L’ouverture d’un site d’injection à Montréal inquiète des parents d’écoliers

Les enfants de trois écoles environnantes utilisent le corridor scolaire qui passe devant la porte d’injection de Spectre de rue.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les enfants de trois écoles environnantes utilisent le corridor scolaire qui passe devant la porte d’injection de Spectre de rue.

Avec l’ouverture imminente du site d’injection de Spectre de rue à un coin de rue d’une école primaire, un groupe de parents s’inquiète d’une cohabitation qu’il juge risquée.

« On sait que l’acceptabilité sociale est jugée primordiale pour qu’un projet de cette nature fonctionne, mais celle-ci n’est manifestement pas au rendez-vous dans le quartier », dénonce Christelle Perrine, présidente du conseil d’établissement de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys, mère de trois enfants, résidante et commerçante du quartier.

« On n’est pas dans le déni, on sait que c’est un service de santé publique qui est important et nécessaire, mais on n’a toujours pas de réponse à savoir comment ils vont assurer la sécurité de nos enfants qui circulent dans ce corridor scolaire, ajoute-t-elle. Il y a bien eu des rencontres du comité de bon voisinage, mais il n’y a aucune collaboration de leur part, toutes nos propositions restent lettre morte. »

Deux autres sites d’injection supervisée ont ouvert leurs portes en juin dernier, Cactus et Dopamine, mais aucun n’est situé dans un corridor scolaire et aucun n’est ouvert de jour, plaident les parents.

Avec l’appui de leur commissaire scolaire, Stéphanie Bellenger-Heng, ces parents réclament une présence policière accrue dans ce corridor scolaire et l’ajout d’un brigadier, une figure rassurante pour les enfants et leurs parents.

« On nous répond qu’il ne faut pas qu’il y ait trop de sécurité parce que ça risque de gêner les usagers, mais nous, on veut plus de sécurité pour nos enfants, alors on fait quoi ? » s’interroge Mme Perrine.

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud de Montréal, qui pilote le projet de site d’injection supervisée avec l’organisme Spectre de rue, on assure qu’il y aura « plus de présence policière dans les alentours », mais on confirme qu’il y a un « équilibre précaire » à respecter « pour ne pas empêcher les gens de venir au service ».

Heures d’ouverture

Un intervenant pivot, chargéde faire le lien entre l’organisme et l’école, a également été engagé par la commission scolaire pour faciliter les communications entre l’organisme, l’école, les parents et les enfants.

Le CIUSSS répète que plusieurs ajustements ont été faits pour rassurer les parents.

« On a accepté de déplacer l’ouverture de 8 h 30 à 9 h 30, mais pas de fermer les services à 14 h 30 plutôt qu’à 18 h 30, contrairement à leur demande, car ce serait un recul », explique la Dre Carole Morissette, médecin-conseil à la direction de santé publique du CIUSSS.

« On ne peut pas s’attendre à ce qu’on ferme Spectre de rue, ce n’est pas une option, ajoute-t-elle. Il faut trouver une zone de réassurance, mais aussi laisser la possibilité qu’on commence les services, qu’on travaille à observer ce qui se passe, qu’on soit capable de faire des ajustements au fur et à mesure plutôt que d’annoncer à l’avance des problématiques qui ne sont pas encore existantes et qui n’ont jamais existé, alors que Spectre de rue est là depuis 20 ans. »