Fatigués de la cohabitation forcée

De nombreux groupes communautaires, hébergés dans les locaux de la CSDM, ont manifesté mercredi soir leur mécontentement devant les hausses de loyer imposées.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir De nombreux groupes communautaires, hébergés dans les locaux de la CSDM, ont manifesté mercredi soir leur mécontentement devant les hausses de loyer imposées.

Le conseil d’établissement et les élèves de l’école secondaire Louis-Riel, dans Mercier, demandent à la Commission scolaire de Montréal de ne pas leur imposer une nouvelle « cohabitation forcée ».

« On veut récupérer notre école », plaide François Racicot, un élève de Louis-Riel venu manifester son désaccord devant le centre administratif de la Commission scolaire de Montréal, où le conseil des commissaires siégeait mercredi soir.

« À la cafétéria, on est obligé de se battre pour avoir une place sur l’heure du midi. Et dans certaines classes, on est tellement tassés que nos pupitres nous rentrent dans le ventre et qu’on a le pupitre du voisin dans le dos », illustre le jeune homme.

Depuis cinq ans, l’école accueille les jeunes de l’école primaire Baril, qui ont dû être déplacés en raison de l’état de décrépitude avancée de leur propre école. À l’approche de la fin de cette cohabitation, le conseil des élèves s’est mis à rêver de reprendre ces locaux pour améliorer la qualité de vie des jeunes. « On avait plein de projets, mais tout ça est tombé à l’eau avec la nouvelle annonce de la CSDM », explique Islam Shariful, élève de 3e secondaire et porte-parole du conseil des élèves.

En novembre dernier, le Conseil d’établissement avait demandé à récupérer les locaux « afin de retrouver des conditions acceptables pour nos enfants et le personnel de l’école », peut-on lire dans la pétition, qui compte plus de 1200 signatures, déposée au conseil des commissaires par le conseil d’établissement.

Or, la commission scolaire a plutôt l’intention d’y déplacer les adultes du centre Tétreaultville dès septembre prochain. « On ne nous a jamais demandé notre avis, dénonce Islam Shariful. Nous ne sommes pas des chiffres, nous sommes des humains et nous avons besoin de nos locaux pour réussir », a-t-il plaidé devant les commissaires.

« C’est une décision unilatérale, les besoins des élèves n’ont pas été pris en considération, dénonce à son tour Dominique Lalonde, du comité de parents. C’est un abus grave et une mauvaise gestion de la CSDM. »

« Je suis abasourdi et attristé de ne pas trouver le type de solidarité spontanée », a répondu le commissaire Kenneth George, sous les huées discrètes de certains parents. Le responsable des ressources matérielles de la CSDM a soutenu que le taux d’occupation était respecté et qu’il y avait encore de la place.

Par ailleurs, de nombreux groupes communautaires, hébergés dans les locaux de la CSDM, ont également plaidé leur cause pour contester les hausses de loyer fulgurantes qui leur sont imposées. Ces derniers veulent forcer la négociation et refusent en bloc de signer le renouvellement du bail.

« Nous ne signerons pas pour juillet 2017, on veut négocier », a affirmé avec aplomb Karine Triollet, porte-parole du collectif d’organismes logés par la commission scolaire, à la présidente Catherine Harel Bourdon.

« Si on pouvait maintenir les mêmes taux, on le ferait, mais on ne peut pas, sinon on mettrait en péril les bâtiments que vous habitez », leur a répondu la présidente.

La CSDM a fait une proposition pour demander l’aide de Montréal afin de trouver des espaces abordables pour les groupes communautaires.