La rentrée du milieu de l’audiovisuel à l’INIS

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
La moyenne d’âge des étudiants de l’INIS est de 30 ans. Ces derniers y vont se former en cinéma, en médias interactifs et en jeux vidéo.
Photo: Gorodenkoff Getty Images La moyenne d’âge des étudiants de l’INIS est de 30 ans. Ces derniers y vont se former en cinéma, en médias interactifs et en jeux vidéo.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Chaque année, les étudiants reprennent le chemin de l’école. Mais pour ceux qui ont choisi l’Institut national de l’image et du son (l’INIS), les études sont une pause dans leur vie professionnelle.

« Le milieu du cinéma et de la télévision a lui aussi sa rentrée. Cette année, on accueille à l’INIS 20 nouveaux étudiants dans le cadre de nos programmes ordinaires », lance Jean Hamel, directeur des communications de l’Institut. Ces derniers y vont se former en documentaire, en écriture de long métrage, de série de fiction, en médias interactifs et en jeux vidéo. La moyenne d’âge des étudiants de l’INIS est de 30 ans. « On parle de gens qui ont déjà une formation et de l’expérience pratique à différents titres. À l’INIS, ils développeront de nouvelles compétences et consolideront celles qu’ils ont déjà », explique le directeur.

L’offre de l’INIS se divise en trois grandes catégories. Il y a les programmes ordinaires qui offrent des formations d’une durée de six à dix mois. Ce sont des formations à temps plein qui exigent une présence quasi quotidienne et qui impliquent beaucoup d’exercices pratiques et de travaux en équipe. L’Institut dispense aussi une formation professionnelle continue où l’on offre des cours à la carte dont la durée varie d’une journée à six semaines. Et finalement, l’INIS propose des formations sur mesure pour des individus ou des entreprises en fonction de leurs besoins particuliers.

Les étudiants de l’INIS proviennent de différents milieux et représentent une vaste diversité professionnelle. « La grande majorité d’entre eux occupent des fonctions dans le domaine de l’audiovisuel, mais il y a aussi des gens qui ne sont pas issus du milieu et qui viennent acquérir de nouvelles compétences », raconte Jean Hamel. On le sait, la vidéo est de plus en plus présente sur le Web. Par exemple, des journalistes peuvent désormais y avoir recours ainsi que des entreprises qui ont des stratégies de placement sur les réseaux sociaux. « Des comédiens, aussi, viennent chercher des formations pour développer leurs propres projets et se mettre en valeur », précise Jean Hamel.

Parmi les cours offerts à la carte, il y en a un qui plaît particulièrement aux journalistes : le microprogramme en réalisation documentaire. « En six semaines, on passe à travers toutes les étapes de production documentaire d’un court métrage de huit minutes, de la recherche d’un sujet à l’élaboration d’un scénario, de la manipulation des équipements de prise de vue et de prise de son au montage. C’est une formation qui donne suffisamment de compétences pour pouvoir réaliser des projets modestes », précise Jean Hamel.

D’autres microprogrammes se greffent à l’offre de l’INIS. Une formation de 55 heures en production télévisuelle regroupe elle aussi des étudiants d’horizons différents : des recherchistes, des producteurs juniors, des réalisateurs et des scénaristes qui veulent en connaître davantage sur la réalité du monde de la télé. Jean Hamel ajoute fièrement : « Peu importe le programme, ce qu’on veut faire à l’INIS, c’est montrer la réalité du monde professionnel. C’est la grande distinction qu’on peut faire par rapport à d’autres établissements de formation. »

Du nouveau en 2019

En avril dernier, on annonçait du nouveau à l’INIS : un programme de formation qui sera spécialement conçu pour répondre aux attentes des communautés autochtones et de la diversité culturelle. Ce programme, qui a obtenu le soutien financier de Netflix, s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’INIS au cours des dernières années.

Encore en pleine élaboration, ce programme intensif d’une durée de six mois accueillera sa première cohorte composée de neuf étudiants en 2019. « Ce qu’on veut avec ce nouveau programme d’apprentissage c’est lancer un message d’ouverture », explique Jean Hamel, conscient qu’il existe un phénomène d’autocensure empêchant certaines personnes de poser leur candidature à l’Institut. « Parfois, il manque peut-être à certains des éléments qui permettent d’être acceptés dans nos programmes. On ne veut pas lésiner sur le plan de la qualité, mais les critères de sélection tiendront compte de certains des candidats qui auraient auparavant eu du mal à passer au travers du processus », précise-t-il.

L’entente avec Netflix inclut également l’octroi de bourses d’études qui permettront aux professionnels émergents des communautés autochtones et de la diversité culturelle d’accéder aux autres programmes offerts par l’Institut.