Un projet d’école primaire au centre-ville abandonné

La commission scolaire estime qu’il manque l’équivalent de 37 classes dans le secteur de Peter-McGill, au centre-ville de Montréal.
Photo: Tony Tremblay Getty Images La commission scolaire estime qu’il manque l’équivalent de 37 classes dans le secteur de Peter-McGill, au centre-ville de Montréal.

Les quelque 400 élèves qui n’ont pas d’école dans leur quartier Peter-McGill au centre-ville de Montréal devront patienter encore. Le projet d’école primaire, qui devait être incorporée dans le nouveau complexe immobilier en construction, n’est plus dans les plans du promoteur qui vient de mettre un terme aux négociations.

« Malheureusement, c’est un rendez-vous manqué », tranche Serge Goulet, président de Devimco Immobilier.

Pourtant, le projet d’inclure une école primaire sur le site de l’ancien hôpital pour enfants de Montréal était en négociation depuis plus de deux ans. Et le promoteur affirme qu’il était très emballé par l’idée d’être « le premier » à inclure une école primaire dans un projet immobilier d’une telle ampleur en plein centre-ville de Montréal.

C’est d’ailleurs un point qui a été évoqué lors des consultations à l’Office de consultation publique de Montréal, qui se disait favorable à la construction d’une école sur le site qui accueillera des tours à condos de 20 et 30 étages, des appartements locatifs, des logements sociaux pour des familles et même un centre communautaire.

C’est un rendez-vous manqué

 

Besoins des nouvelles familles

La construction d’une école primaire aurait pu répondre aux besoins de toutes ces nouvelles familles, mais également des enfants du quartier, qui doivent se rendre en autobus dans les écoles des quartiers avoisinants.

La commission scolaire estime qu’il manque l’équivalent de 37 classes dans ce secteur. Alors, la possibilité de faire construire une école par le promoteur Devimco au sein même de son complexe et de devenir locataire dans une formule d’emphytéose était une occasion que la CSDM ne souhaitait pas laisser passer.

Une dernière rencontre a eu lieu la semaine dernière entre le promoteur, la CSDM, le ministère de l’Éducation et la Ville de Montréal.

« Le promoteur nous a dit que 80 % de ses condos étaient vendus et qu’il n’y avait donc plus de place pour une école primaire, déplore la commissaire de Ville-Marie, Stéphanie Bellenger-Heng. Il nous a dit qu’on avait mis trop de temps, mais depuis le début, on a toujours dit qu’on avait besoin de temps pour avoir l’aval du ministère et pour les règles budgétaires. »

Elle avait toujours espoir d’un « geste d’ouverture » de la part du promoteur lorsque Le Devoir lui a parlé en après-midi mercredi.

Mais en soirée, le président de Devimco a clairement affirmé au Devoir qu’il avait fait une croix sur le projet. La rencontre de la semaine dernière était, selon lui, un « post-mortem ».

« Je comprends que c’est long, car ce sont trois entités assez complexes et il y a un nouveau modèle à créer de A à Z, explique le promoteur Serge Goulet. Mais pour mener un projet immobilier, comme pour tout projet, ça prend des échéanciers, et on en a donné plusieurs. On a attendu, et longtemps. Mais on ne peut pas discuter de ça pendant cinq ans. Le dernier échéancier qu’on leur a donné, in extremis, on leur a demandé une entente signée pour la fin de l’année 2017. Il n’y en a pas eu. On a commencé à construire au retour des vacances. »

Selon lui, même si une proposition formelle était présentée demain matin, il est trop tard. « Les délais sont passés », répète-t-il.