Donner du sens à l’État

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
L’ENAP est née au moment de la création du réseau de l’Université du Québec.
Photo: ENAP L’ENAP est née au moment de la création du réseau de l’Université du Québec.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« L’École nationale d’administration publique contribue à donner du sens à l’État », lance son directeur général, Guy Laforest. Alors que le rôle de la fonction publique se métamorphosait à l’issue de la Révolution tranquille, l’idée a germé de créer un établissement qui accompagnerait ses cadres et ses professionnels. L’ENAP est ainsi née au moment de la création du réseau de l’Université du Québec. M. Laforest décrit son établissement à la fois comme une université et une école professionnelle, qui fait le « pont entre le savoir universitaire et les connaissances plus pratiques des gestionnaires publics, ainsi que la nécessaire traduction entre l’un et l’autre. »

Depuis les grands bouleversements de l’appareil étatique et la professionnalisation de la fonction publique, l’ENAP continue de se montrer pertinente. En 2014, alors que des histoires de corruption venaient de secouer la Ville de Laval, l’ENAP a monté un projet de recherche avec cette ville pour l’accompagner dans la réorganisation générale de son administration.

Entré en poste en juillet 2017, M. Laforest a commencé une tournée auprès des instances centrales de l’administration publique et des ministères, afin de tâter leur pouls. « On m’a dit : “On veut que vous anticipiez pour mieux préparer la fonction publique de demain” », raconte le directeur général. Tout en continuant à publier le bulletin Observgo, qui réalise une veille stratégique sur les tendances et bonnes pratiques dans les administrations publiques à l’étranger, l’ENAP lance des projets pour répondre à cette demande. En réaction aux crues printanières de l’année 2017, elle a annoncé la création du Cité-ID Living Lab sur la gouvernance de la résilience urbaine. Il s’agit d’un incubateur, monté en partenariat avec le ministère de la Sécurité publique et le Scientifique en chef du Québec, dont le but consiste à trouver, en collaboration avec des gestionnaires, des entreprises, des citoyens et des chercheurs, de nouvelles solutions pour répondre aux catastrophes naturelles.

En perfectionnant les fonctionnaires et en améliorant l’administration publique, les répercussions s’étendent à l’ensemble de la population, juge M. Laforest. « La volonté des citoyens d’agir de manière responsable dans la société me semble renforcée quand ils ont la conviction, lorsqu’ils sont en lien avec l’État et les ministères, qu’ils ont une fonction publique à l’écoute, engagée et compétente. Et le travail de l’ENAP, c’est de s’assurer que ce soit le cas. »