Montréal et la CSDM espèrent toujours que le projet d’école verra le jour

Le promoteur Devimco prévoit de construire des tours d’habitation de 20 à 32 étages sur le site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le promoteur Devimco prévoit de construire des tours d’habitation de 20 à 32 étages sur le site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants.

Sans recours devant l’abandon du projet de construction d’une école primaire sur le site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants, la CSDM réclame davantage d’obligations pour les promoteurs dans le futur.

« Le promoteur n’avait pas d’obligation [de construire une école au sein de son complexe immobilier], soupire la présidente Catherine Harel Bourdon. C’est consternant, c’est la preuve que quelque chose ne fonctionne pas. »

Elle déplore que la Ville ait attribué les permis pour la construction de quatre tours d’habitation, dans un secteur où il n’y a pas d’école primaire, sans obliger le promoteur à en construire une. Et ce, malgré les recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal.

« L’administration de l’époque ne s’est pas donné de leviers, dénonce-t-elle. À plus long terme, ça va prendre plus que des engagements verbaux. »

À la Ville de Montréal, le conseiller du district Saint-Jacques, Robert Beaudry, confirme que « les choses ne se sont pas faites dans la plus grande cohérence ».

Selon lui, si le projet d’école ne se réalise pas — ce dont il doute encore —, c’est toute l’acceptation sociale du projet qui est remise en cause. « C’était indiqué dès le départ qu’il y aurait une école, des logements sociaux et un centre communautaire [au sein du complexe immobilier]. Il en va de l’acceptabilité sociale du projet en tant que tel. »

Est-ce que la nouvelle administration aurait des recours pour obliger le promoteur à construire une école ? « On n’en est pas rendu là, répond-il. Mais si on se retrouve là, on regardera ce qu’on peut faire. »

Échéanciers

Mercredi, le président de Devimco, Serge Goulet, affirmait au Devoir qu’il avait été très patient, car il était conscient qu’il s’agissait d’un nouveau modèle que la commission scolaire et le ministère de l’Éducation devaient « créer de A à Z ».

En effet, les commissions scolaires sont généralement propriétaires de leurs écoles, alors que le modèle proposé ici relève d’une location à long terme.

« Je comprends que c’est long, c’est une toute nouvelle approche, il y a des principes, des fondements de base qui doivent être revus. Mais la réalité, c’est qu’un projet immobilier, pour qu’il soit fonctionnel, rentable et opérationnel, ça marche dans un échéancier, et on n’a pas été capable, malgré tous nos efforts, d’attendre aussi longtemps qu’il l’aurait fallu pour que le modèle soit mis en place. »

Selon lui, il ne faut pas essayer de trouver des « coupables » pour expliquer l’abandon du projet. « Ce n’est pas une bonne conclusion que de tenter de trouver de qui c’est la faute. »

Il affirmait par ailleurs n’avoir « aucune crainte que la Ville vienne lui mettre des bâtons dans les roues » à la suite de l’abandon du projet de construction de l’école.

« On est dans notre plein droit, le zonage, on l’a obtenu en juin […] La Ville a vu les efforts qu’on a faits, la Ville a vu notre volonté que ça fonctionne. »

Manifestation

À Québec, le ministre de l’Éducation a répondu qu’il était « nécessaire de doter le centre-ville de Montréal d’écoles primaires ». Il affirme « travailler sur des projets en ce sens », mais précise que « les solutions devront respecter un cadre financier viable à long terme ».

De son côté, la table Interaction du quartier Peter-McGill, qui regroupe les résidants et organismes communautaires et institutionnels, estime que « dès le départ, le gouvernement n’a pas pris ses responsabilités lorsqu’il a vendu ce terrain public sans condition à un promoteur privé ».

Une manifestation est organisée par le regroupement samedi sur le site de l’ancien hôpital. La présidente de la CSDM y sera, espérant que la « pression sociale » jouera en faveur des enfants du quartier.