Comment aborder la diversité religieuse

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Le Centre d’études du religieux contemporain organise une formation d’été intitulée «Milieux de pratique et diversité religieuse».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Centre d’études du religieux contemporain organise une formation d’été intitulée «Milieux de pratique et diversité religieuse».

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Comme l’observe Lorraine Derocher, le fait religieux nous touche tous. « Par exemple, dit-elle, si je suis une intervenante en milieu hospitalier ou à l’école, comment dois-je me comporter face à un parent qui châtie son enfant au nom de valeurs religieuses ? »

C’est pourquoi le Centre d’études du religieux contemporain de l’Université de Sherbrooke organise une formation d’été intitulée : « Milieux de pratique et diversité religieuse ».

Cette formation se déroulera du 12 au 16 juin au Campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke. « Nous nous adressons spécialement aux professionnels et aux intervenants de différents milieux de pratique », précise la coordonnatrice de cette École d’été. Mme Derocher est professeure associée au Centre d’études du religieux contemporain, où elle s’intéresse plus particulièrement à la protection de la jeunesse dans les sectes.

L’École d’été sera en outre reprise en septembre à l’intention des enseignants du secondaire. « Nous offrirons la même formule, mais sur le thème : Diversité religieuse en milieu scolaire », précise-t-elle.

Le Centre d’études du religieux contemporain rassemble des chercheurs de différentes facultés qui s’intéressent à la diversité religieuse en fonction de leur discipline. « On a par exemple des juristes qui se penchent sur les accommodements raisonnables et la liberté de religion, illustre Mme Derocher, ou encore des chercheurs en travail social qui se consacrent à l’interculturel et aux religions. »

Cinq jours de réflexions en juin

Ce Centre donnera ainsi une formation de deuxième cycle universitaire (maîtrise) directement reliée aux milieux de pratique. « Nous offrons une formation très concrète, indique la coordonnatrice, c’est-à-dire : comment on peut, en tant qu’intervenant, appliquer les résultats de la recherche dans notre milieu de travail. »

Au premier jour de la formation, Lorraine Derocher présentera la classification des groupes religieux — comment s’y retrouver dans le grand nombre de groupes et de sectes religieux — en plus de faire le portrait démographique du phénomène religieux à travers le Canada.

La deuxième journée sera consacrée au milieu hospitalier. Une chercheuse parlera de la place de la religion dans l’intervention de première ligne. « Ou comment les intervenants doivent s’adapter aux diverses réalités », explique Mme Derocher. Ensuite, une infirmière spécialisée en oncologie traitera de la santé et des croyances. « En fin de vie, les gens ont toute sorte de croyances, souligne-t-elle. Comment les intervenants doivent-ils en tenir compte ? » Enfin, une juriste parlera de la fin de vie médicalisée au regard de la diversité religieuse, comment ça se passe sur le terrain.

La troisième journée sera consacrée au droit. Une juriste traitera des accommodements raisonnables et de la liberté de religion, alors que des représentants de la Commission des droits de la personne et de celle des Droits de la jeunesse démystifieront l’application de ceux-ci ; dans quels cas une demande d’accommodements raisonnables est-elle recevable… de la part d’un employé, d’une personne handicapée ou d’un croyant ? Et comment procède-t-on par la suite ?

Le quatrième jour est consacré à la protection de la jeunesse. Une criminologue traitera des fondamentalistes qui appliquent à la lettre ce que stipulent leurs livres sacrés. « Qu’est-ce que la protection de la jeunesse peut faire dans ces cas-là ? » résume Lorraine Derocher. Pour sa part, celle-ci traitera de la protection de la jeunesse dans les communautés très fermées. On abordera aussi la radicalisation chez les jeunes, autant en matière de prévention que des outils disponibles pour les intervenants.

Enfin, la dernière journée abordera l’angle de la psychologie, notamment : qu’est-ce qui fait que quelqu’un s’affilie — se convertit à une certaine religion —, mais peut aussi s’en désaffilier ? On parlera aussi de la prise en compte de la dimension spirituelle des personnes en suivi psychologique. « Cette dimension peut faire une différence positive dans le cadre d’un suivi psychologique », explique Mme Derocher.

Les jeudis 23 février et 16 mars, celle-ci donnera deux séances d’information au Campus de Longueuil, où elle expliquera en détail l’École d’été sur les Milieux de pratique et diversité religieuse.