Deux organismes de plus seront expulsés

Réunion du conseil de la CSDM, mercredi soir
Photo: Philippe Orfali Le Devoir Réunion du conseil de la CSDM, mercredi soir

Des organismes communautaires qui logeaient dans deux écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) devront être expulsés à leur tour au cours de la prochaine année, car la CSDM soutient avoir besoin de ces locaux pour ses élèves.

Après la Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie — avec ses trésors de premières éditions, de manuscrits, de photos, de lettres et d’archives diverses — qui a dû fermer ses portes au public en octobre, ce sera au tour de plusieurs groupes de se faire montrer la porte du 5095, 9e Avenue dans le quartier Rosemont, et du 5643 rue Clark, dans le Plateau-Mont-Royal.

La CSDM soutient qu’elle doit reprendre ces locaux « pour des fins de scolarisation ». L’annonce est douce-amère pour plusieurs organismes, car un nombre bien plus important d’entre eux était à l’origine menacé d’expulsion. En septembre, la commission scolaire avait envoyé une lettre aux locataires de 13 de ses 72 immeubles excédentaires pour les informer qu’en vertu du plan triennal 2017-2020, elle était « en consultation pour une possible reprise » de ses locaux.

Sur la rue Clark, certains locataires perdent quelques locaux. Cest le cas des Centres d’éducation populaire se trouvant dans l’édifice, mais pas, pour l’heure, du Centre de la petite enfance Alexis-le-Trotteur, qui n’a pas pour autant obtenu l’assurance de pouvoir y demeurer à long terme.

« Il s’agit de quelques locaux [qui seront repris] sur Clark, a expliqué la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, en marge du conseil des commissaires de mercredi soir. Les Centres d’éducation populaire vont pouvoir rester, mais [seulement] pour quelques locaux pour la scolarisation des adultes en francisation. »

Dans le quartier Rosemont, ce sont principalement des organismes régionaux, et non de quartier, qui sont visés, selon la présidente. « Considérant les besoins d’espace dans le quartier et le changement de l’indice de défavorisation, qui requiert de plus petits ratios enfants-élèves, il fallait prendre une décision. »

La commissaire indépendante Violaine Cousineau a dénoncé « l’absence de transparence » de la CSDM dans le cadre de tout ce processus. Il a d’ailleurs été impossible d’obtenir un exemplaire à jour du Plan triennal de répartition et de destination des immeubles (PTRDI) 2017-2020 de la CSDM pendant la réunion du conseil de mercredi soir, avant son adoption, tard dans la soirée.

Écoles intermédiaires

Par ailleurs, un groupe d’enseignants, d’élèves et de parents de l’école Pierre-Dupuy a tenu à dénoncer mercredi soir le projet de la CSDM, révélé par Le Devoir en août dernier, de créer des écoles« intermédiaires », c’est-à-dire regroupant des élèves de 5e et 6e années et de 1re et 2e secondaires sous un même toit. La CSDM entendait aller de l’avant dès la prochaine rentrée scolaire dans le quartier Centre-Sud, en combinant des classes des écoles Jean-Baptiste-Meilleur et Pierre-Dupuy.

« Personne ne gagnera quoi que ce soit à déloger des élèves de leur école. Tout ce que nous avons construit à Pierre-Dupuy sera à refaire », a soutenu Sylvie Normandeau, qui y enseigne depuis 18 ans.

La CSDM a préféré retirer le projet d’école intermédiaire de sa planification pour l’année prochaine, suivant le tollé suscité par cette proposition.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 23 décembre 2016 11 h 50

    Je trouve étonnant que personne ne dénonce le vrai responsable de ces coupes sauvages et sombres, le gouvernement Couillard!

    Ainsi il va contribuer à précariser davantage ces groupes communautaires qui rendent service à la société.

    Gageons qu'il va bientôt se poser en sauveur, et accorder quelques miettes à ce secteur...?