Pierre Lavoie deux fois plutôt qu’une

L’enveloppe de 8 millions permettra de libérer une personne pour organiser l’heure d’activité sportive prévue.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’enveloppe de 8 millions permettra de libérer une personne pour organiser l’heure d’activité sportive prévue.

En plus du projet Lab-école, le ministère de l’Éducation donne à Pierre Lavoie le mandat d’implanter une heure additionnelle d’activité physique par jour dans les écoles primaires et de faire des animations dans les services de garde.

Le Grand défi Pierre Lavoie (GDPL) est déjà présent dans le monde de l’éducation avec son programme de Cubes énergie auquel les enseignants se sont joints en masse depuis 2009. Ce programme a même fait des petits à l’étranger, notamment en France et aux États-Unis.

Or, c’est la première fois qu’on donne au GDPL un mandat gouvernemental et qu’il reçoit autant d’argent public (2 millions), concède le principal intéressé. « Parce que nous, 90 % de notre financement, c’est du privé », a-t-il expliqué lundi à l’occasion d’une conférence de presse du ministère de l’Éducation.

Ces deux mandats s’ajoutent à Lab-école, un projet-pilote du ministère auquel participera M. Lavoie aux côtés de Ricardo Larrivée et Pierre Thibault visant à penser l’école de demain.

« Monsieur Lavoie a déjà énormément de crédibilité dans les écoles. Le groupe du GDPL connaît les besoins dans les écoles, a des projets adaptés pour eux », a expliqué le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx en marge de l’annonce lundi. « On a décidé de travailler avec eux parce qu’ils nous ont présenté un projet qu’on a décidé de finaliser ensemble. »

Une heure de sport

Le projet dans les écoles s’appelle Force 4 et comprend une enveloppe totale de 8 millions, dont 6 millions iront aux écoles. L’argent permettra de libérer une personne — probablement le ou la professeur(e) d’éducation physique — pour organiser l’heure d’activité sportive. Le GDPL fournira aux écoles participantes un cadeau de lancement composé d’articles de sport, un soutien aux enseignants pour lancer le programme, une web télé qui diffusera chaque jour une « capsule pour faire bouger les jeunes en direct » et la chance de gagner « La grande récré » à la fin de l’année, soit une journée d’activités à l’extérieur.

Quant au projet en CPE, il s’agit d’une variante de la formule des Cubes énergie qui consiste à faire la tournée des services de garde dans un véhicule « spécialement aménagé » avec des « ateliers ludiques et interactifs ». Baptisé la « Tournée mini-cube », il a pour but d’inculquer aux petits « les bases d’un mode de vie sain dès le plus jeune âge ».

Réticences

Dans le milieu de l’Éducation, on se garde bien de critiquer M. Lavoie, mais on s’interroge.

« On ne peut pas être contre la vertu », note la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, qui ajoute que « c’est merveilleux » que des gens de l’extérieur du réseau de l’éducation y contribuent.

Or, ajoute-t-elle, le milieu scolaire se sent un peu mis de côté et n’a d’ailleurs pas été invité à l’annonce de lundi. « M. Proulx est très ouvert à des personnes de grande notoriété », observe-t-elle en ajoutant que le secteur privé n’est pas sujet à la même « reddition de comptes » que le milieu scolaire.

Le programme n’est pas obligatoire, mais on s’attend à ce que 450 écoles s’en prévalent dès cette année. « Chaque école qui lève la main recevra financement et équipement pour faire une activité parascolaire », a expliqué M. Lavoie. Son équipe, qui a eu l’idée de ce projet, va notamment apporter son support à l’école via la diffusion web et bientôt tenir des « focus groups avec les enseignants en éducation physique sur le terrain » afin de « trouver une façon de l’intégrer à l’école ».

Au moins 450 écoles

Le ministre Proulx espère qu’à terme l’ensemble du réseau se joindra au mouvement. « Il y en a 2140, des écoles au Québec, alors assez rapidement on pense qu’on sera capable d’atteindre une grande majorité d’entre elles. Ceci dit, ce ne sont pas tous les milieux qui sont prêts. »

Les projets Force 4 et Tournée mini-cubes s’inscrivent dans la première Politique de l’activité physique, du sport et du loisir du gouvernement du Québec, qui est assortie d’une enveloppe de 64 millions sur trois ans en plus de fonds pour les infrastructures. Outre les mesures décrites plus haut, la Politique vise à remettre en état les gymnases, à soutenir le sport d’élite et à améliorer la qualité de l’offre d’activités de plein air.

Dans le passé, le gouvernement se contentait de campagnes de sensibilisation, comme « Vas-y, fais-le pour toi », en 2007, initiative à laquelle on avait associé un personnage bleu qui n’avait pas fait l’unanimité.

La Politique de l’activité physique, du sport et du loisir vise à faire passer de 59 à 79 % la proportion de jeunes (6-11 ans) qui font des activités physiques dans leurs temps libres. Chez les ados (12-17 ans), on voudrait voir la proportion passer de 44 à 64 %.

4 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 4 avril 2017 10 h 28

    ON NE CONSTRUIT RIEN SANS LES OUVRIERS

    « Le ministère de l’Éducation donne à Pierre Lavoie le mandat d’implanter une heure additionnelle d’activité physique par jour dans les écoles primaires. »

    Lavoie entend « utiliser » les deux périodes de 15 min. de récréation par jour pour atteindre l'heure ciblée...

    Sauf que...
    Les enseignantes et enseignants débordent de tous bords et tous côtés, à en devenir malades.

    Alors il va faire quoi, Lavoie?
    Présenter son projet, puis dire que si cela ne marche pas, c'est leur faute?
    Allumer un feu de paille?
    Leur santé, à elles et eux, enseignantes et enseignants, elle est secondaire?
    20 % décrochent dans les 5 premières années : c'est quoi la cible de LEUR cube? Porter ce nombre à 30?

    La construction est à l'envers du bon sens : on commence par et en principe par sonder les réalités et par aller chercher l'expertise des milieux.
    On élabore des solutions qui ne sont pas parachutés d'en haut, d'une entreprise privée à « but non lucratif », sans redevance formelle à l'organisation publque.
    C'est cela le développement durable!

    • Patrick Daganaud - Abonné 5 avril 2017 10 h 32

      Correction : il faut lire...
      « On élabore des solutions qui ne sont pas parachutées d'en haut...»

  • Robert St-Onge - Inscrit 5 avril 2017 00 h 31

    La competance

    M Proux, c'est un ancien de la CAQ. Ses enfants sont au privé et lui aussi. ­"Le ministère de l’Éducation donne à Pierre Lavoie le mandat d’implanter une heure additionnelle d’activité physique par jour dans les écoles primaires". Faut croire que le ministre (humble serviteur au publique) ne se croit pas compétant pour assumer lui-même un aussi important mandat. Lui même et son ministère n'ont surement plus les ressources nécessaire pour relever un telle défie, surtout après des années pour ne pas dire des décennies de coupures plutôt irréfléchie.

  • Pierre Michaud - Inscrit 6 avril 2017 16 h 53

    La solution passerais de cesser le financement au privé

    En cessant le financement des écoles privées on trouveraient forcément le financement qui manque cruellement aux écoles publiques.