École à la maison: Sébastien Proulx change son fusil d’épaule

Dans son amendement, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, propose d’ajouter l’apprentissage de la langue française à la liste des compétences que les parents seront obligés de transmettre à leurs enfants.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans son amendement, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, propose d’ajouter l’apprentissage de la langue française à la liste des compétences que les parents seront obligés de transmettre à leurs enfants.

Après maints débats et critiques de la part de l’opposition, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx fait marche arrière et accepte d’assujettir à la loi 101 les enfants qui sont scolarisés à la maison.

En commission parlementaire mardi, le ministre a changé son fusil d’épaule et trouvé une solution au problème soulevé par ses collègues lors de la dernière séance de travail sur le projet de loi 144, visant notamment à encadrer l’école à la maison.

Comme le rapportait Le Devoir, le ministre voulait permettre aux parents qui font l’école à la maison d’aller chercher des services d’accompagnement et de suivi auprès de la commission scolaire de leur choix, en anglais ou en français, sans égard aux dispositions de la loi 101.

Le ministre répétait que la loi 101 ne s’applique pas à l’école à la maison puisque les services d’accompagnement et de suivi ne sont pas des services éducatifs donnés en classe ou dans un établissement scolaire. À l’unisson, les trois partis d’opposition rétorquaient qu’il s’agissait d’une façon de contourner la loi ou, à tout le moins, d’une brèche à l’esprit de la loi 101.

Brèche

Dix jours plus tard, le ministre s’est rendu aux arguments de ses collègues et propose un nouveau scénario « pour éviter de soulever ce qui était en apparence, et non en pratique, une brèche [à l’esprit de la loi 101] ».

Il a donc retiré l’amendement contesté pour le remplacer par un nouvel amendement, toujours à l’étude. « Pour nous assurer non pas de ne pas avoir une brèche — parce qu’on n’en veut pas et qu’à mon avis il n’y en a pas — mais de renforcer encore davantage le fait français dans l’enseignement, je propose aujourd’hui que ce soit le ministère de l’Éducation [plutôt que les commissions scolaires] qui prenne en charge l’appréciation du projet d’apprentissage. »

Dans cet amendement, le ministre propose également d’ajouter spécifiquement l’apprentissage de la langue française à la liste des compétences que les parents seront obligés de transmettre à leurs enfants.

On n’est pas en train d’affaiblir la loi 101, on est en train d’en faire le renforcement

 

Modification de la Loi sur l’instruction publique

Enfin, reconnaissant que les différents documents qui dictent la pratique en matière d’éducation à la maison portent à confusion, le ministre Sébastien Proulx entend modifier certains passages de la Loi sur l’instruction publique afin de spécifier clairement que l’école à la maison doit être assujettie à la loi 101.

« On n’est pas en train d’affaiblir la loi 101, on est en train d’en faire le renforcement », a répété le ministre lors des travaux qui se sont étirés sur plusieurs heures mardi soir.

Les partis d’opposition ont salué le changement de cap du ministre sur les questions de la langue, mais ont promis de rester vigilants, puisque plusieurs modifications proposées par le ministre devront être adoptées plus tard. L’amendement même, déposé par le ministre mardi, n’a pas encore été adopté, les parlementaires se renvoyant la balle de sous-amendement en sous-amendement sur des questions d’organisation et d’encadrement.

3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 19 octobre 2017 01 h 24

    Est-ce que ca ne fait pas parti des premières libertées

    Peut-être y a-t-il une énorme différence entre le privé et le publique, peut- être faut-il accepter cette différence et l'intégrer quelque part dans nos structures

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 19 octobre 2017 13 h 36

    Changer son fusil d'épaule

    fait parti de l'ADN du PLQ,cela ne l'empeche pas de rater la cible a tous coups.

  • Michèle Lévesque - Abonnée 19 octobre 2017 20 h 17

    'Plus tard' c'est parfois égal à 'jamais' ou à 'ce n'est pas tout à fait ça qu'on voulait dire'.

    J'espère bien que les partis d'opposition 'resteront vigilants" !

    Comme tous les 'move' du gouvernement depuis le remaniement ministériel, celui-ci sent tellement "les élections" qu'on en viendrait presque à espérer que le ridicule tue vraiment (symboliquement : électoralement) ceux et celles qui en abusent. "A la veille des élections, il t'appelait mon fiston, le lendemain comme de raison, y'avait oublié ton nom... Attends moé ti-gars la la la"...

    Sagesse populaire n'est pas populisme - c'est au contraire la première qui protège le mieux du deuxième.