UQTR: la ministre promet de faire lever le lockout

La ministre Hélène David a refusé d’écarter le spectre d’une loi spéciale.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre Hélène David a refusé d’écarter le spectre d’une loi spéciale.

La pression augmente sur le gouvernement Couillard pour la mise en place d’une loi spéciale visant à mettre fin au lockout à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a répété mardi qu’elle n’exclut aucune mesure pour relancer les négociations entre l’établissement et ses 445 professeurs. Les partis à l’Assemblée nationale sont convaincus que la loi spéciale a été discutée lors d’une séance du Conseil des ministres, mardi soir à Québec.

Les partis d’opposition ont tenté d’accentuer la pression sur l’UQTR et son recteur, Daniel McMahon, à qui la ministre Hélène David a retiré sa confiance lundi. « La ministre parle, elle tweete, il n’y a aucun résultat », a pesté le député caquiste Donald Martel, au Salon bleu. Il a réclamé de la ministre de l’Enseignement supérieur qu’elle adopte une loi spéciale pour mettre fin au lockout.

Hélène David a répliqué en lui reprochant son absence sur le terrain, auprès des professeurs de l’UQTR à qui elle a rendu visite en matinée. « Au lieu de dire et de lire tous mes tweets — il a bien raison de les lire parce que je pense qu’ils sont intéressants — [il devrait] être sur le terrain, rencontrer les gens, et pas seulement faire de la politique partisane », a-t-elle déclaré.

La ministre a néanmoins refusé d’écarter le spectre d’une loi spéciale, répétant qu’elle en était à regarder « toutes les avenues, mais vraiment toutes les avenues ».

Dans une entrevue au Nouvelliste, le recteur McMahon a dit croire que le Conseil des ministres peut « décider de [son] sort » en le démettant de ses fonctions. Le gouvernement a une lecture différente de la situation. Le cabinet de la ministre David a rappelé que la Loi sur l’Université du Québec prévoit uniquement la nomination du recteur par le gouvernement, et non sa destitution.

Ni le Parti québécois (PQ) ni Québec solidaire ne sont allés jusqu’à demander le recours à une loi spéciale pour mettre fin au conflit. « Quelles sont les conséquences du non-respect de l’ultimatum », a demandé le député péquiste Alexandre Cloutier sur son compte Twitter. Il reprenait une communication de la ministre David qui se désolait de constater que l’UQTR n’a pas respecté le délai de 48 heures qu’elle lui a fourni, vendredi, afin qu’elle mette fin au lockout. Le Parti québécois a dit croire qu’il était impossible de négocier avec le recteur McMahon, puisque la ministre l’a désavoué.

Mardi matin, la ministre David s’est rendue à l’UQTR pour exiger une fois de plus la levée inconditionnelle du lockout. Le gouvernement prendra « tous les outils à sa disposition » pour forcer le retour au travail des 445 professeurs jetés à la rue il y a deux semaines par la direction de l’Université.

« Ce qu’on veut, c’est une levée inconditionnelle du lockout pour que vous puissiez négocier », a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur aux professeurs, qui l’ont applaudie. Le geste de la direction de l’établissement constitue une « crise institutionnelle importante » pour elle.

Lundi soir, elle avait désavoué la direction de l’établissement, en qui elle a dit ne plus avoir confiance. La ministre a rencontré le recteur Daniel McMahon ainsi que des représentants des professeurs et des étudiants mardi matin.