Des appuis pour «l’école de la dernière chance»

Le Centre d’intégration scolaire, qui est logé dans un bâtiment appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), doit quitter cet immeuble au plus tard le 30 juin 2019.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le Centre d’intégration scolaire, qui est logé dans un bâtiment appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), doit quitter cet immeuble au plus tard le 30 juin 2019.

L’école de la « dernière chance », qui accueille les élèves les plus poqués du système, vient de franchir une autre étape en vue d’éviter sa fermeture appréhendée.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, est prêt à investir 840 000 $ pour couvrir la mise de fonds en vue de l’acquisition d’un immeuble qui hébergerait l’école, a appris Le Devoir. Le Fonds de solidarité FTQ envisage aussi différents scénarios pour aider cette école hors de l’ordinaire à trouver un nouveau bâtiment à Montréal.

« Le ministère reconnaît la pertinence de votre mission particulière de rééducation sociale, affective et scolaire auprès d’élèves en grande difficulté, mission qui répond aux besoins de nombreux parents et commissions scolaires de la région de Montréal », indique le ministre Sébastien Proulx dans une lettre transmise le 20 mars 2018 à la direction de l’école.

La mission du Centre d’intégration scolaire rejoint nos valeurs

 

Il s’agit d’une bonne nouvelle presque inespérée pour le Centre d’intégration scolaire (CIS). Cette école privée à but non lucratif de la 6e avenue, dans le quartier Rosemont, ouvre ses portes aux élèves de 8 à 18 ans qui ont les plus grandes difficultés de comportement. Ces enfants ont été expulsés de leur classe, de leur école et même de leur commission scolaire. Ils sont parfois même rejetés par leur famille. Plusieurs sont placés dans des familles d’accueil.

Ces 75 élèves risquent maintenant d’être rejetés par la seule école qui leur offre une dernière chance : le Centre d’intégration scolaire, qui est logé dans un bâtiment appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), doit quitter cet immeuble au plus tard le 30 juin 2019. La CSDM a décidé de reprendre l’école pour loger ses élèves des classes ordinaires, qui débordent dans le quartier.

Solution de rechange

La directrice du CIS, Ysabelle Chouinard, a bon espoir de trouver un nouveau local, surtout avec l’appui du ministre Proulx et de la FTQ : elle a signé le mois dernier une offre en vue d’acquérir un ancien couvent situé rue Notre-Dame Est, dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« Il reste à déterminer l’ampleur des travaux à faire pour transformer l’immeuble en école. On doit quand même aménager un gymnase », explique-t-elle.

L’offre d’achat est aussi conditionnelle à l’inspection du bâtiment, construit en 1955. L’immeuble est offert au prix de 3,6 millions de dollars par un agent qui insiste sur la location du terrain, en bordure du fleuve, près du parc Bellerive.

L’école compte aussi sur l’appui de principe du Fonds de solidarité FTQ pour se reloger, confirment nos sources. « La mission du Centre d’intégration scolaire rejoint nos valeurs », dit Patrick McQuilken, conseiller principal aux relations de presse et aux communications du Fonds de solidarité.

Le Fonds a mis de côté 400 millions de dollars pour financer des infrastructures « à vocation socio-économique », comme des écoles, des résidences pour étudiants, des bibliothèques et des complexes sportifs. Les projets seront développés en partenariat avec les villes, les commissions scolaires et les gouvernements, selon le Fonds.