indignée.

D’une seule voix, les quatre représentants de la CSQ ont demandé aux partis politiques de cesser de jouer au yoyo avec l’éducation.

Les partis doivent « cesser d’avoir une approche comptable; l’éducation doit plutôt être vue comme un investissement social à long terme », a résumé Mme Éthier.