L’évolution de l’UQAT et ses répercussions dans la région

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
Vue sur l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, qui «contribue à développer la ville de Rouyn-Noranda de façon considérable».
Photo: Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue Vue sur l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, qui «contribue à développer la ville de Rouyn-Noranda de façon considérable».

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Jean-Pierre Leclercq a été un témoin privilégié, comme chargé de cours, de la création et du développement de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), puis de ses répercussions sur la région. Récemment retraité, il juge aujourd’hui que « l’Université a créé un rayonnement et contribue à développer la ville de Rouyn-Noranda de façon considérable ».

Français d’origine, M. Leclercq s’installe en Abitibi-Témiscamingue en 1969 à travers un programme franco-québécois de coopération, qui lui permet d’enseigner dans un cégep plutôt que de faire son service militaire. Après les deux ans prévus, il demeure dans la région avec son épouse, puis devient chargé de cours dans le centre universitaire satellite implanté dans la région, d’abord rattaché à l’Université du Québec à Trois-Rivières, puis à l’Université du Québec en Outaouais. Puisque la région comptait encore peu de diplômés des cycles supérieurs, M. Leclercq se rappelle que, là aussi, une importante partie des professeurs étaient au départ des coopérants français. Lorsque ces derniers sont partis, « ils ont été remplacés par un corps professoral quasiment entièrement québécois, souligne-t-il. C’est à partir de ce moment que ce centre universitaire a commencé à se développer et à avoir une certaine ambition pour l’Abitibi-Témiscamingue, du sud du Témiscamingue jusqu’au nord vers Chibougamau et à l’est jusqu’à Mont-Laurier ».

L’un des plus beaux moments dont il se souvient survient lorsque ce campus devient officiellement un établissement à part entière. « Au fur et à mesure que les années passaient, l’ambition était telle qu’on voulait absolument avoir un établissement qui porte le nom d’université », raconte-t-il. Cela se produit en 1983, alors que l’établissement obtient ses « lettres patentes » et devient l’UQAT. « On est désormais reconnu à l’échelle du Québec comme une région ayant un centre intellectuel et universitaire qui permet de retenir des étudiants locaux, mais aussi d’en attirer d’ailleurs dans la province, et même de l’international. » Selon les chiffres compilés par Marc-Urbain Proulx, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi [voir texte en page E 5 : «50 ans de développement »], le nombre de diplômes universitaires remis en Abitibi-Témiscamingue est passé de 380 en 1980 à 877 en 2016.

Enseignant les mathématiques, Jean-Pierre Leclercq a donné des cours à des étudiants en administration, en informatique et en éducation. Dans les 15 dernières années, il a surtout travaillé au Département des sciences de la santé, où il enseignait la biostatistique. « Ils ont développé des programmes spécifiques avec beaucoup d’enseignement à distance, dit-il au sujet de ce département. Il y a un rayonnement assez grand, parce que ça va jusque dans le Grand Nord, et il y a eu une contribution énorme des programmes de sciences de la santé pour développer ce secteur. »

Si des enseignants étrangers comme lui ont pu donner une première impulsion au départ, les étudiants étrangers attirés aujourd’hui par l’UQAT constituent à ses yeux un apport considérable. « Ils apportent une certaine expérience dans les domaines forestiers et miniers, car ce sont des doctorants ou des post-doctorants qui contribuent justement à développer la recherche et à amplifier la contribution de l’UQAT à la région. »