Programme éducatif: les garderies privées réclament un soutien financier

Le projet de loi 143 vise à resserrer le contrôle du gouvernement sur les garderies privées, dans l’objectif de favoriser la réussite scolaire en intervenant auprès des enfants dès leur plus jeune âge.
Photo: Ian Barrett La Presse Canadienne Le projet de loi 143 vise à resserrer le contrôle du gouvernement sur les garderies privées, dans l’objectif de favoriser la réussite scolaire en intervenant auprès des enfants dès leur plus jeune âge.

Les garderies privées non subventionnées affirment qu’elles ont besoin d’un soutien financier du gouvernement pour se conformer à ses nouvelles exigences en matière de qualité éducative.

« Le ministre nous exige des choses de qualité. Là, à un moment donné, il va falloir qu’il y ait un soutien pour nous », a déclaré la présidente de la Coalition des garderies non subventionnées, Marie-Claude Collin, en entrevue avec Le Devoir.

Son association, créée il y a six ans, représente des garderies privées à but lucratif de grande taille qui ont un permis du ministère.

Le projet de loi 143, qui est à l’étude cette semaine au Parlement, vise à resserrer le contrôle du gouvernement sur les garderies privées. Une démarche entreprise par l’ex-ministre de la Famille, Sébastien Proulx, notamment pour favoriser la réussite scolaire en intervenant auprès des enfants dès leur plus jeune âge.

Mme Collin est attendue en commission parlementaire jeudi. Elle se dit absolument en accord avec l’objectif d’améliorer la qualité éducative, mais elle réclame des moyens. À l’heure actuelle, les liens entre son réseau de garderie et le gouvernement se résument essentiellement à un permis.

« Ils ont donné 40 millions au printemps pour que les garderies subventionnées puissent offrir un meilleur accompagnement de la garderie à la maternelle. […] Pourquoi on donnerait de l’argent à eux et que nous, ils nous en donnent pas ? »

La coalition demande notamment que son personnel puisse avoir droit à de la formation continue gratuite et que l’accès au guichet unique qu’on souhaite imposer à tous soit gratuit.

« Nous sommes d’accord pour l’obligation d’inscription à la condition que ce guichet soit totalement gratuit pour tout le réseau. Comme c’est une obligation du gouvernement, nous demandons que ce guichet soit subventionné dans son entièreté et que tous les services de garde puissent s’inscrire », écrit-elle.

Pour l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), c’est un non-sens. « 10 % des garderies non subventionnées sont de qualité et on leur donnerait de l’argent ? Ça n’a aucun sens », affirme son directeur, Louis Sénécal, qui reproche au gouvernement d’avoir favorisé le réseau privé ces dernières années.

L’association doit présenter ses demandes ce matin en commission parlementaire. « Ça prend un électrochoc et y a rien dans le projet de loi qui permet réellement de le faire, dit-il en évoquant le «laisser-allerdes dix dernières années. »

Milieu familial

Les garderies privées en milieu familial sont aussi en cause. Or, les garderies qui sont ciblées par le projet de loi – celles qui fonctionnent en parallèle du système – n’ont pas d’association pour les représenter et vont dès lors briller par leur absence en commission parlementaire, déplore l’ex-présidente de l’Association des éducatrices en milieu familial, Renée Harrison.

« C’est déplorable que ces femmes-là ne soient pas mieux organisées », note Mme Harrison.

Contrairement aux autres, ces garderies ne sont pas sous l’égide des bureaux coordonnateurs du ministère de la Famille. La plupart ont déserté le système en régie dans la foulée de la syndicalisation des éducatrices et des politiques de remboursement des frais de garde. Ces dernières années, elles se sont multipliées au Québec.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 24 octobre 2017 09 h 49

    Contradiction dans les termes !

    Les garderies privées NON SUBVENTIONNÉES veulent un SOUTIEN FINANCIER du gouvernement. Contradictoire, non ?

  • Yves Mercure - Abonné 24 octobre 2017 10 h 52

    Privé... ne veut rien dire...

    ...d'autre que privatisation des profits et socialisation des dépenses. Où est la limite? Pourrait-on au moins choisir personnellement une corporation ou une compagnie à qui l'on verserait directement nos impôts? Puis, abolir les impôts et déductions pour les particuliers sous le seuil de revenu... d'un million, soyons généreux pour les pauvres riches! 50% comme taux fixe pour le reste? Faites un calcul rapide et vous verrez que nos services publics ne seraient plus en manque.
    On peut bien rêver..