Des laboratoires à la fine pointe de la technologie à l'Université de Montréal

La construction du complexe a débuté en septembre 2016 et devrait être terminée en mai 2019.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La construction du complexe a débuté en septembre 2016 et devrait être terminée en mai 2019.

Le futur complexe des sciences de l’Université de Montréal, actuellement en construction sur l’ancienne gare de triage d’Outremont, sera plus qu’un campus à la fine pointe de la technologie. Il constitue un véritable projet de société, puisqu’il redonnera vie à une enclave désaffectée et contribuera à relier les quartiers d’Outremont, de Parc-Extension et Ville Mont-Royal, jusque-là coupés les uns des autres.

Aux prises avec un manque d’espace et la vétusté de plusieurs laboratoires scientifiques, le campus de l’Université de Montréal (UdeM) situé sur la montagne a choisi de réunir ses départements de sciences biologiques, de chimie, de physique et de géographie dans un nouveau complexe situé sur l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, qui deviendra le campus MIL.

Ce complexe scientifique, qui devrait accueillir professeurs-chercheurs et étudiants en septembre 2019, facilitera la recherche interdisciplinaire.

« Le Département de chimie est actuellement situé dans le pavillon principal Roger-Gaudry, qui a été conçu par l’architecte Ernest Cormier dans les années 1920. Les laboratoires ne sont plus adaptés à la recherche en chimie que l’on fait aujourd’hui », a souligné d’entrée de jeu Alain Boilard, directeur général du développement du campus MIL, lors d’une visite de presse du chantier.

Certification LEED Or

Le nouveau pavillon des sciences sera équipé de cages de Faraday, de salles blanches et de 300 hottes, ce qui nécessitera un système d’aération des plus sophistiqués. Et comme on vise l’obtention de la certification LEED Or pour ces bâtiments, « il faudra récupérer la chaleur de l’air évacué par ces hottes pour chauffer l’air entrant et ainsi minimiser les coûts d’énergie », précise M. Boilard.

Le bâtiment sera parcouru par un réseau d’air comprimé et d’azote gazeux afin d’effectuer des expériences en l’absence d’oxygène.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’orientation du complexe, habillé presque uniquement de verre, permet un ensoleillement maximal

Le complexe comprend deux pavillons reliés entre eux par une bibliothèque scientifique installée au rez-de-chaussée et en sous-sol. Le pavillon situé à l’ouest sera consacré à l’enseignement et comportera deux amphithéâtres ainsi que des salles de cours et une agora.

Le pavillon des sciences est constitué de deux ailes de six étages dans lesquelles seront répartis les laboratoires d’enseignement et de recherche, les bureaux de professeurs, l’administration des quatre départements et des cafés étudiants.

En somme, le complexe pourra accueillir 2000 étudiants, 200 professeurs-chercheurs et quelque 300 employés de divers services.

Liens

Le complexe sera relié à la rue Beaumont par une passerelle piétonne, dénommée la « promenade bleue » — parce qu’elle suit la trajectoire de la ligne bleue du métro de Montréal sous-jacente —, qui permettra de traverser la voie ferrée et de rejoindre au nord la station de métro Acadie et le quartier Parc-Extension et Ville Mont-Royal.

Cette promenade se prolonge entre les deux pavillons jusqu’à l’avenue bordant la face sud du complexe. La station de métro Outremont sera également facilement accessible au sud du complexe.

« La conception du plan d’aménagement urbain du quartier a déjà reçu la certification LEED Or. Il comprend notamment le prolongement des rues Champagneur, Outremont, Wiseman, Stuart et Dollard qui aboutiront à l’avenue bordant le complexe d’est en ouest », a précisé M. Boilard.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le complexe des sciences est l’œuvre du consortium d’architectes Menkès Shooner Dagenais LeTourneux – Lemay NFOE.

Le complexe des sciences est l’oeuvre du consortium d’architectes Menkès Shooner Dagenais LeTourneux – Lemay NFOE, qui a également collaboré à la réalisation de l’École de musique Schulich de McGill, du pavillon Joseph-Armand-Bombardier de l’Université de Montréal et du pavillon Lassonde de Polytechnique Montréal.

L’orientation du complexe, habillé presque uniquement de verre, permet un ensoleillement maximal et offre de multiples points de vue sur le campus de la montagne.

« L’ADN de l’Université de Montréal a été incorporé à ce nouveau campus sous la forme d’espèces indigènes du mont Royal qui seront plantées dans un jardin situé au coeur de la bibliothèque qui ressemblera à un cloître », a expliqué l’architecte Anik Shooner, qui est chargée du projet.

Depuis que l’UdeM a acquis le terrain en 2006, le sol a été décontaminé, des voies ferrées ont été éliminées. La construction du complexe a débuté en septembre 2016 et elle devrait être terminée en mai 2019. Des agrandissements sont prévus de part et d’autre de ce complexe dans le futur.