Les syndicats des enseignants outrés par le projet Lab-école

Les syndicats estiment que des investissements plus importants devraient être faits en priorité. À titre d'exemple, la Fédération autonome de l’enseignement a cité le cas de certaines écoles à Montréal.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Les syndicats estiment que des investissements plus importants devraient être faits en priorité. À titre d'exemple, la Fédération autonome de l’enseignement a cité le cas de certaines écoles à Montréal.

Le mandat en éducation donné à Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie est perçu comme une insulte par les syndicats d’enseignants qui voient dans les fonds du projet Lab-école de l’argent mal investi.

« Ils trouvent des millions pour permettre à trois vedettes de se promener en avion partout dans le monde et venir nous faire la leçon, alors qu’il y a des écoles où les toits coulent », dit Sylvain Mallette de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).« Ils vont venir nous dire que ça prend des écoles mieux aménagées, ouvertes sur la nature, où on crée des espaces de collaboration. On le sait, tout ça. »

À la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), on n’en pense pas moins. « On a reçu ça comme une claque en plein visage », a réagi la vice-présidente, Sylvie Théberge. Tout en soulignant qu’elle n’a rien contre messieurs Larrivée, Thibault et Lavoie, elle conclut que, « pour le ministre, le poids des enseignants, ça ne vaut pas celui des vedettes ».

Rappelons que le journal La Presse révélait jeudi que le ministre avait mobilisé Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie dans un projet de 1,5 million(*) visant à repenser l’aménagement des écoles pour donner le goût aux enfants d’apprendre.

Jeudi, le ministre a précisé qu’il n’en avait pas « que pour les vedettes » et que des représentants du milieu de l’enseignement seraient aussi consultés. « Ce que je veux, c’est mettre des gens en commun qui sont passionnés, qui ont des idées, des rêves, des expériences différentes et qui ont envie de doter le Québec des plus belles écoles. […] Ils sont beaucoup plus nombreux que ce que vous avez pu voir ce matin. »

Même son de cloche du côté des principaux concernés. « Nous, on voit ça comme un projet d’unification, assure Ricardo Larrivée en entrevue avec Le Devoir. On le sait à quel point c’est difficile en ce moment dans les écoles. Ce qu’on veut, c’est travailler pour les enfants, pour les enseignants. On veut trouver une façon d’améliorer la qualité de vie de tout le monde. » Et surtout, ajoute-t-il, « on veut travailler avec eux ».

Le ministre affirme en outre que ce sont les trois hommes qui l’ont sollicité pour offrir leur aide. « Ce sont des gens qui sont venus à nous », a-t-il dit en ajoutant qu’ils avaient envie de contribuer par leurs expériences et leurs idées et qu’ils n’étaient « pas là pour des contrats, mais pour l’avancement des idées ».

M. Larrivée précise par ailleurs que l’argent servira spécifiquement à la conception des projets à venir. « Avant même d’aller voir les gens du ministère, nous avons fondé un organisme à but non lucratif, insiste-t-il.

Les gens qui recevront cet argent sont ceux qui vont être consultés, qui vont travailler sur les différents projets. On ne va pas utiliser ces montants-là pour aller faire du yoga à Copenhague, lance l’homme d’affaires. Et si on est amené à voyager, on va payer nos billets. »

Si le rôle de Pierre Thibault est assez défini (il s’agit de repenser l’architecture et l’aménagement des écoles), celui des deux autres l’est moins, et le ministre n’a pas voulu en dire plus jeudi. Selon son cabinet, des annonces à ce propos sont à prévoir ce printemps.

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(*) Veuillez noter que, dans une première version, le texte indiquait un montant erroné de 5 millions.

Avec Florence Sara G. Ferraris

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