Plus de 11 000 éducatrices en CPE en grève

Les éducatrices ont voté à 94 % pour tenir cinq jours de grève, la première étant ce lundi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les éducatrices ont voté à 94 % pour tenir cinq jours de grève, la première étant ce lundi.

Plus de 11 000 éducatrices en CPE affiliées à la CSN ont observé lundi une journée de grève un peu partout au Québec pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Cela signifie que plus de 21 000 enfants n’ont pu se rendre lundi dans leur Centre de la petite enfance (CPE), forçant leurs parents à se trouver un Plan B pour la journée. Quelque 400 CPE sont touchés au Québec.

À Montréal, les éducatrices, accompagnées de parents, ont marché du centre-ville jusqu’au bureau du ministre de la Famille, Luc Fortin.

Le grand nombre de travailleuses ayant pris part à la marche « démontre clairement notre exaspération et notre détermination », a lancé à la foule Carole Leroux, présidente du Syndicat des travailleuses des centres de la petite enfance de Montréal et Laval (FSSS-CSN) au terme de la marche.

« On refuse le nivellement vers le bas et la médiocrité que tente d’imposer la partie patronale dans cette ronde de négociation », a-t-elle aussi dénoncé.

Deux points principaux achoppent : l’âge de la retraite, que le gouvernement veut hausser de 60 à 61 ans, et la question des salaires, a expliqué Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).


« Si on accepte à l’heure actuelle ce qui est sur la table, la paie des travailleuses en 2020 sera moins qu’en 2015 », a-t-il dit.

 

Constance Beaulieu, éducatrice au CPE Joyeux Carrousel à Ville-Émard, a manifesté devant le bureau montréalais du ministre lundi.

 

« On travaille tellement fort avec les enfants et pour les enfants aussi, il n’y a aucune raison pour qu’on ne respecte pas notre travail », a-t-elle lancé.

 

Elle ne veut pas que le nombre d’enfants par groupe soit augmenté — on est à pleine capacité déjà, dit-elle — et souhaite que les salaires soient à parité avec les membres qui font le même travail qu’elle au sein de la fonction publique.

 

Leonardo Munoz, lui, est père de deux enfants qui sont en CPE. Il se dit très satisfait de la qualité des services, mais ne veut pas qu’elle diminue.

 

« Je suis en accord avec leurs demandes, a-t-il dit peu après la marche. Deux ans sans négociation collective, ça frôle le manque de respect envers leur travail. »


Les syndiquées ont manifesté lundi dans différentes villes, notamment devant le bureau de circonscription du ministre Fortin, à Sherbrooke.

Ce dernier a indiqué avoir rencontré lundi des représentants syndicaux de la Fédération de la santé et des services sociaux.

Par communiqué, il dit avoir réitéré la disponibilité du ministère de la Famille pour poursuivre les négociations de manière intensive dès cette semaine.

Il a également confié au négociateur du gouvernement le mandat de rassembler toutes les parties autour de la table de négociation le plus rapidement possible.

« Je déplore que les enfants et leurs parents soient les premiers touchés par la grève d’aujourd’hui. Plusieurs séances de négociation ont déjà eu lieu et ont permis de régler la grande majorité des clauses. Les parents s’attendent à ce que les parties conviennent d’une entente satisfaisante au bénéfice des familles québécoises », a-t-il fait savoir.

Les négociations sont interrompues depuis jeudi dernier et n’ont pas repris depuis.

Les éducatrices sont sans contrat de travail depuis deux ans et demi. Elles ont voté à 94 % pour tenir cinq jours de grève, le premier étant ce lundi.

1 commentaire
  • Denyse Lamothe - Abonnée 31 octobre 2017 08 h 33

    Un sur deux

    Que les éducatrices soient payées à leur juste valeur, qui est énorme pour notre société en général et pour les femmes en particulier, je suis entièremenet d'accord et je les appuie. Par ailleurs l'augmentation de l'âge de la retraite de 60 à 61 ans me semble raisonnable.

    Nous ne sommes plus à l'ère de « Liberté 55 », mais à celle de «  Liberté 75 »

    .Denyse Lamothe, 70 ans et toujours au travail