Éducation: le bonnet d’âne pour le Québec

Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu’il se situe, tout comme le Canada, bien au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. 
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu’il se situe, tout comme le Canada, bien au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. 

Le Québec fait figure de cancre canadien en matière d’investissements en éducation.

Les données rendues publiques par Statistique Canada mardi démontrent que le Québec est la province qui investit le moins par élève lorsqu’on combine l’enseignement primaire, secondaire et postsecondaire, soit un total de 33 005 $US par étudiant, comparativement à la moyenne canadienne, qui se situe à 36 252 $US.

33 005 $US
Montant investi par élève au Québec lorsqu’on combine  l’enseignement primaire, secondaire et postsecondaire. 

En fractionnant les chiffres, on constate que le Québec vient au huitième rang parmi les provinces pour ce qui est des investissements par élève aux niveaux primaire et secondaire (10 221 $ US), mais ce sont les investissements au niveau universitaire (22 784 $US) qui le font chuter au dernier rang pour l’investissement total.

Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu’il se situe — tout comme le Canada — bien au-dessus de la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui est de 26 163 $US.

Cependant, puisqu’il s’agit d’une moyenne, tant le Canada que le Québec se situent derrière les deux plus grands investisseurs de l’OCDE que sont les États-Unis (41 504 $US) et le Royaume-Uni (36 512 $US).

C’est Terre-Neuve-et-Labrador qui arrive au premier rang avec des investissements totalisant 44 993 $US par étudiant, suivie de la Saskatchewan (44 607 $US) et de l’Alberta (43 458 $US).

De manière segmentée, Terre-Neuve-et-Labrador occupe le premier rang au niveau postsecondaire, alors que la Saskatchewan a cette distinction aux niveaux primaire et secondaire.

À l’opposé, la Colombie-Britannique vient au dixième rang des investissements par élève de niveaux primaire et secondaire (8838 $US) et l’Île-du-Prince-Édouard au neuvième, avec une somme moyenne de 10 163 $US par élève.

Les enseignants moins bien payés

De manière parallèle, les enseignants québécois sont les moins bien payés au pays.

Ainsi, un enseignant à temps plein au premier cycle du secondaire gagnera 42 407 $CAN en début de carrière, comparativement à la moyenne nationale de 52 064 $CAN, et verra son salaire atteindre 75 956 $CAN au sommet de l’échelle salariale, alors que la moyenne canadienne se situe à 87 202 $CAN.

Seul le Nouveau-Brunswick se situe aussi sous la barre des 80 000 $CAN au sommet de l’échelle, à 76 753 $CAN.

À l’opposé, c’est dans les Territoires du Nord-Ouest — où le salaire d’entrée de 76 311 $CAN est supérieur au sommet de l’échelle québécoise — qu’un enseignant aura la meilleure rémunération au sommet de l’échelle, soit 108 624 $CAN.

À l’échelle internationale, le Canada fait bonne figure puisque le salaire moyen de 65 621 $US après 15 ans d’enseignement au premier cycle du secondaire le place au quatrième rang des 35 pays de l’OCDE. Les enseignants canadiens ne sont devancés que par leurs vis-à-vis du Luxembourg (113 136 $US), de l’Allemagne (74 078 $US) et des Pays-Bas (69 268 $US).

Un Canada bien éduqué

Les données de l’agence fédérale nous apprennent par ailleurs que le Canada n’a rien à envier aux autres pays de l’OCDE quant au niveau d’éducation de ses citoyens, alors que 91 % des Canadiens âgés de 25 à 64 ans sont titulaires au minimum d’un diplôme d’études secondaires ou d’une attestation d’études postsecondaires.

La moyenne des pays de l’OCDE se situe à 78 % et seules la République tchèque (94 %) et la Pologne (92 %) le devancent à ce chapitre, alors que les États-Unis sont à l’équivalence à 90 %.

De manière plus ciblée, plus de deux Canadiens sur trois (68%) détiennent un diplôme d’études postsecondaires, soit un niveau de loin supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE qui se situe à 42%.

Par contre, 12% des jeunes Canadiens de 15 à 29 ans n’étaient ni aux études, ni en emploi, ni en formation.

Bien que ce pourcentage soit inférieur à la moyenne de 14% affichée par l’OCDE, il est comparable à ceux du Royaume-Uni et des États-Unis et supérieur à celui de l’Allemagne et du Japon, qui se situent à 10% dans les deux derniers cas.

8 commentaires
  • Gérard Raymond - Abonné 13 décembre 2017 05 h 32

    Un titre inapproprié ?

    Dans les 2e et 3e paragraphes de l’article accessible ci-dessous, on nous apprend que plus de la moitié des Canadiens âgés de 25 à 64 ans ont obtenus un diplôme collégial ou universitaire et qu’il s’agit là de la plus forte proportion parmi les pays comparables de l’OCDE, incluant les Etats-Unis.
    http://www.ledevoir.com/societe/education/514217/r

    Et à la toute fin de cet autre article, on apprend que les Québécois âgés de 25 à 44 ans se classent au 1e rang des provinces canadiennes à ce sujet.
    https://lactualite.com/lactualite-affaires/2017/11/10/tuer-les-cegeps/

    Puis ce 3e article nous apprend que cela se fait à moindre coût.
    http://www.ledevoir.com/societe/education/515316/l

    Se pourrait-il, M. St-Arnaud, que votre texte soit coiffé d’un titre inapproprié ?

