Les écoles veulent leur part des investissements en éducation

Plus d’un milliard sera investi dans les infrastructures postsecondaires, dont les trois quarts (730 millions) viennent des gouvernements Trudeau et Couillard. Et nous ? dit le milieu des écoles primaires et secondaires de Montréal, qui réserve un accueil mitigé à cette annonce. « On espère qu’on aura notre part du gâteau », a indiqué Michel Picard, président de l’Association professionnelle du personnel administratif (APPA-CSN), qui regroupe le personnel de soutien de commissions scolaires montréalaises. Pour lui, ces investissements « prouvent qu’il y a de l’argent quelque part ».

Michel Mayrand, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du milieu de l’éducation de Montréal (SPPMEM), juge « questionnable » l’octroi de ces fonds par le fédéral, qui vient ainsi s’immiscer dans les priorités en éducation. « L’argent fédéral, oui c’est bien mais on aurait apprécié qu’il le donne à Québec pour qu’il décide lui-même de ses priorités », a-t-il déclaré.

Les syndicats du milieu scolaire montréalais réclament depuis longtemps des investissements dans le parc immobilier vétuste de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), dont le déficit d’entretien s’élève à 1,3 milliard. La Coalition des écoles saines avait chiffré à 100 millions sur dix ans le financement dont elle avait besoin pour la réfection d’école aux prises avec des problèmes de moisissures et pour prévenir la détérioration des immeubles dans d’autres cas.

Vétusté et moisissures

Au cours des cinq dernières années, dix écoles de la CSDM ont dû fermer et relocaliser leurs élèves pour cause de moisissures. Parmi elles, trois écoles seulement ont été reconstruites et ont vu les élèves se réinstaller. Sept sont toujours en rénovation ou en reconstruction.

Il y a moins d’un mois, un ensemble d’organisations syndicales ont fait paraître 11 recommandations pour mieux soutenir l’avenir de l’école publique à la CSDM, l’une d’elle étant que l’État accorde à la CSDM un financement récurrent et suffisant pour l’aider à prendre soin de son parc immobilier, qui présente des défis particuliers étant donné sa vétusté et son caractère patrimonial. Mais surtout, il est demandé que la CSDM puisse disposer elle-même de ces sommes selon ses besoins. « On veut qu’à Montréal il y ait enfin du financement suffisant pour l’aménagement et l’entretien de nos écoles afin qu’elles soient habitables et respirables, mais qu’on nous laisse gérer l’argent librement », a dit Michel Mayrand.

Les organisations syndicales ont également exigé une rencontre avec le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx et le président du Conseil du Trésor, Carlos Leitão, qui devrait se concrétiser prochainement, durant la période des Fêtes.


 
1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 17 décembre 2016 02 h 46

    Oui à la brique, mais les jeunes en péril!

    Les parcs immobiliers scolaires sont rongés par les coupes récurrentes depuis 1978.

    48 ans de manque d'entretien et de rénovations laissent leurs marques dans la pierre...

    Les écoliers en péril sont délaissés par les coupes récurrentes depuis 1978. Cela s'est accentué en1988, année où les plans d'intervention sont devenus obligatoires.

    48 ans de services insuffisants et 28 ans de plans d'intervention mal ficelés, mal coordonnés, mal ciblés où les objectifs de remédiation sont fixés aux jeunes vulnérables faute d'être ceux d'enseignants dénigrés, meurtris et livrés à eux-mêmes laissent leurs marques dans la chair, le coeur, le corps et l'âme des jeunes et de leurs maîtres...