Allô prof lance un nouveau service pour outiller les parents

Les questions des parents à Allô prof débordent très souvent du cadre notionnel pour aborder des préoccupations plus larges en lien avec l’éducation des enfants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les questions des parents à Allô prof débordent très souvent du cadre notionnel pour aborder des préoccupations plus larges en lien avec l’éducation des enfants.

Pour aider les parents à mieux soutenir leurs enfants dans leur parcours scolaire, en particulier chez les populations plus vulnérables qui n’ont pas toujours tous les outils pour le faire, l’organisme Allô prof s’apprête à lancer une nouvelle ligne Allô parent. Une première plateforme Internet devrait voir le jour « dès les prochaines semaines » pour mener à un service complet pour l’automne prochain, confirme le directeur des communications d’Allô prof, Marc-Antoine Tanguay.

Chaque année, plus de 350 000 élèves du primaire et du secondaire téléphonent au service d’aide aux devoirs Allô prof pour savoir comment résoudre un problème d’algèbre ou avoir des trucs pour accorder les participes passés. Des milliers de parents, désireux d’aider leurs enfants, en font tout autant. Mais les questions des parents débordent très souvent du cadre notionnel pour aborder des préoccupations plus larges en lien avec l’éducation de leur enfant, constate Marc-Antoine Tanguay. « Les parents posent beaucoup de questions sur la motivation, sur la performance ou sur des problèmes de stress vécus par leur enfant. D’autres fois, ça va être sur la quantité de devoirs : est-ce qu’il y en a assez ou pas ? Tout au long de l’enfance, les parents ont des questions pour savoir si leur enfant est à jour, s’il souffre de dyslexie ou s’ils devraient consulter un orthopédagogue pour tel ou tel problème. »

Devant de telles questions, les enseignants d’Allô prof sont souvent dépassés. « Ce sont de choses pour lesquelles on n’a pas vraiment d’expertise », concède M. Tanguay.

Point de chute

L’organisme a profité des consultations sur la réussite éducative, menées par le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx l’automne dernier, pour proposer une ligne destinée aux parents afin de répondre, avec des professionnels, à leurs besoins spécifiques. La réponse n’a pas tardé à venir. Début décembre, le ministre Proulx annonçait une enveloppe de 20 millions pour lutter contre l’analphabétisme, dont 1,5 million pour l’organisme Allô prof : un million à titre d’aide récurrente pour les services réguliers et 500 000 $ pour offrir une nouvelle ligne Allô parent, qui servira de point de chute.

« Les parents doivent être des facilitateurs, ce sont les premiers acteurs pour aider les enfants à s’épanouir et à progresser pour les amener vers une diplomation, explique Marc-Antoine Tanguay. Mais à un moment donné, il faut leur faciliter la vie. Il y a toutes sortes de problématiques qu’un enfant peut rencontrer en matière d’apprentissage, mais les échos que nous avons, c’est que c’est généralement difficile pour les parents de trouver l’information et les ressources, et ce, même lorsque ces ressources existent. Alors, c’est ça l’idée. On pourrait faire le parallèle avec un service d’info santé, par exemple : on va répondre aux premières questions des parents et, lorsque ce n’est pas suffisant, on va les guider vers les bonnes ressources. »

Tout au long de l'enfance, les parents ont des questions pour savoir si leur enfant est à jour, s'il souffre de dyslexie ou s'ils devraient consulter un orthopédagogue pour tel ou tel problème

 

Le service, gratuit, s’adresse à tous, mais l’organisme compte en faire la promotion principalement auprès des clientèles vulnérables, notamment auprès des parents dont le français n’est pas la première langue, de même que chez les parents dont le niveau de littératie est jugé trop faible, précise Marc-Antoine Tanguay.

« Plus le service sera simple et facilement accessible, mieux on va aider les parents à s’engager dans l’éducation de leur enfant, ce qui est un des premiers facteurs de réussite. La recherche le confirme : ça fait une énorme différence. On a toujours pensé que c’était le revenu du ménage qui était un déterminant majeur pour la réussite d’un enfant — et c’est vrai que c’en est un —, mais ce que ça cache, c’est que les parents sont plus scolarisés dans les ménages où les revenus sont plus élevés, et c’est ça, le réel facteur. Les parents scolarisés démontrent généralement de l’intérêt pour l’école et sont capables d’accompagner leur enfant. Ça fait toute la différence. »

« Évidemment, lorsqu’on parle de parents qui ne sont pas scolarisés, on ne peut pas changer ça du jour au lendemain, mais on peut les outiller, les aider à rester actifs pour motiver leur enfant, leur montrer que l’école, c’est intéressant et que ça vaut la peine. »

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