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 13 décembre 2017 09 h 56

      En effet, en lisant l’article on surfe rapidement sur des statistiques en provenance de plusieurs endroits sans trop de nuances et lorsqu’on a terminé, on se rend compte que le mot «cancre» utilisé pour désigner le Québec dans les pages du Devoir n’est pas celui qui correspondrait à la réalité. L’auteur aurait dû prendre note que ce terme de «cancre » est péjoratif et lorsqu’utilisé, surtout dans un titre, doit référer à une situation qui y correspond vraiment.

    • Jean Breton - Abonné 13 décembre 2017 11 h 27

      Au contraire, j'estime le titre du Devoir bien approprié. L'essentiel de la nouvelle n'est-il pas que le Québec est l'état fédéré qui investit le moins en éducation. Lorsqu'on se classe dernier, loin de la moyenne, c'est que l'on est CANCRE. Pourquoi avoir peur des mots ?

      Par ailleurs, la donnée statistique la plus révélatrice m'apparaît être celle qui concerne le salaire payé aux enseignants. Encore une fois, le Québec est loin derrière, la lanterne rouge de la fédération. Faut-il s'étonner dès lors que la carrière d'enseignant au Québec n'attire surtout que les cégépiens qui se classent dans le dernier quartile en termes de résultats scolaires... Comme ces profs peuvent être difficilement des MAÎTRES, ils enseignent en fonction des examens. Misère.

      Par ailleurs, s'il est vrai que le coût de la vie est légèrement moins élevé au Québec que dans les états situés plus à l'ouest, il reste que la ponction fiscale est nettement plus élevé pour les classes moyennes supérieures d'ici qu'elle ne l'est ailleurs au pays.

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 décembre 2017 14 h 22

      Au contraire, les coupures du gouvernement Charest/Couillard ont eu des conséquences néfastes sur l'éducation de nos jeunes. C'est dommage.
      On a oublié que c'est par le biais de l'éducation gratuite, de la Révolution tranquille, que le Québec a pu s'en sortir de la noirceur et de l'ignorance des années Duplessis.
      On oublie souvent qu'une éducation de qualité est un investissement dans le progrès et la prospérité d'une société, surtout ces jours-ci, dans l'ère de la révolution numérique.
      Il faudrait aussi retourner à la vision des pères de la Révolution tranquille qui entamaient la gratuité scolaire au niveau universitaire.

  • Bernard Terreault - Abonné 13 décembre 2017 08 h 32

    Se méfier un peu quand même

    Les comparaisons internationales peuvent être trompeuses. Par exemple, les systèmes d'éducation sont différents et un "diplôme de secondaire" ne veut pas dire la même chose pour un diplôme québécois obtenu après onze ans d'école que pour celui des ÉU après 12 ans, ou le bachot français 13 ans ou ceux d'Allemagne ou du Japon. Autre exemple, les salaires qui ne veulent rien dire si on ne les met pas en rapport avec le coût de la vie en chaque pays, le coût du logement par exemple, comparativement très faible au Québec et exorbitant en Europe du Nord.

  • Bernard Terreault - Abonné 13 décembre 2017 08 h 32

    Se méfier un peu quand même

    Les comparaisons internationales peuvent être trompeuses. Par exemple, les systèmes d'éducation sont différents et un "diplôme de secondaire" ne veut pas dire la même chose pour un diplôme québécois obtenu après onze ans d'école que pour celui des ÉU après 12 ans, ou le bachot français 13 ans ou ceux d'Allemagne ou du Japon. Autre exemple, les salaires qui ne veulent rien dire si on ne les met pas en rapport avec le coût de la vie en chaque pays, le coût du logement par exemple, comparativement très faible au Québec et exorbitant en Europe du Nord.

  • Jean Duchesneau - Abonné 13 décembre 2017 09 h 18

    Quel titre tendancieux...

    Juste pour accrocher le lecteur ou dévaloriser. On juge l’arbre à ses fruits et non pas à la quantité d’engrais et encore moins au prix de l’engrais qu’on lui fournit. Selon ce qui est écrit dans cet article, son titre devrait être: le Québec plutôt efficace en éducation car, malgré un investissement public relativement modeste, le niveau d’éducation des Québécois fait bonne figure dans le Canada et parmis les pays de l’OCDE. D’ailleurs, l’article est trés imprécis car l’auteur compare des données bruttes sans tenir compte du coût de la vie par province et par pays.

  • Gilles Théberge - Abonné 13 décembre 2017 11 h 05

    C’est probablement une traduction.

    Mauvaise comme d’habitude.