Accorder les arts avec l’été

Catherine Girouard Collaboration spéciale
Depuis près de 30 ans, des centaines de jeunes déambulent entre les murs du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) durant l’été, mais pour une semaine complète d’activités.
Photo: Michel Dubreuil Depuis près de 30 ans, des centaines de jeunes déambulent entre les murs du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) durant l’été, mais pour une semaine complète d’activités.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été 2017 - Écoles et camps

« L’été, l’été, l’été, c’est fait pour jouer », fredonnaient Cannelle et Pruneau dans Passe-Partout. Mais l’été, c’est aussi le temps de chanter, de danser, de pianoter, de claironner ou de se promener dans les musées. Présentation de quelques camps de jour en arts qui feront vibrer la fibre artistique des enfants et adolescents.

« Un jeune qui regarde un match des Canadiens ne dira pas qu’il n’est pas capable de jouer au hockey et il voudra essayer, mais la danse et les arts sont souvent perçus comme étant plus inaccessibles, comme s’il fallait atteindre un certain niveau, illustre Louise Lapierre, fondatrice de l’école de danse à son nom sur le Plateau Mont-Royal. Mais ce n’est pas du tout le cas. »

Offrant des camps de jour artistiques depuis 30 ans, Louise Lapierre a pu en constater les bienfaits plus d’une fois. « En pratiquant un art, les jeunes se réalisent et se valorisent », dit-elle, précisant que les portes de son camp sont grandes ouvertes autant aux enfants qui en sont à leurs premiers pas de danse qu’aux plus expérimentés.

Et on ne fait pas que danser, dans le camp de jour de l’école Louise Lapierre. « Notre spécialité est la danse, mais nos camps sont vraiment des camps artistiques », affirme la fondatrice de l’école. Les jeunes touchent à plusieurs styles de danse, comme le jazz, le hip-hop et le funky, mais s’amusent aussi à confectionner des costumes, des accessoires, des décors et des maquillages, participent à des ateliers de théâtre, à des moments de jeux libres, à des activités spéciales, comme une journée pyjama…

« Il n’y a pas deux journées qui se ressemblent, poursuit Mme Lapierre. Les enfants viennent pour s’amuser et se faire surprendre. On mêle le ludique et la formation pour que la semaine soit bien équilibrée. »

Les jeux extérieurs ne sont toutefois pas à l’horaire. « On est un camp de ville, précise la directrice. Tout se passe dans nos six studios adaptés pour le camp de jour. On suggère donc à ceux qui voudraient s’inscrire à plus d’une semaine de camp de les étaler à différents moments durant l’été. » Chaque semaine de camp étant différente, les enfants sont nombreux à y participer à deux ou trois reprises au cours du même été, et à revenir d’une année à l’autre.

À Québec, l’école de danse Nadia Desgagnés offre aussi un camp de jour. Au programme : danse en avant-midi, loisirs divers en après-midi. Durant la formation technique et chorégraphique du matin, les jeunes apprendront à maîtriser plusieurs facettes de la danse (rythme, interprétation, improvisation, précision) et seront initiés à plusieurs disciplines. Les après-midi sont ensuite réservés à des activités diverses, comme les arts plastiques, le théâtre, les activités en plein air et des sorties, comme une visite à l’aquarium de Québec ou au Village vacances Valcartier.

L’École de danse de Québec offre quant à elle un camp d’été de trois semaines. Ce camp « actif et créatif » pour les 5 à 15 ans vise à les éveiller à la pratique de la danse et à les perfectionner. Au programme : danse contemporaine, ballet, jazz, hip-hop, création, ateliers découvertes, activités d’arts créatifs, sorties et activités spéciales tous les mercredis.

L’école Christiane Bélanger-Danse, la seule spécialisée en ballet classique accréditée par la Ville de Québec, propose pour sa part deux types de camps d’été d’une semaine. Le stage d’initiation-immersion s’adresse aux jeunes de 6 à 13 ans qui souhaitent découvrir le ballet, tandis que le stage de perfectionnement professionnel s’adresse aux étudiants qui désirent se perfectionner dans un contexte de production chorégraphique intensif.

Tous ces camps de danse se terminent sur les planches, alors que les jeunes s’offrent en spectacle à leurs parents.

L’été au son des tambours et des trompettes

Les camps de jour musicaux sont très nombreux au Québec. Alors que certains s’adressent davantage aux plus expérimentés, d’autres, comme l’Académie des orchestres des jeunes d’Ottawa, offrent aussi des camps pour débutants. Une belle occasion d’initier les jeunes à la musique.

