Déménagement forcé pour les employés de la CSDM

Un important dégât d’eau survenu au troisième étage, en janvier, a causé des dommages jusqu’au rez-de-chaussée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un important dégât d’eau survenu au troisième étage, en janvier, a causé des dommages jusqu’au rez-de-chaussée.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a entrepris de sortir tous ses employés de son siège social de la rue Sherbrooke Est, qui a besoin d’importantes rénovations totalisant plus de 50 millions de dollars — deux fois et demie la valeur foncière du bâtiment.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un système de ventilation temporaire a été aménagé. La ventilation régulière a été fermée pour éviter de répandre dans l’air des particules d’amiante qui se trouvent dans les plafonds. Robert Gendron, directeur général de la CSDM, et Guillaume Geoffroy, cadre à la Commission scolaire, accompagnent le journaliste du «Devoir».

Les 766 employés de la Commission scolaire seront relocalisés au cours des prochains mois pour une durée estimée entre deux et six ans, a appris Le Devoir. La CSDM a lancé un appel de propositions pour louer au moins 17 000 pieds carrés d’espace de bureau. L’organisme occupe 24 000 pieds carrés à l’heure actuelle.

La plus grande commission scolaire du Québec doit prendre cette mesure exceptionnelle après avoir commandé une enquête à la Direction de santé publique de Montréal. « L’état de santé du personnel du siège social est préoccupant », ont conclu les médecins de la DSP dans leur rapport daté du 27 octobre 2016.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ces locaux sont scellés sous pression négative pour garder en place l’air contaminé par l’humidité.

« Les problèmes du bâtiment et de la santé sont généralisés dans l’ensemble du centre administratif et de l’annexe. […] Les proportions d’asthme, d’infections des voies respiratoires inférieures, des sinusites, des otites ainsi que des symptômes nasaux et oculaires rejoignent celles documentées dans les milieux aux prises avec des problèmes d’infiltration d’eau, de condensation et de moisissures. »

La DSP n’est pas allée jusqu’à recommander l’évacuation du siège social. Mais, sans travaux essentiels à court terme, les deux édifices sont si mal en point qu’ils présenteraient un risque pour la santé des occupants.

C’est pour faire ces travaux que la CSDM a décidé de déménager tous ses employés. Les rénovations à effectuer sont tellement importantes qu’il est pratiquement impossible de garder les employés en place durant les travaux, explique-t-on.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un système de ventilation a été ajouté dans l’annexe située derrière le bâtiment principal.

Appel à Québec

Les premières analyses viseront à déterminer l’ampleur des dégâts dans les deux bâtiments inaugurés en 1960, qui ont été mal entretenus. Les scénarios envisagés à moyen et à long terme sont les suivants : réhabiliter complètement le siège social et l’annexe ; construire un nouvel édifice ; utiliser d’autres bâtiments vacants de la CSDM ; ou louer des bureaux.

Chacun de ces scénarios coûte plus de 50 millions de dollars, confirme la CSDM. La Commission scolaire prépare un dossier qui sera soumis au ministère de l’Éducation dans le but d’inscrire le projet dans le Plan québécois des infrastructures. En attendant la solution permanente, la CSDM réclame l’aide de Québec pour la location des bureaux.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des prises d’air ont été aménagées dans les fenêtres du siège social pour alimenter un système de ventilation temporaire.

« J’espère qu’on aura le financement. On est en pourparlers avec le ministère. On aura des baux à signer. Il est hors de question que ce soit lié à notre budget de fonctionnement actuel », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM. Elle rappelle que l’organisation a fait le ménage dans ses frais administratifs, qui représentent désormais 3,4 % de son budget de 1,06 milliard de dollars. Près d’un poste sur cinq a été aboli dans les services centraux au cours des cinq dernières années.


 
2 commentaires
  • Yvon Robert - Abonné 6 mars 2017 10 h 33

    Vite en tutelle

    Après les écoles, c'est le centre administratif qui tombe en ruine.
    Avec plus de 700 fonctionnaires, l'état de Californie en compterait environ 400, des coûts de système exagérés selon deux rapports, qu'attend le ministre pour mettre cette commission scolaire en tutelle?

  • François Laforest - Abonné 6 mars 2017 16 h 03

    Pendant ce temps sur le Plateau...

    Un vieil édifice, une ancienne école fort joliment renové, voué à l'administration pour nos chers bureaucrates, trône sur Brébeuf près de St Joseph. Un édifice où les administrateurs se perdent dans moult locaux surdimensionnés pour gérer les ''vraies affaires" comme le RAC, les cours aux étudiants étrangers et autres trucs si bien administrés...Permettez, je verse une larme sur la tutelle prochaine de la "bébelle".