Ultime appel pour reporter les élections scolaires

Québec n’a rien fait depuis trois ans pour stimuler la participation anémique (4,85%) aux élections scolaires.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Québec n’a rien fait depuis trois ans pour stimuler la participation anémique (4,85%) aux élections scolaires.

Les commissions scolaires lancent un ultime appel au gouvernement dans l’espoir de reporter les élections scolaires, prévues le 4 novembre 2018, pour éviter un conflit d’horaire avec le scrutin provincial qui aura lieu un mois plus tôt.

Dans une lettre au Devoir, les organisations regroupant la grande majorité des commissions scolaires, francophones et anglophones, manifestent leur « profonde déception devant l’immobilité du gouvernement dans le dossier de la démocratie scolaire ».

Québec n’a rien fait depuis trois ans pour stimuler la participation anémique (4,85 %) aux élections scolaires.

Le gouvernement sait pourtant que les électeurs risquent de rester chez eux lors du prochain scrutin scolaire étant donné qu’ils seront allés aux urnes à peine un mois plus tôt, le 1er octobre 2018, pour élire les députés provinciaux.

Les associations regroupant les commissions scolaires « demandent au gouvernement de déposer un projet de loi, lors de la prochaine session parlementaire, proposant le report des élections scolaires », indique la lettre transmise au Devoir.

Malgré les critiques, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, compte respecter le calendrier prévoyant un scrutin scolaire en novembre 2018, indique son attachée de presse, Marie Deschamps.

Stimuler les électeurs

La Fédération des commissions scolaires du Québec (et l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec proposent trois scénarios pour stimuler la participation électorale :

tenir les élections municipales et scolaires en même temps, comme ça se fait ailleurs au Canada ;

inscrire les élections scolaires à l’intérieur d’un cycle que nous venons d’entamer : les élections municipales en 2017, provinciales en 2018, fédérales en 2019 et scolaires en 2020 ;

déplacer les élections scolaires au printemps « pour leur donner tout l’espace médiatique et promotionnel nécessaire pour rehausser le taux de participation ».

Vote par Internet

La FCSQ a adopté une autre résolution en conseil général, cette semaine, appuyant l’initiative du Directeur général des élections du Québec visant à implanter le vote électronique (par Internet) au Québec, y compris pour le prochain scrutin scolaire.

Le report des élections scolaires ne fait pas l’unanimité dans le milieu de l’éducation. « Pour nous, arriver dans la dernière année d’un mandat et demander de prolonger le mandat de trois ans, on trouve que ça manque un peu d’éthique », dit Sylvain Martel, président du comité de parents de la Commission scolaire de Laval. Le comité réclame le respect du calendrier scolaire.

Pour arrimer les scrutins municipaux et scolaires, il faudrait prolonger de trois ans les mandats des commissaires — les prochaines élections municipales sont prévues en 2021.

« Ça serait le jour de la marmotte : les dernières élections scolaires, prévues en 2011, ont été tenues en 2014. Les commissaires avaient eu un mandat de sept ans, même si les mandats sont normalement de quatre ans. »

4 commentaires
  • Claude Girard - Abonné 15 décembre 2017 08 h 57

    Pourquoi des élections?

    En principe, les élus scolaires doivent notamment « s’assurer de la gestion efficace et efficiente des ressources humaines, matérielles et financières dont dispose la commission scolaire » (L.I.P. 176.1, 3°). Pour ce faire, les élus « doivent instituer un comité de vérification qui a surtout pour fonction d’assister les commissaires pour veiller à la mise en place de mécanismes de contrôle interne » (...) « Le comité doit s'adjoindre au moins une personne ayant une compétence en matière comptable ou financière » (L.I.P. 193.1).

    Si les élus scolaires n’ont pas joué leur rôle à savoir, respecter la loi sur l’Instruction publique, si les élus scolaires considèrent que leur rôle consiste à appuyer inconditionnellement les recommandations de la Direction générale et si les élus scolaires acceptent que les procès-verbaux soient difficilement accessibles au public (publication d’un PV sur le site électronique 6 mois après son adoption), alors il ne devrait pas y avoir d’élections scolaires. Du moins, pour ces commissions scolaires.

    Au ministère de faire son travail.

  • Bernard Terreault - Abonné 15 décembre 2017 10 h 43

    Si je ne me trompe pas

    Dans les deux autres pays où j'ai vécu, les ÉU et la France, ce sont les municipalités qui s'occupent des écoles, conjointement avec l'État. Les commissions scolaires ne constitueraient-elles pas un niveau d'administration de trop, reliquat désuet du temps où il fallait isoler Catholiques et Protestants, Anglos et Francos les uns des autres?

    • Claude Girard - Abonné 15 décembre 2017 15 h 35

      Il est exact que le réseau scolaire ne tient pas compte des divisions territoriales proprement dites, mais de regroupements linguistiques. En créant les commissions scolaires linguistiques, les autorités ministérielles de l’époque avaient demandé de tenir compte des regroupements existant comme les municipalités régionales de comté, question d’harmoniser la taxe scolaire éventuellement. Aujourd’hui, ces regroupements sont devenus des territoires décisionnels décentralisés. Il reste maintenant à inclure les entités scolaires anglophones et repenser la gouvernance du monde scolaire en tenant compte de la représentation des villes (bibliothèques, loisirs), des organismes économiques et de la santé. Alors, on pourra parler de démocratie.

  • Pierre Fortin - Abonné 15 décembre 2017 12 h 55

    Faut-il en rire ou en pleurer ?


    « Les commissions scolaires craignent l’indifférence des citoyens qui seront déjà sollicités par les élections générales. »

    En affirmant « Québec n’a rien fait depuis trois ans pour stimuler la participation anémique (4,85 %) aux élections scolaires. », les commissions scolaires ne font que démontrer leur propre inanité et leur incapacité à proposer un débat social digne de ce nom sur l'énorme responsabilité qui leur est confiée. Que présentent donc les candidats pour que les électeurs les désignent à un poste de commissaire ? Il leur appartient de présenter un programme consistant.

    Il n'y a pas de mission plus cruciale pour l'avenir du Québec que l'éducation de ses enfants et nos élus scolaires craignent " l’indifférence des citoyens " à leur endroit. Qu'ont-ils donc à leur proposer qui fasse l'objet d'un véritable débat mettant en jeu les orientations fondamentales de leur charge ainsi que les choix qu'ils défendent et leurs conséquences ?

    Qu'ont-ils d'autre à offrir qu'un bilan purement administratif et budgétaire éludant chaque fois la dimension éducative de leur mandat ? Faut-il croire que le rôle des enfants, celui de leurs parents, des éducateurs ou des directeurs d'école ne doivent pas être discutés et orientés publiquement ? Les élections scolaires doivent pouvoir permettre de désigner des élus qui conçoivent clairement comment ils comptent s'assurer du respect du développement des enfants, de l'épanouissement de leur personnalité et de leur inclusion à titre de membre actif dans la collectivité.

    La participation anémique aux élections scolaires n'est-elle pas plutôt le reflet fidèle de l'appréciation que la population fait de l'utilité réelle des commissaires élus ? Il leur appartient de défendre leur rôle et de porter haut le flambeau de l'éducation.