Appel à une meilleure formation du personnel des services de garde

La violence entre enfants ne survient pas uniquement dans les classes et les corridors.
Photo: Mychele Daniau Agence France-Presse La violence entre enfants ne survient pas uniquement dans les classes et les corridors.

Les membres du personnel des services de garde dans les écoles ne sont pas impliqués de façon systématique dans les plans de lutte contre l’intimidation et la violence. C’est le constat de l’Association des services de garde en milieu scolaire, qui réclame de la formation et des outils pour ses membres.

« C’est à géométrie variable encore aujourd’hui, déplore Diane Miron, la présidente de l’association. Dans certains milieux, le service de garde est impliqué et fait partie de toutes les étapes du plan d’action, mais, dans d’autres milieux, le personnel de service de garde est mis de côté et n’est pas invité dans la démarche. »

Elle rappelle que la violence entre enfants ne survient pas uniquement dans les classes et les corridors, et que les périodes du dîner et de la récréation, surpervisées par les services de garde, sont des moments où les interactions sont grandes entre les enfants et donc propices à des situations conflictuelles.

L’association n’a pas de statistiques sur le nombre d’établissements qui mettent de côté le personnel du service de garde, mais affirme avoir des échos en ce sens sur le terrain.

Le personnel en garde scolaire, grâce au lien significatif qu’il développe avec les enfants, reçoit souvent plus facilement les confidences de ces derniers

« Dans mon ancienne école, le service de garde était très proactif, et ça allait de soi qu’il fallait une continuité entre les classes et le service de garde, raconte de façon anonyme une éducatrice en milieu de garde qui travaille dans la grande région métropolitaine. Mais dans ma nouvelle école, on ne nous invite pas aux rencontres en lien avec l’intimidation et la violence. Et lorsqu’il y a un problème avec un enfant, on n’est même pas mis au courant, alors qu’on devrait évidemment faire de la surveillance proactive auprès de certains enfants qui ont des comportements problématiques. »

Demandes répétées

La loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation à l’école, adoptée à Québec en 2012, force toutes les écoles à se doter d’un plan de lutte contre l’intimidation et la violence. On y précise que « tout membre du personnel d’une école doit collaborer à la mise en oeuvre du plan de lutte et veiller à ce qu’aucun élève de l’école à laquelle il est affecté ne soit victime d’intimidation ou de violence ».

Comment expliquer alors que le personnel des services de garde ne soit pas impliqué systématiquement dans les plans de lutte ? C’est la question que se pose l’association, qui parle d’un « combat » perpétuel pour faire reconnaître la contribution du personnel des services de garde.

Déjà, en 2014, l’association levait un drapeau rouge sur cette lacune dans un mémoire présenté dans le cadre des consultations publiques sur la lutte contre l’intimidation et réclamait que le personnel en garde scolaire soit « obligatoirement intégré » dans la démarche des écoles.

« Le personnel en garde scolaire, grâce au lien significatif qu’il développe avec les enfants, reçoit souvent plus facilement les confidences de ces derniers. Il doit donc être en mesure d’intervenir efficacement pour garder la confiance de l’enfant et prendre les actions nécessaires pour résoudre la situation. C’est pourquoi il est primordial que le personnel en garde scolaire, tout comme les autres membres du personnel de l’école, soit inclus dans le plan de lutte contre l’intimidation et la violence à l’école, participe aux activités de prévention et d’intervention et reçoive la formation adéquate à ce sujet. »

Dans le cas de Simone (voir autre texte), les attouchements inappropriés sont survenus pendant l’heure du repas, et c’est une intervenante du service de garde qui a été la première à recevoir les dénonciations de l’enfant.

La Commission scolaire de Montréal assure au Devoir que les services de garde sont impliqués dans le plan de lutte contre l’intimidation et la violence et que tout le personnel a reçu la formation nécessaire.

2 commentaires
  • Alain Massicotte - Abonné 18 juin 2018 09 h 37

    Appel à une meilleure formation du personnel des services de garde

    Là comme dans plusieurs dossiers les employeurs sont à la remorque du bon sens (eux il n'en n'on pas top préocuper par la NOTION DE PROFIT (, LEUR SEULE VALEURE SOCIALE). Comme tout les Boss il n'en n'ont que pour les profits leur seule finalitée. Quel tristesse , Ce sont les travailleurs(euses) qui défendent comme dans d'autres commaines et ce à leurs risque et péril les valeures qui devrais pourtant être les valeures de toute la société civil Les bOSS brille par leur absence encore une fois par leur absence , la seule valeure a laquelle ils s'identifie c.est celle du FRIC ,iLS SONT IGNOBLES).

  • Serge Lamarche - Abonné 18 juin 2018 15 h 47

    Rapport confus

    L'article accompagnateur démontre une incroyable confusion. On ne semble même pas savoir ce qui s'est vraiment passé. Peut-être qu'une caméra de surveillance éclaircirait l'affaire. S'il est facile de faire des abus sexuels, il est aussi facile de fabuler à partir de là. L'accusation originale semble peu crédible pour des enfants de cet âge.