Une école à Montréal, l’autre à Prague

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Vue de Prague, en République tchèque
Photo: Joe Klamar Agence France-Presse Vue de Prague, en République tchèque

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La 9e École d’été sur l’agriculture urbaine de l’UQAM, organisée par le Laboratoire d’agriculture urbaine (AU/LAB) en collaboration avec l’Institut des sciences de l’environnement du l’UQAM (ISE), se tiendra cet été à Montréal du 14 au 18 août.

Le thème retenu cette année est le rôle de l’agriculture urbaine dans la réappropriation par le citadin de l’espace et de l’agriculture en ville. « Nous avons divisé le thème en trois volets, explique Éric Duchemin, co-coordonnateur de l’événement et professeur associé au AU/LAB et à l’ISE de l’UQAM. Le premier volet s’appelle Jardiner chez soi et s’adresse donc aux individus qui veulent s’engager ou qui sont déjà engagés dans un projet personnel d’agriculture urbaine. Le second volet, intitulé Jardiner collectivement, se penchera sur les différentes initiatives en jardinage collectif. On pense d’abord aux jardins communautaires, mais depuis quelques années, on voit de plus en plus d’organismes populaires mettre à la disposition des citoyens des outils pour leur rendre plus accessible le jardinage collectif. Cultiver la ville est le troisième volet. Il s’intéresse à la production agricole commerciale en milieu urbain. »

Cet été, comme ce fut le cas les dernières années, le nombre de participants oscillera autour de 200. « C’est le nombre idéal de participants si l’on tient à conserver la cohésion du groupe. Il ne faut pas oublier que l’une des missions de l’École d’été sur agriculture urbaine est de créer un espace de discussion et de réseautage. » Si la majorité des participants sont des Québécois, en provenance de plusieurs régions du Québec et pas seulement de Montréal, 40 % des participants proviennent de l’étranger. « La majorité d’entre eux sont de France et de Belgique, mais nous en accueillons maintenant d’Amérique du Sud et même d’Afrique. »

Les participants qui s’inscrivent à l’École d’été sur agriculture urbaine doivent choisir un volet en particulier. « Il y a, bien sûr, un tronc commun, composé essentiellement de la formation théorique, avec panels et conférenciers, et des activités sociales communes. Mais chaque volet offre aussi une formation pratique, propre à chaque volet, et accompagnée de visites sur le terrain pour voir de plus près des projets en agriculture urbaine. »

Un des objectifs de l’École d’été sur l’agriculture urbaine — c’est le cas aussi de l’AU/LAB — est de favoriser l’émergence de l’agriculture urbaine et de contribuer à la reconnaissance des projets en agriculture urbaine. « Les participants viennent à l’École d’été pour obtenir ou parfaire une formation, mais lorsqu’ils retournent dans leurs milieux de vie, c’est avec l’intention d’y lancer ou de poursuivre un projet d’agriculture urbaine. Il faut comprendre que l’agriculture urbaine n’est pas anecdotique, c’est une façon de transformer la ville, et par conséquent la société. » On se renseigne à ecoleagricultureurbaine.org.

Et maintenant en République tchèque

L’UQAM, en collaboration avec l’Université Charles, la plus ancienne et la plus importante en Europe centrale, organise du 7 juin au 7 août à Prague une École d’été en cinéma et en création médiatique. Cette école d’été est ouverte aux étudiants de l’École des médias de l’UQAM et le responsable est Denis Chouinard, professeur à l’École des médias et réalisateur québécois à qui l’on doit les longs métrages Clandestins, L’ange de goudron et Délivrez-moi.

De prime abord, le choix de Prague peut surprendre, bien que la capitale soit une ville reconnue pour sa culture. Mais le cinéphile comprendra aisément que ce choix est judicieux étant donné la qualité de la production cinématographique tchèque. De nombreux cinéastes tchèques, comme Milos Forman, Ivan Passer, Jiri Menzel et Vera Chitylova, ont fait briller le cinéma tchèque à l’international. Rappelons aussi que le cinéma tchèque a connu dans les années 1960, avec des films comme Trains étroitement surveillés de Jiri Menzel et Au feu les pompiers ! de Milos Forman, une véritable « Nouvelle Vague ».

Au cours de leur séjour, les étudiants pourront profiter de deux cours hors programme, crédités à leur cursus scolaire. Le premier cours porte sur le cinéma tchèque. Les étudiants visionneront et analyseront certains des grands films tchèques et ils auront aussi des rencontres et des discussions avec des réalisateurs et des artisans du cinéma tchèque actuel. « Au fil des ans, ce cinéma a toujours su témoigner, souvent avec humour et poésie, des grands bouleversements politiques et sociaux qui ont marqué les peuples tchèque et slovaque », souligne Denis Chouinard, qui sera responsable de ce cours en collaboration avec David Cenak, professeur à l’Université Charles.

Le second cours est un atelier de création médiatique multiplateforme et sera sous la supervision de Loïc Guyot, professeur à l’École des médias. Ce dernier sera assisté de Jean Pelletier, animateur pédagogique et chargé de cours. L’objectif du cours est de créer des oeuvres médiatiques ainsi qu’un portail Web en combinant le cinéma, la télévision, le journalisme et les arts médiatiques afin de témoigner de la culture tchèque. « Les étudiants sillonneront la ville millénaire de Prague et témoigneront de sa richesse culturelle et historique en travaillant à des productions médias et aux différentes déclinaisons du portail Web », précise Denis Chouinard. Les projets seront discutés en classe et le projet final sera présenté au public à l’Université Charles. Notons aussi que les étudiants seront logés dans le pavillon principal de l’Université Charles, situé au coeur du vieux quartier de Prague.

Renseignements à www.prague.uquam.ca