Les cégeps ne veulent pas d’étudiants «gelés»

<p>Le gouvernement fédéral détermine le statut légal de la drogue, mais c’est aux provinces de gérer toute la logistique de l’arrivée du cannabis sur le marché licite.</p>
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Le gouvernement fédéral détermine le statut légal de la drogue, mais c’est aux provinces de gérer toute la logistique de l’arrivée du cannabis sur le marché licite.

La Fédération des cégeps du Québec souhaite un « encadrement clair » de la consommation de marijuana sur les campus pour empêcher que les étudiants se présentent intoxiqués dans les salles de cours.

Alors que le gouvernement fédéral s’apprête à légaliser le cannabis, les 48 cégeps estiment que le gouvernement du Québec devra établir des règles entourant la consommation de cannabis sur les campus, un peu comme il l’a fait pour l’usage du tabac dans les lieux publics.

« On est en train de consulter notre monde. Ce qu’on nous a dit jusqu’à maintenant, c’est qu’on veut des encadrements clairs, précis, et on veut quelque chose de cohérent et de gérable », a dit Bernard Tremblay, président et directeur général de la Fédération des cégeps, en entrevue éditoriale au Devoir, vendredi.

Le gouvernement Trudeau est déterminé à respecter sa promesse de légaliser le cannabis d’ici le 1er juillet 2018. Ottawa a dit non au gouvernement Couillard, qui a réclamé un délai supplémentaire pour établir les règles entourant la vente, la distribution et la consommation de marijuana.

Le gouvernement fédéral détermine le statut légal de la drogue, mais c’est aux provinces de gérer toute la logistique de l’arrivée du cannabis sur le marché licite.

Appels au bannissement

L’Association des médecins psychiatres du Québec et l’Association québécoise des programmes pour premiers épisodes psychotiques ont demandé que la consommation et la vente de marijuana soient interdites sur les campus et à proximité de tout établissement d’enseignement. Ils réclament aussi que l’âge légal de consommation du cannabis soit fixé à 21 ans.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a joint sa voix vendredi aux groupes favorables à l’interdiction près des maisons d’enseignement : « Le pot n’est pas le bienvenu sur les campus », a déclaré le député caquiste Simon Jolin-Barrette dans un communiqué.

La Fédération des cégeps estime que Québec adopte la bonne stratégie en lançant une vaste consultation sur la légalisation du cannabis.

Autorité

« C’est sûr qu’on en souhaite [des règles]. Il y en a pour le tabac. Comment gère-t-on la fumée de cannabis versus la fumée de tabac ? Il y a un minimum d’arrimage à faire là. De quel ordre ? Ça appartient au gouvernement. On va appliquer les normes qu’il va fixer, comme on le fait pour la cigarette », dit Bernard Tremblay.

Les cégeps ont banni la vente d’alcool sur les campus de leur propre gré, rappelle-t-il. De la même façon, les établissements et les professeurs ont l’entière liberté d’établir des règles disciplinaires pour interdire de se présenter en classe sous l’influence de l’alcool ou de drogues, souligne la Fédération des cégeps.

« [Au-delà de l’encadrement de Québec], il restera fort probablement des choses qui seront du ressort de chaque établissement, et ça risque d’être uniforme, ajoute-t-il. Chaque établissement va dire : “Tu n’as pas le droit de venir en état d’ébriété pour travailler ou étudier, alors tu ne pourras pas venir intoxiqué par le cannabis.” »


Souplesse

La Fédération des cégeps demande à Québec de faire preuve de « souplesse » dans l’élaboration du projet de loi pour contrer les violences à caractère sexuel sur les campus. « On veut que l’on tienne compte de la particularité des collèges qui sont plus petits », dit Bernard Tremblay. D’accord avec les axes d’intervention de la stratégie gouvernementale, la Fédération n’adhère toutefois pas à toutes ses demandes. « On dit oui à un guichet unique, mais pas nécessairement à un bureau avec des intervenants dedans qui ne font que ça, parce qu’on n’a pas assez d’effectifs pour ça », précise-t-on.
6 commentaires
  • Christine Lavoie - Abonnée 26 août 2017 06 h 45

