Des commissaires d’English-Montréal réclament une mise sous tutelle

Sylvia Lo Bianco et Angela Mancini
Photo: Source Facebook Sylvia Lo Bianco et Angela Mancini

Rien ne va plus à la commission scolaire English-Montréal. Alors que les 12 cadres supérieurs dénoncent les pressions des élus qui outrepassent leurs pouvoirs, des commissaires de l’opposition accusent la présidente et son équipe de « népotisme » et demandent au ministre de les mettre sous tutelle.

Le climat était tendu au conseil des commissaires mercredi soir. Et pour cause. Les frustrations et accusations des uns et des autres se rejoignent pour mettre au banc des accusés la présidente de la commission scolaire, Angela Mancini, et son équipe de commissaires.

« Pour la première fois depuis des années, les cadres supérieurs font une seule et même équipe et partagent leurs préoccupations concernant la présente situation », écrivent les 12 cadres supérieurs de la commission scolaire, dont la directrice générale, Ann Marie Matheson, et le directeur général adjoint, Angelo Marino, dans une lettre envoyée aux conseillers scolaires le 16 novembre dernier.

« Les cadres supérieurs estiment que les problèmes actuels de la commission scolaire English-Montréal résident dans une incompréhension des rôles et responsabilités de chacun […] Nous croyons fermement que les rôles et responsabilités spécifiques de la présidente et de la vice-présidente doivent être clairement définis. »

« Il est de notre responsabilité de nous assurer qu’une séparation claire est définie et respectée entre les représentants du politique [les conseillers] et de l’administratif [les cadres supérieurs] afin d’éviter tout conflit ou perception de conflit », ajoutent-ils.

Les commissaires indépendants Julien Fledman et Agostino Cannavino ont envoyé une lettre mercredi au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, dans laquelle ils relatent ces tensions croissantes qui « soulèvent de sérieuses questions en matière de gouvernance et de conflits d’intérêts ».

Selon eux, c’est un problème de « népotisme » qui est à la source du conflit. Ainsi, l’administration aurait refusé la candidature du beau-frère de la vice-présidente de la commission scolaire, Sylvia Lo Bianco, pour un poste de cadre supérieur en raison de son manque de compétences. La présidente et sa vice-présidente auraient alors passé outre cette décision et fait pression pour qu’on lui offre le poste malgré tout. « Nous comprenons que plusieurs personnes sélectionnées récemment auraient des liens familiaux non déclarés avec des élus présents ou passés, indiquant des conflits d’intérêts non déclarés », dénoncent les deux commissaires.

UPAC et tutelle

Les commissaires Feldman et Cannavino rappellent que de nombreux « extras » sont régulièrement accordés pour des projets de réfection des écoles anglophones de Montréal, une situation qui a été dénoncée par plusieurs commissaires le mois dernier, comme rapporté par Le Devoir récemment. Ils estiment que l’UPAC devrait se pencher sur ces « extras ».

Les commissaires vont plus loin et demandent au ministre d’intervenir directement pour régler les nombreux problèmes évoqués. « Nous croyons que le temps est venu de placer la commission scolaire sous tutelle », concluent-ils.

Malgré la présence de plusieurs cadres supérieurs et la volonté des commissaires de l’opposition, le contenu de ces deux lettres n’a pas été discuté pendant la séance du conseil des commissaires mercredi soir.

Questionnée en marge de la réunion, la présidente Angela Mancini a refusé de commenter l’une et l’autre, confirmant toutefois qu’elle était « au courant qu’il y avait un problème » avec la direction et qu’elle-même avait proposé des solutions depuis plusieurs semaines. 

Quant à la demande des commissaires Feldman et Cannavino de mettre la commission scolaire sous tutelle, la présidente répond ne pas avoir eu connaissance de cette lettre. Elle nie avoir fait des pressions sur l'administration pour favoriser la candidature du beau-frère de sa vice-présidente. « Absolument pas », répond-elle. 

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 24 novembre 2016 10 h 32

    plus elle est évoluée moins on exige d'elle

    des administrateurs qui agissent comme au sciecle dernier, comment est-ce possible, eux qui se taguent de faire partie de la meilleure sociétée au monde, est-ce que plus une société est évoluée, plus elle devient conne enfin, peut etre bien, plus elle est évoluer moins on exige d'elle, voila ce que la vie m'a apprise

  • Bernard Terreault - Abonné 24 novembre 2016 13 h 35

    Hasard ?

    On dirait que plus de la moitié des dirigeants de cette organisation "anglophone" sont des Italiens. Il faut croire qu'ils adorent la politique.