Pénurie de professeurs et course à l’embauche à la CSDM

Les postes à pourvoir sont surtout ceux consacrés aux classes d’accueil, c’est-à-dire les classes de francisation, ainsi que les classes préscolaires, à cause du nombre élevé d’enfants de quatre et cinq ans.
Photo: iStock Les postes à pourvoir sont surtout ceux consacrés aux classes d’accueil, c’est-à-dire les classes de francisation, ainsi que les classes préscolaires, à cause du nombre élevé d’enfants de quatre et cinq ans.

Les commissions scolaires de l’île de Montréal embauchent ces jours-ci, notamment à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), où une cinquantaine de postes sont toujours à pourvoir. Des classes sont toujours sans professeur attitré, et ce, à quelques jours de la rentrée scolaire.

« On a encore un gros défi cette année », dit d’entrée de jeu Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM. À pareille date l’année dernière, 70 postes étaient toujours à pourvoir et des enfants s’étaient présentés à leur première journée de classe sans professeur.

C’est la course à l’embauche en ce moment à la CSDM. Plus de 10 enseignants par jour sont recrutés : « Je veux rassurer les parents en précisant qu’il n’y aura pas une classe sans enseignant lundi », martèle la présidente.

Je veux rassurer les parents en précisant qu’il n’y aura pas une classe sans enseignant lundi

Certains enseignants qui seront en poste la semaine prochaine seront des suppléants. Donc, des élèves pourraient encore devoir composer avec de multiples enseignants pour leur prochaine année scolaire.

Pourquoi une telle pénurie ? « Il y a de multiples facteurs, comme des départs à la retraite, des congés de maternité, de maladie et l’augmentation de la population et de l’immigration », énumère la présidente de la CSDM, qui dit chercher des solutions.

Les ressources sont tellement minces que des étudiants au baccalauréat en enseignement sont embauchés à temps partiel. « Au lieu de travailler dans un casse-croûte, ces jeunes acquièrent une réelle expérience de travail pendant leurs études, donc c’est très positif, surtout que de moins en moins de jeunes en enseignement terminent leur bac. »

Les postes à pourvoir sont surtout ceux consacrés aux classes d’accueil, c’est-à-dire les classes de francisation, ainsi que les classes préscolaires, à cause du nombre élevé d’enfants de quatre et cinq ans.

« On a presque 200 nouvelles inscriptions par semaine en ce moment d’enfants issus de l’immigration », précise Mme Harel Bourdon. « On a vraiment un casse-tête de 1000 morceaux », constate-t-elle, en disant que la CSDM fait « tout en son pouvoir pour pourvoir les postes manquants ».

Ailleurs à Montréal

À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), le scénario est similaire, quoique moins compliqué. « Nous avons encore une vingtaine de postes à pourvoir », indique la porte-parole, Gina Guillemette.

Dans l’est de Montréal, à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI), on dit aussi qu’il y a un manque d’effectifs, sans toutefois préciser le nombre exact. Toutes les classes devraient avoir un enseignant attitré d’ici la rentrée, assure-t-on toutefois.

L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal ainsi que le Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal, qui représentent respectivement les employés de la CSDM et de la CSMB, n’ont pas répondu aux demandes d’entrevues du Devoir.

1 commentaire
  • Caroline Mo - Inscrite 25 août 2018 19 h 43

    La CSDM crée ses propres problèmes

    L'un des facteurs de cette pénurie est la fermeture de la CSDM face aux professeurs d'expérience lesquels, par ailleurs, ont fait leurs études ici mais qui se font dire qu'ils n'ont pas réussi leur entrevue d'embauche.

    La CSDM a aussi décrété qu'un enseignant qui possède un BAC en enseignement du français langue seconde ne peut enseigner le français comme langue maternelle.