Des écoles juives sur la bonne voie

L’école Yeshiva Gedola Merkaz Hatorah a obtenu le feu vert de la CCEP.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’école Yeshiva Gedola Merkaz Hatorah a obtenu le feu vert de la CCEP.

Des écoles juives de Montréal, souvent qualifiées d’illégales en raison de leur non-conformité avec le programme du ministère de l’Éducation, semblent être sur la bonne voie : deux d’entre elles ont reçu mardi des avis favorables de la Commission consultative de l’enseignement privé (CCEP), chargée de se prononcer sur diverses demandes de permis formulées par des écoles privées.

L’école Belz d’Outremont a ainsi trouvé un appui à ses demandes, pour déménager ses locaux pour les filles et pour ajouter une nouvelle installation pour les garçons. L’établissement, qui s’était engagé en 2009 à se conformer aux exigences du ministère, ne respecte cependant pas « le nombre d’heures minimal prescrit pour l’enseignement des matières obligatoires », et les lacunes sont plus importantes « en ce qui concerne les services offerts aux garçons », a noté la CCEP.

Les deux tiers des membres de son personnel sont titulaires d’une autorisation légale pour enseigner, le programme d’éthique et culture religieuse est modifié, mais la CCEP « constate des progrès dans l’organisation pédagogique de l’établissement ».

L’école Yeshiva Gedola Merkaz Hatorah, qui avait pris le même engagement de conformité en 2009, a obtenu le feu vert de la CCEP pour le renouvellement de son permis.  La commission devait aussi se prononcer sur sa demande de permis pour offrir l’éducation préscolaire aux enfants de 5 ans et les services d’enseignement primaire à la section francophone de l’établissement. « Le programme d’éthique et culture religieuse est modifié et, pour certaines matières, l’établissement n’utilise pas toujours les programmes actuellement en vigueur. Des ambiguïtés persistent aussi quant à l’offre de services éducatifs pour les garçons au secondaire », a remarqué la CCEP, qui fait aussi état de problèmes financiers. La Commission s’est tout de même montrée favorable à sa demande de permis. Elle a cependant refusé sa demande d'agrément (subvention).

Quant à l’Académie Beth Rivkah pour filles, elle répond aux exigences de la CCEP et a obtenu un avis favorable pour renouveler ses permis d’enseignement au préscolaire, au primaire et au secondaire.

Écoles musulmanes

 

Du côté des écoles religieuses musulmanes, seule la demande de l’école Le Savoir, située à Pierrefonds, a obtenu un avis favorable. L’établissement, qui serait financé en partie par le Koweït et dont les installations appartiennent à l’Association musulmane du Canada, « présente globalement un dossier de qualité », a jugé la CCEP. Les écoles montréalaises Ibn Sina et JMC, pour Jeunes musulmans canadiens, ont obtenu des avis défavorables. Elles obtiennent toutes les deux des avis défavorables de la CCEP. La seconde devra notamment consentir « des efforts additionnels » afin d’améliorer la qualification du personnel enseignant, selon la Commission.

Écoles chrétiennes

 

Quant aux écoles chrétiennes, l’école La Source reçoit un avis défavorable parce qu’elle « semble répondre à un besoin pour un nombre restreint d’élèves seulement, ce qui a un impact direct sur sa situation financière ». Le Centre académique de l’Outaouais, dont les élèves sont issus de l’Église protestante évangélique, obtient un avis favorable, malgré les lacunes remarquées par la CCEP au niveau de la qualification de ses enseignants. Situation semblable du côté de l’Église-École Académie chrétienne de la Foi, de Vaudreuil-Dorion, où un « recul concernant la qualification du personnel enseignant » n’a pas empêché un avis favorable de la Commission. « En effet, l’organisme n’a pas été en mesure de fournir de preuve de qualification, ou même de tolérance, pour près de la moitié des membres de l’équipe enseignante », a écrit la CCEP, qui a appuyé sa demande de déménagement au 490, rue Chicoine.

Les avis de la CCEP ne lient pas les mains du ministère de l’Éducation. L’an dernier, le ministère a par exemple renouvelé le financement de l’école Yeshiva Gedola Merkaz Hatorah en dépit d’un avis défavorable de la CCEP, qui avait estimé que l’établissement dérogeait aux exigences minimales du Régime pédagogique.

À voir en vidéo