    A mourir de rire

    Il y a 30 ans, les cégépiens fumaient déjà leurs joints au café étudiant et partout sur le campus. Beaucoup arrivaient donc "gelés' en cours. Et pour avoir échangé avec des cégépiens d'aujourd'hui, c'est encore ce qui se passe maintenant (sauf pour les cafés où personne n'a le droit de fumer quoi que ce soit). Donc la déclaration de la Fédération me fait bien rigoler. L'âge légal pour boire de l'alcool au Québec est de 18 ans. Connaissez-vous beaucoup de jeunes de moins de 18 ans qui attendent cet âge pour boire de l'alcool? Je n'en connais aucun. Tous ont commencé bien avant. Idem pour la marijuana, si vous pensez que les jeunes vont attendre 21 ans pour en consommer, c'est vivre dans l'aveuglement volontaire. Ils vont simplement aller se procurer de la drogue sur le marché noir (où là elle risque d'être vraiment plus nocive et dommageable). Il est plutôt préférable de baisser l'âge légal de consommation et de travailler sur la prévention et l'accompagnement des jeunes consommateurs.

  • Marc Tremblay - Abonné 26 août 2017 10 h 04

    Crainte infondée

    On réagit comme si la légalisation allait augmenter la consommation. Il y a déjà des étudiants qui vont gelés à leur cours et personne en fait un drame.

  • Guy Lafond - Inscrit 26 août 2017 15 h 12

    Un autre projet de loi qui pourrait échouer


    Pourquoi autant d'efforts, de temps et de ressources pour légaliser une drogue qui a été prouvée nocive pour la santé?

    http://www.drogues-dependance.fr/cannabis-effets_e

    Au Canada et ailleurs sur cette planète, nous avons des situations bien plus urgentes à régler:

    - l'accès à l'eau potable pour tous;
    - combattre le réchauffement de l'atmosphère;

    Autrement, le très honorable Justin Trudeau avait promis une réforme du mode de scrutin. Nous savons ensuite su ce qui s'est passé.

    De plus, l'honorable Philippe Couillard n'est pas d'accord avec les échéanciers proposés par le gouvernement fédéral, qui a la partie facile pour l'adoption et la mise en application de la loi qui légaliserait la marijuana.

    Que croyez-vous qu'il va arriver?

    Décidément,

    @GuyLafond
    (Un Québécois d'abord à vélo, parfois à pied et aussi à pied d'oeuvre près de chez vous. Notre façon à nous d'être des Canadiens en forme et équilibrés, n'en déplaise à certains politiciens et chefs d'état.)

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 26 août 2017 18 h 40

      2 Honorables qui n'en finissent plus de se mettre les pieds dans les plats
      et ne réusissent pas a s'en sortir.
      Vous avez raison Guy Lafond ,il y aurait tant a faire de plus important que combattre les "peddleurs" de pot mafieux et insignifiants protégés par la loi.C'est d'une incohérence toxique.

  • Pierre Raymond - Abonné 27 août 2017 10 h 15

    Quelle ouverture !

    « Le gouvernement fédéral détermine le statut légal de la drogue, mais c’est aux provinces de gérer toute la logistique de l’arrivée du cannabis sur le marché licite. »
    J. Nadeau - M. Fortier

    On a pas l'habitude de voir les Fédéraleux céder si facilement des droits aux provinces... surtout au Québec.

    Méfions-nous surtout si nos libéraux provinciaux montrent trop d'empressement
    à obtempérer !

  • Jacques Laroche - Abonné 27 août 2017 10 h 55

    Pas d' objection pour qu'on les bourre de ritalin au primaire par contre.