Plus d’autonomie les écoles pour moins de disparité socio-économique

C’est dans les classes des écoles les plus défavorisées que l’on retrouve les enseignants les moins qualifiés et expérimentés, note-t-on dans le rapport.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir C’est dans les classes des écoles les plus défavorisées que l’on retrouve les enseignants les moins qualifiés et expérimentés, note-t-on dans le rapport.

Les partisans d’une plus grande autonomie pour les écoles publiques québécoises risquent de trouver des munitions dans le dernier rapport sur les politiques scolaires du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE.

Ainsi, alors qu’a priori, on pourrait penser qu’en accordant plus d’indépendance aux écoles, on risque d’accroître les disparités entre les établissements et, par le fait même, nuire à la réussite des élèves évoluant dans des secteurs moins bien nantis, il n’en est rien, souligne le document rendu public lundi. En fait, ce serait même le contraire, observent les rapporteurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) responsables du PISA sans toutefois établir un lien de causalité entre les deux.

« Plusieurs pays [comme l’Irlande, par exemple] réussissent à accorder beaucoup d’autonomie aux écoles sans compromettre pour autant l’équité entre les établissements et les élèves, peut-on lire dans le document qui compile les données de 2015 de plus de 70 pays répartis sur cinq continents. Dans certains cas, on a même vu s’amoindrir les écarts entre les écoles défavorisées et favorisées. »

Et cette plus grande autonomisation peut prendre plusieurs formes : de l’embauche du personnel à la répartition des classes, en passant par l’établissement d’échelons salariaux qui tiennent compte de la charge de travail. Cette manière de faire, indique le rapport, repose sur le fait que ce sont les acteurs locaux qui ont une connaissance fine des enjeux et des besoins spécifiques à leur milieu, ils sont dont les plus compétents pour intervenir sur le terrain.

Mesures de rétention

À l’heure actuelle, c’est dans les classes des écoles les plus défavorisées que l’on retrouve les enseignants les moins qualifiés et expérimentés, note-t-on également dans le rapport. Cette réalité, qui est encore plus marquée dans les pays où la répartition des effectifs est basée sur l’ancienneté, comme c’est le cas au Québec, a un impact direct sur la performance des élèves. Elle tendrait aussi à creuser le fossé qui existe déjà entre les écoles favorisées et défavorisées.

En décentralisant certains pouvoirs, comme les salaires, les écoles moins bien nanties seraient peut-être plus à même d’attirer — et de retenir — les enseignants, font remarquer les observateurs du PISA, et ce, malgré les difficultés liées à leur situation socio-économique particulière.

À cet égard, la Commission scolaire de Montréal proposait en février dernier que le gouvernement du Québec mette sur pied un système de prime pour récompenser les enseignants des secteurs défavorisés de Montréal. Pour l’heure, les enseignants reçoivent presque la même rémunération, peu importe où ils enseignent au Québec. Loin de faire l’unanimité, l’idée avait, entre autres, été décriée par le syndicat qui représente les enseignants montréalais.

Équilibre à trouver

Le rapport du PISA souligne tout de même qu’une décentralisation des pouvoirs en milieu scolaire peut avoir des contrecoups non négligeables, notamment sur la répartition des ressources matérielles et sur la vocation même des établissements scolaires. Pour limiter les dérapages, le rapport souligne l’importance de mettre en place des mesures d’encadrement et des mesures incitatives pour s’assurer que les écoles et leur direction gardent le cap sur leur mission éducative.

Qui sont les futurs enseignants?

Le plus récent rapport du PISA brosse un portrait détaillé de ceux qui souhaitent prendre la relève dans les classes de demain. Ainsi, en 2015, plus de 4 % des jeunes de 15 ans habitant dans un pays membre de l’OCDE souhaitaient devenir enseignants. Sans surprise, plus de jeunes filles espèrent travailler dans le milieu scolaire une fois leurs études terminées. Ces aspirants enseignants seraient toutefois plus faibles en mathématique et en lecture que leurs comparses qui préféreraient travailler dans une autre sphère d’emploi requérant un diplôme universitaire de premier cycle.
1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 12 juin 2018 04 h 42

    OCDE, PISA ET RÉDUCTIONNISME

    L'OCDE tente avec acharnement une standardisation du Monde qui fait fi de la systémie sociale qui définit l'essence des sociétés et distingue leur empreinte génétique.

    L'OCDE érige, rédige et collectionne les recettes, fondées sur SES données probantes pour nourrir la planète au menu du néocapitalisme, de la marchandisation des systèmes scolaires et du libéralisme vorace.

    Sa pratique du doute est réduite à néant et il n'y a, en son sein, aucun questionnement sur l'exportabilité de ses Organisations (scolaires) génétiquement modifiées (OsGM) pour faire de l'école non un moteur du développement global des personnes, mais une remorque inhumaine attelée au Veau d'or.