L’école alternative Rose-des-Vents conserve ses classes à trois niveaux

Des écoliers et des parents de l’école avaient manifesté en juin dernier leur désir de conserver leurs classes à trois niveaux.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des écoliers et des parents de l’école avaient manifesté en juin dernier leur désir de conserver leurs classes à trois niveaux.

Une école alternative du quartier Rosemont peut garder ses classes hors de l’ordinaire, regroupant des élèves de trois niveaux, malgré l’opposition d’un important syndicat d’enseignants de la région montréalaise.

À moins d’une semaine de la rentrée scolaire, le Tribunal administratif du travail (TAT) vient d’ordonner à l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal de mettre fin à sa bataille contre les classes formées d’élèves de trois niveaux. L’école alternative Rose-des-Vents remporte ainsi une victoire inattendue pour préserver le modèle éducatif qui fait sa renommée depuis plus de 30 ans.

Dès la rentrée, lundi prochain, les 200 élèves de cette école primaire de la rue Beaubien Est resteront regroupés en classes uniques à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) : il y aura des groupes formés d’élèves de première, deuxième et troisième années, puis des groupes formés d’élèves de quatrième, cinquième et sixième années.

« C’est une belle victoire. Les enseignants ont mis une énergie et un temps fou pour défendre un projet éducatif auquel ils croient », a réagi Josée Gervais, avocate et mère d’un enfant de l’école Rose-des-Vents. Elle a défendu la position de l’équipe de Rose-des-Vents devant le tribunal administratif.

Dans une décision de 43 pages, le juge administratif Jean Paquette indique que l’Alliance des professeurs « a agi de manière arbitraire et discriminatoire » envers les 12 enseignants de l’école Rose-des-Vents. Le syndicat, qui regroupe plus de 9000 enseignants, a refusé sans justification valable de renouveler une entente qui est à la base même du projet éducatif de cette école depuis 1986. L’Alliance garde le droit de renégocier l’entente l’an prochain, si elle le souhaite, précise le jugement.

La mise en place de ces classes formées d’élèves de trois niveaux nécessite chaque année le feu vert du syndicat, car il s’agit d’une dérogation au contrat de travail des enseignants. L’Alliance des professeurs a refusé au printemps de renouveler l’entente vieille de 30 ans, disant craindre que ces classes se généralisent dans toute la CSDM.

Or, l’école Rose-des-Vents est un cas unique : il s’agit de la seule école de la CSDM où les classes de trois niveaux sont offertes, note le juge Paquette. Il souligne que l’Alliance a mal justifié son refus de renouveler la dérogation pour l’année solaire 2017-2018. Le syndicat a ainsi manqué à son devoir de représentation des douze professeurs de Rose-des-Vents, qui sont tous en faveur des classes multiniveaux.

Après ce jugement de dernière minute, l’école Rose-des-Vents est engagée dans un sprint pour organiser la rentrée scolaire avec des classes de trois niveaux, explique Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM. « On a toujours été d’accord avec les classes de trois niveaux à l’école Rose-des-Vents, dit-elle. C’était super important pour la communauté de l’école, pour les parents et le personnel. Ils y tiennent depuis 30 ans. »

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