La majorité des Québécois estiment insuffisante l’aide aux élèves en difficulté

Selon un sondage commandé par la CSQ, seulement 34% des citoyens interrogés jugent que le réseau scolaire public dispose des moyens suffisants pour s’occuper avec équité des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage.
Photo: Charles Dharapak Associated Press Selon un sondage commandé par la CSQ, seulement 34% des citoyens interrogés jugent que le réseau scolaire public dispose des moyens suffisants pour s’occuper avec équité des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage.

Munie d’un sondage qui démontre que tant le public que le personnel de l’enseignement réclament, dans de fortes proportions, de meilleurs services aux enfants qui ont des difficultés d’apprentissage, la CSQ presse Québec de cesser de faire des promesses et d’agir véritablement et maintenant.

Un sondage Crop réalisé pour la Centrale des syndicats du Québec, qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, révèle en effet que seulement 34 % des citoyens interrogés jugent que le réseau scolaire public dispose des moyens suffisants pour s’occuper avec équité des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA).

Et, à l’inverse, 83 % estiment que le gouvernement doit investir davantage, tant dans le réseau scolaire que les services de garde, pour que ces élèves aient accès aux services dont ils ont besoin.

De tels pourcentages démontrent que « le public a été largement sensibilisé » à cette cause du manque d’accompagnement, de services d’aide pour les élèves en difficulté, a estimé Louise Chabot, présidente de la CSQ, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

« Ce n’est pas d’hier qu’on fait valoir, par l’ensemble du personnel, ce besoin criant là de répondre aux besoins des élèves, d’agir en amont. Je pense que la population a été à même de constater les bris de services », a commenté Mme Chabot.

Le public « veut que le gouvernement agisse, qu’il agisse vite et qu’il donne les moyens » au réseau public de dispenser ces services, a soutenu la présidente de la CSQ.

Ce n’est pas d’hier qu’on fait valoir, par l’ensemble du personnel, ce besoin criant

 

Le personnel

Au sein du personnel de l’enseignement, le diagnostic est encore plus éloquent : 88 % disent être témoins au quotidien d’une insuffisance de services aux élèves en difficulté.

De même, 86,5 % constatent que des élèves, dans leur école, sont en attente de services professionnels auxquels ils ont droit. « Il faut être capable de compter sur une équipe-école qui accompagne ces enfants-là, et pas juste durant les heures de classe », a plaidé Mme Chabot.

Lors de la présentation du dernier budget, en mars, Québec avait annoncé un ajout de 637 millions de dollars pour le préscolaire, le primaire et le secondaire.

Également, il avait annoncé que dès le mois de septembre, il ajouterait 1500 personnes vouées à l’aide directe aux élèves. Mme Chabot espère voir se concrétiser ces promesses dès la présente rentrée scolaire.

Le sondage auprès de la population a été réalisé du 10 au 14 août ; 1000 questionnaires ont été remplis.

Le volet du sondage auprès du personnel syndiqué à la CSQ a été réalisé du 22 juin au 15 juillet auprès de 2084 personnes (1343 enseignants, 333 professionnels et 408 employés de soutien). Comme il s’agit d’un sondage Web, la marge d’erreur ne peut pas être calculée, parce que les personnes n’ont pas été sélectionnées de façon aléatoire.

Aide aux élèves en difficulté

« Le réseau scolaire public dispose des moyens nécessaires pour s’occuper avec équité des élèves, quel que soit leur handicap ou leur difficulté d’adaptation ou d’apprentissage » : 34 pour cent d’accord

« Le gouvernement du Québec doit investir encore plus significativement qu’il ne le fait actuellement dans le réseau scolaire et en service de garde pour que les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage aient accès aux services dont ils ont besoin » : 83 pour cent d’accord

« Il est essentiel d’agir rapidement [par exemple dès le service de garde ou la maternelle] pour éviter le plus possible que des élèves aient des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage » : 89 pour cent d’accord

« Le fait d’augmenter les services pour les élèves handicapés ou en difficultés d’adaptation ou d’apprentissage peut avoir un impact positif sur leur réussite » : 90 pour cent d’accord