Le Conseil des commissaires refuse les transferts

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, affirme ne pas pouvoir commenter les cas individuels puisqu’il s’agit de dossiers confidentiels.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, affirme ne pas pouvoir commenter les cas individuels puisqu’il s’agit de dossiers confidentiels.

Les parents « frontaliers » qui réclament depuis des mois le droit d’envoyer leurs enfants à l’école secondaire la plus près de chez eux, dans une commission scolaire voisine, se sont vu servir un ultime refus du Conseil des commissaires de la CSDM mercredi soir.

Il est 23 h 30. Une quinzaine de parents font le pied de grue à la porte du Conseil des commissaires. À l’intérieur, les commissaires discutent à huis clos du dossier de quatre d’entre eux.

Plusieurs parents, qui ont déjà obtenu leur entente extraterritoriale au printemps, sont là en soutien. Ils trouvent la situation « injuste », car les parents qui attendent une réponse ce soir n’ont pu bénéficier, comme eux, de l’aide de la protectrice de l’élève. Comme le révélait Le Devoir plus tôt cette semaine, cette dernière a refusé de s’occuper de leurs cas après avoir été blâmée en avril dernier par le Conseil des commissaires. Les parents ont plutôt été orientés vers le comité de révision, composé de trois commissaires.

La porte s’ouvre, le verdict tombe. Plutôt que d’aller à l’école de leur choix, à quelques minutes de marche de chez eux, leurs enfants devront faire 45 minutes de transport en commun pour aller à l’école qui leur est assignée par la CSDM.

Ils brandissent des bannières sur lesquelles on peut lire « Injustice, discrimination, incohérence » et quittent la salle, déçus. « À l’an prochain », lance une maman.

« Comment vais-je expliquer à mon fils que ce n’est pas la même justice pour tous, que son ami, qui habite à côté et qui est dans la même classe que lui, pourra aller à l’école voisine, mais pas lui ? » soupire Nancy McLean.

« Ma fille a passé le test pour faire le programme de robotique à l’école Monseigneur-Richard. C’est son rêve. Et là, pour des raisons qu’on ne comprend pas trop, on vient lui dire que son choix, que ses rêves, ça ne compte pas », se désole Stéphane Stanimirow.

« Je ne comprends rien, laisse tomber à son tour Rosa Paula Manariyo. J’ai cinq enfants, mes deux fils vont à Monseigneur-Richard. Ma fille devra se détacher de ses frères et aller à l’école Honoré-Mercier, une école à l’autre bout de la ville. Si elle décroche, ils seront responsables. »

Pas un argument valide

Les parents envisagent de porter le dossier au protecteur du citoyen et de poursuivre leurs démarches à l’Assemblée nationale.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, affirme ne pas pouvoir commenter les cas individuels puisqu’il s’agit de dossiers confidentiels, mais elle répète que la proximité n’est pas une raison valable pour accorder une entente extraterritoriale. Ainsi, les parents peuvent changer de commission scolaire si une école dispose d’un programme qui n’a pas d’équivalent à la CSDM ou pour des raisons humanitaires. Elle précise qu’une demande, qui n’a pas été traitée publiquement au Conseil des commissaires mercredi, a d’ailleurs été acceptée pour cette raison.

« On a 56 kilomètres qui longent le territoire de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et 26 kilomètres avec la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île. Si on ajoute le critère de proximité, on ouvre la porte à des centaines de demandes, c’est pourquoi on fait du cas par cas », résume Mme Harel Bourdon.

Ayant refusé la veille de répondre aux questions du Devoir sur l’indépendance de la protectrice de l’élève, Catherine Harel Bourdon se défend aujourd’hui d’être « intervenue » auprès de celle-ci dans le dossier des frontaliers. « La protectrice de l’élève a le choix de prendre des dossiers ou de ne pas prendre des dossiers. Elle en refuse des centaines par année, ce n’est pas spécifique aux gens du Sud-Ouest », répond la présidente.

La CSDM en «croissance»

Après des années de compressions et de rationalisation pour arriver à l’équilibre budgétaire, la Commission scolaire de Montréal parle désormais de « développement et de croissance ». Le budget 2017-2018, qui totalise 1094,5 millions, a été adopté à la majorité malgré de vives critiques au Conseil des commissaires mercredi soir. La CSDM est notamment allée chercher 6,2 millions de plus en revenus de location de ses immeubles — hausses fortement contestées par les organismes communautaires qui en font les frais — et grâce à une baisse considérable des dépenses administratives, qui sont passées de 35 % en 2012-2013 à 3 % des dépenses totales de la CSDM.
2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 23 juin 2017 10 h 28

    C'est vrai que «le Québec est fou de ses enfants»

    N'est-ce pas madame Harel Bourdon?

    À moins que ce soit le contraire.

    Où ce qui y ressemble.

    Et que ce soit plutôt, que le Québec se fout de ses enfants!

  • Bernard Terreault - Abonné 23 juin 2017 12 h 55

    Cela prouve

    que la subdivision en Commisions scolaires est artificielle, elle ne permet pas d'aller à l'école le plus proche. D'ailleurs leur financement basé sur la richesse foncière favorise les villes riches alors que ce sont les secteurs pauvres qui auraient plus de besoins.