Des investissements «historiques» mais insuffisants pour les écoles de Montréal

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, reconnaît que « les besoins des écoles montréalaises sont grands » et entend collaborer avec Québec et la CSDM pour trouver des solutions au problème de rareté des terrains pour la construction des nouvelles écoles.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, reconnaît que « les besoins des écoles montréalaises sont grands » et entend collaborer avec Québec et la CSDM pour trouver des solutions au problème de rareté des terrains pour la construction des nouvelles écoles.

Malgré des investissements « historiques » pour rénover les écoles du Québec, les sommes annoncées sont encore insuffisantes pour répondre aux besoins des écoles montréalaises. À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on estime qu’à ce rythme, il faudra encore dix ans pour résorber le déficit d’entretien. Et on ne parle même pas encore des agrandissements et des nouvelles constructions d’écoles pour répondre à la hausse fulgurante de la clientèle.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a annoncé lundi 740 millions de dollars pour rénover les écoles du Québec qui ont « toutes des petits bobos ». Ce sont plus de 2000 projets dans près de 1300 écoles qui pourront être entrepris cet été, quelques mois avant les élections.

Ces sommes ont été puisées à même le Plan québécois des infrastructures (PQI), qui prévoit un total de 8,3 milliards en éducation sur une période de dix ans. L’an dernier, cette somme était de 655 millions. « Tous les projets qui nous ont été déposés [par les commissions scolaires] et qui pouvaient être acceptés par le gouvernement du Québec l’ont été, c’est historique, a souligné le ministre Proulx. Faites le tour des commissions scolaires, la seule inquiétude que vous allez voir de leur côté, c’est de savoir si elles vont être capables de faire tous ces travaux-là. »

La région de Montréal, qui fait face à « des défis particuliers », recevra environ 40 % des sommes, soit 286 millions, précise le ministre.

La Commission scolaire de Montréal, l’une des cinq commissions scolaires sur l’île, obtient la plus grosse part du gâteau, soit un peu plus de 190 millions. Sa présidente, Catherine Harel Bourdon, a parlé d’un « montant important et inégalé » et s’est réjouie que le ministre annonce ces investissements plus tôt que dans les années précédentes, ce qui lui donne le temps de mieux planifier les travaux et les appels d’offres.

Pas assez

Pourtant, cet argent est loin de régler tous les problèmes. À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, qui reçoit plus de 40 millions de dollars, on estime qu’il en faudrait « 10 fois plus » pour venir à bout des rénovations nécessaires.

Même son de cloche à la CSDM. « Ça va prendre, je dirais, une décennie avant de vraiment résorber le déficit d’entretien qui était majeur à la CSDM, explique Catherine Harel Bourdon. Si ça continue dans cette voie-là pour les dix prochaines années, effectivement, on pourra arriver au bout du tunnel face à ce déficit d’entretien. »

Selon elle, il faudrait 1,3 milliard pour rénover toutes les écoles de la CSDM. Et encore, on ne parle ici que de rénovations et de maintien des bâtiments, pas d’agrandissements ni de constructions neuves, ce qui constitue un autre problème de taille.

En effet, ce n’est pas d’hier que la CSDM répète qu’elle manque de classes et d’écoles pour répondre à l’« augmentation fulgurante » de la clientèle en lien notamment avec l’immigration. En septembre, la CSDM comptait près de 2000 élèves de plus que l’an dernier.

Québec promet que des sommes supplémentaires devraient être annoncées d’ici la fin de l’année scolaire pour les projets d’agrandissements et de construction d’écoles neuves. Mais les investissements ne seront pas aussi importants. « On investit plus en rénovations que dans de nouveaux espaces parce que le parc immobilier nécessite qu’on le fasse », explique le ministre. Celui-ci rappelle qu’il y a une « problématique supplémentaire » à Montréal en raison de la « rareté des terrains » et des « défis réglementaires ».

Le ministre affirme avoir discuté de ce problème avec la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui était à ses côtés pour cette annonce lundi. « Elle va voir de son côté comment elle peut améliorer les choses et faciliter le travail », soutient Sébastien Proulx.

À la CSDM, Catherine Harel Bourdon affirme d’emblée que les relations sont beaucoup plus faciles depuis le changement à la mairie de Montréal. « La présence de la mairesse ce matin témoigne du fait qu’elle veut trouver des solutions pour les différents quartiers. »

Affirmant que « l’école est au coeur de notre vie de quartier », la nouvelle mairesse a même promis qu’il n’y aurait plus de nouveaux développements sans école, comme c’est le cas présentement pour Griffintown. « Tous les nouveaux quartiers qui verront le jour le jour à Montréal disposeront d’écoles », a-t-elle affirmé.