Le parascolaire a un énorme impact sur le décrochage scolaire

Les élèves qui pratiquent une activité artistique ou sportive après les cours se sentent plus valorisés.
Photo: iStock Les élèves qui pratiquent une activité artistique ou sportive après les cours se sentent plus valorisés.

Les élèves à risque au secondaire ont 70 % moins de chances de décrocher s’ils participent à une activité parascolaire (sport, théâtre, etc.) de façon continue, révèle une recherche menée dans douze écoles.

« Les activités parascolaires offrent d’autres occasions d’être valorisés pour les élèves à risque qui, typiquement, vont être moins valorisés par les notes ou le comportement », explique Eliane Thouin, étudiante en psychoéducation à l’Université de Montréal, en marge de sa présentation à l’Acfas. « Ça permet aussi à des jeunes plus isolés de se créer un réseau social. »

« On parle d’activités qui sont organisées et soutenues dans les écoles : des activités sportives, artistiques, comme le théâtre ou le cinéma, d’autres d’implications sociales, comme Amnistie internationale, des clubs oratoires… »

Pendant trois ans, elle a suivi une cohorte de 545 adolescents majoritairement à risque dans douze écoles de Montréal, de Lanaudière et des Laurentides.

Chaque année, les jeunes du groupe répondaient à un questionnaire. Pendant l’étude, le tiers d’entre eux ont abandonné l’école, mais l’équipe dirigée par la professeure Véronique Dupéré les a revus par la suite afin de les sonder à nouveau.

C’est en comparant les données des jeunes à risque qui sont restés à l’école et celles de ceux qui ont décroché qu’elle a pu voir que ceux qui avaient une activité parascolaire avaient 70 % moins de chances d’abandonner.

Plus d’impact que les amis

La recherche a en outre révélé que le fait d’être dans une troupe de théâtre ou une équipe de sport a encore plus d’impact sur le maintien à l’école que la présence d’amis ou l’existence d’une relation significative avec un adulte parmi les membres du personnel.

Or, pour que ça marche, l’activité doit être continue, insiste Eliane Thouin. « C’est important parce qu’il y a beaucoup d’élèves dans le réseau public pour qui la participation, c’est vu comme un privilège. Tu peux participer si tu as certaines notes, si tu as un comportement exemplaire… Si tu commets une faute disciplinaire, tu es retiré de l’activité. Quand on a passé les jeunes en entrevue, ça ressortait beaucoup. »

Des recherches antérieures avaient déjà documenté les bienfaits des activités parascolaires sur le développement des adolescents, mais c’est la première fois qu’on mesure l’impact direct de ces loisirs sur le décrochage des jeunes à risque au Québec.

Des résultats dont le gouvernement devrait prendre note, dit-elle, en précisant qu’elle a pu observer l’impact des coupes sur le parascolaire durant son étude sur le terrain.

« Certaines écoles avaient abandonné en cours d’année la tenue des activités parce qu’il y avait eu des coupes, et c’est ce qu’ils ont enlevé en premier. »

Enfin, pour que le parascolaire apporte ses bienfaits, l’école doit le traiter d’emblée comme une manière de lutter contre le décrochage, précise-t-elle. « Il faut solliciter les élèves qui, de prime abord, sont moins portés à participer. »

Rappelons que, le 2 mai dernier, une étude révélait que seulement 64 % des jeunes Québécois du réseau public réussissent à obtenir leur diplôme dans les temps requis.

Islam : comment parler des préjugés en classe ?

Un jeune chercheur de l’UQTR a constaté que les enseignants étaient souvent mal à l’aise lorsque venait le temps de parler en classe des préjugés à l’endroit des musulmans dans le cadre du cours d’éthique et culture religieuse au secondaire. Après avoir animé une série d’ateliers dans le réseau, il en conclut que les professeurs manquent surtout d’outils et de guides pour bien le faire. Devant d’autres chercheurs intéressés par le domaine, Mathieu Lizotte a parlé de son expérience avec un guide pédagogique développé par le Centre Justice et Foi à Montréal, « Québécois(e)s, musulman(e)s… et après ? ». « Très rapidement, on a senti qu’il y avait un intérêt d’avoir un outil supplémentaire. On sent parfois qu’il y a un manque de formation sur le terrain », a observé l’étudiant en sciences de l’éducation.