Pendant dix jours, les jeunes apprentis ou chevronnés peuvent manier les cordes, les cuivres, les vents ou les percussions, accompagnés par des enseignants professionnels. Le camp de l’Académie s’articule autour de leçons en groupe, de séances de jeu d’ensemble, de cours théoriques et d’éducation à l’oreille, tout en laissant la place à des activités ludiques, sportives et d’arts de toutes sortes.

À Montréal, le Conservatoire de musique de McGill propose plus de 25 camps de jour différents en musique, en arts de la scène et en arts visuels et médias aux jeunes de 4 à 17 ans. Les camps se déroulent dans un environnement bilingue.

Pour les jeunes musiciens un peu plus expérimentés, le camp de blues du Festival international de jazz de Montréal est des plus prisés. Ce camp de jour de haut niveau d’une semaine est gratuit, mais de 50 à 60 jeunes de 13 à 17 ans seulement y sont sélectionnés par des auditions chaque année.

« En tant que vieux bluesman, j’aurais couché dehors pour pouvoir faire l’audition quand j’étais ado, lance Vincent Beaulne, directeur du camp, en rigolant. En seulement une semaine, les élèves font un trajet musical incroyable, car ils sont entourés de professionnels et de musiciens chevronnés dans un environnement très stimulant. » Les participants apprennent notamment à jouer du blues, mais aussi à prendre leur place dans un grand orchestre.

« Les rencontres et les liens qui s’y créent chaque année sont incroyables, ajoute M. Beaulne. Des bands qui s’y sont formés il y a 10 ans existent encore aujourd’hui ! »

La semaine de camp culmine par un grand spectacle donné par les jeunes sur la scène principale du Festival devant pas moins de 10 000 personnes. Cette année, le spectacle aura lieu le 7 juillet. « Ça fait douze ans que le camp existe, et chaque fois on se demande comment on fera l’année suivante pour maintenir la qualité du spectacle, et chaque fois, on est aussi impressionnés », raconte Vincent Beaulne.

« Ce camp, c’est un petit bijou, conclut le directeur. On se pince tellement c’est merveilleux de voir les jeunes y évoluer. »


L’été au musée

Depuis près de 30 ans, des centaines de jeunes déambulent entre les murs du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) durant l’été, non pas pour une simple visite, mais pour une semaine complète d’activités. « Notre camp de jour est une occasion de découvrir le musée sous un tout autre angle », fait valoir Patricia Boyer, responsable des programmes éducatifs et scolaires au MBAM.

L’an dernier, quelque 900 jeunes ont participé aux camps, et les places se réservent toujours rapidement. Divisés en petits groupes, les jeunes de 6 à 16 ans découvrent diverses cultures et époques à travers les expositions. « Parfois, les visites se font sous forme de chasse aux textures dans les collections ou sous forme de jeux de rôles, et parfois on prend simplement le temps de réfléchir à ce qu’on ressent devant ce qu’on voit », explique Mme Boyer.

Les jeunes sont aussi invités à créer à partir de différentes techniques et de divers matériaux. « On ne colle pas de petits carrés de carton sur des feuilles de papier, on fait de la mosaïque, de l’argile… C’est la qualité des matériaux utilisés et des gens qui accompagnent les jeunes — les médiateurs du musée — qui rend l’expérience aussi riche et intéressante. » Des périodes de jeux libres, des activités plus sportives et des jeux à l’extérieur sont aussi à l’horaire.

La semaine de camp se termine en grand avec un vernissage organisé de A à Z par les jeunes. « Ils sont toujours excités de montrer leurs projets à leurs parents, relate Patricia Boyer. J’aime les entendre expliquer ce qu’ils ont fait. Le résultat peut être intéressant, mais c’est le processus qui est le plus important. »

Le Musée d’art contemporain (MAC) offre quant à lui un camp de jour aux 6 à 15 ans sur le thème de l’Expo 67. Plusieurs thèmes seront abordés, dont l’architecture et le multiculturalisme, et les jeunes découvriront aussi les oeuvres d’Olafur Eliasson, un artiste danois de réputation internationale qui explore notre relation au temps et à l’espace à partir de principes scientifiques. Les petits artistes s’amuseront aussi avec plusieurs formes d’art et techniques, comme l’acrylique, l’assemblage, le dessin, le collage, l’encre, les nouveaux médias et la sérigraphie sur t-shirt. La semaine se boucle aussi par un vernissage, où parents et amis sont conviés.

Dans la Vieille Capitale, le Musée des beaux-arts du Québec offre aussi un camp similaire d’une semaine aux 6 à 17 ans. Ateliers de dessin, de peinture, de sculpture, sorties, rencontres et vernissage sont au programme.