Écoles de minorités linguistiques: Ottawa doit faire mieux

Le président du Comité permanent des langues officielles, le député libéral Denis Paradis
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le président du Comité permanent des langues officielles, le député libéral Denis Paradis

Le gouvernement fédéral échoue à son devoir constitutionnel d’aider les parents canadiens à exercer leur droit d’envoyer leurs enfants dans les écoles de la minorité linguistique, tranche un comité des Communes.

Le Comité permanent des langues officielles a recommandé mardi à Ottawa de prendre des mesures pour éviter de se retrouver en contravention avec la Charte canadienne des droits et libertés en ce qui a trait au respect des prérogatives des ayants droit.

L’une des pistes de solution est de modifier le questionnaire du recensement, l’outil de Statistique Canada qui permet de recueillir les données nécessaires justifiant la demande de services éducatifs dans la langue de la minorité.

« Le comité est d’avis que le gouvernement du Canada doit corriger cette lacune en vue du recensement de 2021 », a déclaré par communiqué le président du comité, le député libéral Denis Paradis.

« Il s’agit d’un problème qui dure depuis trop longtemps et qui pose un important préjudice aux communautés de langue officielle en situation minoritaire, car il touche au cœur même de la vitalité des communautés, c’est-à-dire les écoles », a-t-il poursuivi dans la même déclaration.

Selon des témoins qui ont comparu devant le comité, la responsabilité de dénombrer les ayants droit revient au fédéral. Et depuis des décennies, leur nombre est largement sous-estimé, a plaidé mardi la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF).

« Le potentiel d’ayants droit n’est pas dénombré. Ça veut dire qu’on a moins d’élèves dans les écoles [minoritaires linguistiques]. Et si on a moins d’élèves dans nos écoles, ç’a un effet sur la vitalité et la pérennité dans nos milieux », a dit son directeur général, Roger Paul.

« C’est démotivant, et quand c’est démotivant, les enfants, les parents, décident de grossir les rangs de la majorité. Et c’est ce qui crée de l’assimilation », a-t-il enchaîné en point de presse au parlement.

Le problème du sous-dénombrement des ayants droit n’est cependant pas exclusif aux 28 conseils et commissions scolaires francophones et acadiens en contexte minoritaire que représente la FNCSF.

Au Québec, la minorité anglophone doit composer avec le fait que le recensement de la population canadienne « ne recueille aucune donnée permettant de dénombrer les enfants admissibles aux écoles de la minorité anglophone », note le comité dans son rapport.

Le Comité permanent des langues officielles formule dans ce document un total de six recommandations, dont des suggestions de questions à modifier ou encore à ajouter dans les futurs formulaires du recensement.


3 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 10 mai 2017 06 h 39

    Identité linguistique et environnementale

    Bonne idée que celle d'ajouter des questions dans les futusr formulaires du recensement!

    En effet et contrairement aux É.U", le Canada est un pays officiellement bilingue.

    Et les anglophones et francophones du Canada doivent poursuivre leur mission de cultiver la bonne entente entre leurs deux groupes linguistiques d'un océan à l'autre.

    Et je crois sincèrement que les francophones du Canada, plus particulièrement ceux du Québec devraient exercer plus de leadership dans ce pays étant donné l'excellente discipline et la transparence dont ils font preuve, étant donné aussi tous les efforts qu'ils font plus particulièrement pour diminuer leur empreinte carbone (e.g. au Québec, une économie qui est basée en majorité sur l'hydro-électricité et sur d'autres énergies propres).

    De quoi inspirer d'autres pays comme l'Arabie saoudite, Israël et l'Iran.

    Respectueux d'un développement plus durable et pacifique,

    (Un Québécois à vélo et à pied d'oeuvre sur cette magnifique planète, la Terre)

    • Gilles Théberge - Abonné 10 mai 2017 11 h 03

      Ha ha ha!

      «Et les anglophones et francophones du Canada doivent poursuivre leur mission de cultiver la bonne entente entre leurs deux groupes linguistiques d'un océan à l'autre».

      Où avez-vous trouvé du si bon «tabac» monsieur Lafond...?

  • Gilles Théberge - Abonné 10 mai 2017 09 h 44

    Hé bien au Québec les ayant droit ne seraient pas bien comptés...

    Quelle injustice! Quelle horreur!

    Mais comptez-les parbleu, nous pourrions avoir doit à une quatrième université anglophone qui sait!