Des dizaines d’organismes menacés d’éviction

Catherine Harel Bourdon dit avoir agi en toute transparence.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Catherine Harel Bourdon dit avoir agi en toute transparence.

Des dizaines d’organismes communautaires logés dans les bâtiments de la Commission scolaire de Montréal se disent « menacés d’éviction » et s’inquiètent pour leur survie. Dans une pétition qu’ils entendent déposer au conseil des commissaires mercredi, ils rappellent que la Commission scolaire « a des responsabilités à assumer pour soutenir les organismes dans nos communautés ».

En septembre, la Commission scolaire de Montréal a envoyé une lettre aux locataires de 13 de ses 72 immeubles excédentaires pour les informer qu’en vertu du plan triennal 2017-2020, elle était « en consultation pour une possible reprise » de ses locaux, confirme la présidente Catherine Harel Bourdon. Aucune décision n’a encore été prise et le plan sera approuvé en décembre prochain.

Mais déjà, les organismes se mobilisent pour se faire entendre. « Plus de 50 organismes qui offrent des services essentiels à la population, notamment la plus défavorisée, sont menacés de devoir quitter leurs locaux à court terme », peut-on lire dans la « déclaration commune des groupes menacés d’éviction par la Commission scolaire », laquelle sera présentée aux commissaires mercredi. « Il est impossible pour les groupes communautaires autonomes de se reloger sans mettre en péril leurs activités. »

Parmi ces groupes, on compte « des CPE, centres de loisirs, centres d’éducation populaire, cuisines collectives, groupes de défense des droits et autres regroupements ».

Besoin d’espace

Selon eux, « les annonces de reprise de locaux se font de manière peu respectueuse des organismes locataires [et] non transparente ».

« On parle d’une reprise éventuelle en juin, dans certains cas dans un an ou deux, ce n’est pas très clair, dénonce Marie-Andrée Painchaud, du Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles. Les gens sont vraiment inquiets. Ils se demandent : est-ce que je suis dehors ou pas ? Ils sont fâchés de l’attitude de la Commission scolaire. Tout ce flou, ç’a des conséquences importantes […] pour des groupes qui sont déjà dans une logique de supprimer des services faute d’argent. »

À la Commission scolaire de Montréal, la présidente, Catherine Harel Bourdon, dit avoir agi en toute transparence. « Le but de la lettre, ce n’est pas de les faire paniquer, c’est de les aviser le plus rapidement possible pour qu’ils puissent s’organiser et trouver un plan B. »

Elle affirme que, dans tous les cas, il s’agit de besoins en scolarisation pour combler le manque d’espace lié à l’augmentation du nombre d’élèves depuis une dizaine d’années. Il faudra « faire un état de situation pour chacun de ces immeubles », mais ces espaces seront possiblement transformés en écoles primaires et en centres de formation professionnelle ou de formation aux adultes.

« On a des écoles qui sont à 160 % de leur capacité. Comment je fais pour justifier à une école qui n’a plus de bibliothèque, qui n’a plus de local de musique et qui a des unités préfabriquées dans sa cour qu’à cinq coins de rue de là je vais garder un immeuble pour des organismes communautaires au complet ? »

La Commission scolaire dit avoir demandé de l’aide au ministère des Affaires municipales de même qu’à plusieurs autres partenaires, dont les archevêchés, afin de reloger les organismes touchés.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 23 novembre 2016 09 h 43

    Le problème ce sont les coupes "sauvages" du gouvernement.

    Madame Harel est bien gênée de le dire clairement...!