Arrivée imprévue de 1000 élèves en classes d’accueil à la CSDM

À l'école primaire Saint-Martyrs-Canadiens, dans le quartier Ahuntsic, des classes sont déjà hébergées dans une annexe préfabriquée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À l'école primaire Saint-Martyrs-Canadiens, dans le quartier Ahuntsic, des classes sont déjà hébergées dans une annexe préfabriquée.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM), dont les classes débordent déjà, a accueilli un nombre record de 1000 élèves supplémentaires ayant besoin de classes d’accueil en francisation depuis la rentrée scolaire.

Cette arrivée imprévue — et massive — d’élèves représente un véritable casse-tête pour la plus grande commission scolaire du Québec, qui comptait déjà 1840 élèves de plus que l’an dernier lors de la rentrée à la fin du mois d’août.

La CSDM compte désormais 225 classes d’accueil, soit 42 de plus que l’an dernier à pareille date, indique le Plan triennal de répartition et de destination des immeubles (PTRDI), adopté tard mercredi soir. Étant donné que la majorité des écoles où les besoins en classes d’accueil sont les plus criants n’ont plus aucun local disponible, la CSDM envisage d’aménager une centaine de classes dans des unités préfabriquées.

« La situation est particulièrement préoccupante pour la rentrée 2018-2019 », indique le document de 317 pages.

La CSDM a actuellement un déficit de 308 locaux de classe, « si tous les élèves allaient à leur école de quartier ». Elle prévoit d’ajouter 353 locaux de classe dans les prochaines années, mais 225 groupes additionnels sont prévus d’ici 2021-2022, uniquement en raison de la croissance démographique — sans tenir compte des nouveaux résidants qui arrivent d’ailleurs au Québec ou d’autres pays.

Crise des bâtiments

La vente prévue de bâtiments de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui hébergent des groupes communautaires et la reprise d’immeubles pour aménager des écoles ont aussi fait des vagues au conseil des commissaires, mercredi soir.

Des représentants de groupes communautaires sont venus raconter leurs craintes de perdre les locaux qu’ils occupent depuis des décennies, pour certains d’entre eux. D’autres ont réclamé un moratoire sur les importantes hausses de loyer décrétées par la CSDM, qui affirme n’avoir plus les moyens de maintenir des baux sous les prix courants.

« Vous êtes en train de briser le tissu social de certains quartiers », a lancé un citoyen de Villeray, Michel Harvey. Il trouve « indécente » la reprise du bâtiment hébergeant le Centre Lajeunesse, un centre communautaire crucial dans Villeray.

La commission scolaire n’a pas le choix de reprendre des bâtiments qui lui appartiennent en raison de la « croissance fulgurante du nombre d’élèves » dans certains quartiers, dont Rosemont, Ahuntsic, Saint-Michel et Villeray.

La CSDM a adopté mercredi soir le Plan triennal de répartition et de destination des immeubles (PTRDI), qui prévoit la reprise d’une série de bâtiments loués à des groupes communautaires, pour les transformer en écoles. Au moment d’écrire ces lignes, il était impossible de savoir le nombre de ces reprises.

« On fait pendre une épée de Damoclès au-dessus de la tête d’organismes comme Jeunesse au Soleil et des CPE. Plusieurs groupes vont être mis à mal avec notre plan. La commission scolaire devrait envisager la cohabitation avec Jeunesse au Soleil », a fait valoir la commissaire indépendante Violaine Cousineau.

4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 21 décembre 2017 00 h 53

    en sommes nous capables

    ca me fait un peu penser a la santée, sommes nous capables de repondre aux différents besoins, peut être faudra-t-il revoir tout le système, car, il y a des limites a jouer aux pompiers, surtout en éducation

  • Gilles Théberge - Abonné 21 décembre 2017 08 h 37

    Vilà ce que ça donne d’avoir une politique d’immigration incohérente.

    On réclame «no border » et bien ça donne ça.

    Un manque d’argent pour les gens d’ici, un manque de locaux pour les gens d’ici, on déshabille Pierre pour habiller Paul...

    Un citoyen a mis le doigt sur le bobo. il a dit « vous êtes en trains de briser le tissus social de certains quartier » a-t’il dit.

    Et il reste une apparence de frontière. Imaginez ce que ce serait si on les abolissait.

    Aujourd’hui on est en face d’une question cruciale. Ou bien on accueille tout le monde et l’on accepte de disparaître.

    Ou bien on saisit, pendant qu’il est encore temps, la politique d’immigration et on accepte de n’acceuillir que ceux qu’on peut intégrer.

    Ça demande un minimum de courage et de lucidité ce que manifestement le gouvernement de Couillard n’a plus.

    S’il l’a déjà eu. Mais j’en doute!

    • David Cormier - Abonné 21 décembre 2017 12 h 01

      Détruire le tissu social, c'est justement le but des défenseurs de la mondialisation et du libéralisme à tout crin.

  • Serge Lamarche - Abonné 21 décembre 2017 16 h 54

    Mauvais ton de l'article

    C'est incroyable de lire des gens se plaindre lorsque les choses vont super bien. Trop d'élèves francophones? Problème très encourageant à résoudre facilement.