Professeurs recherchés à l’ETS

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Cinq universités et un cégep ont participé à la 2e édition de la compétition interuniversitaire de drones qui s’est tenue samedi dernier à l’ETS.
Photo: Abderraouf Chettibi Cinq universités et un cégep ont participé à la 2e édition de la compétition interuniversitaire de drones qui s’est tenue samedi dernier à l’ETS.

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche

Pour une organisation, gérer la croissance est toujours plus agréable que l’inverse. Cela est toutefois accompagné de nombreux défis à relever. Dans le cas de l’ETS, l’un de ces défis consistera à embaucher 28 professeurs au cours des trois prochaines années. Pour la seule année 2016-2017, 17 professeurs devraient être embauchés. Un chiffre qui pourrait varier selon les budgets ou les départs à la retraite. Une discussion avec Sylvain Cloutier, directeur des affaires professorales à l’ETS, permet de bien saisir l’ampleur de ce défi.

Une croissance débridée

Le besoin d’embaucher de nouveaux professeurs s’explique par la croissance rapide de l’école et la nécessité de remplacer les professeurs qui partent à la retraite. « Pour répondre à ces deux besoins, nous devons embaucher une dizaine de professeurs par année », dit M. Cloutier.

L’augmentation rapide du nombre d’étudiants justifie en bonne partie ce besoin d’embauche. En 2008-2009, il y en avait 6000, et en 2015-2016, on en comptait 10 600 ! Cette croissance exerce aussi une pression sur les espaces disponibles à l’ETS. « Nous sommes sur le mode de l’embauche, mais en même temps, nous avons besoin de nouveaux espaces, car chaque nouveau professeur arrive avec de nouveaux équipements, qui doivent être mis quelque part », dit M. Cloutier, qui ajoute que l’ETS est en discussion avec le ministère de l’Éducation pour développer de nouveaux espaces.

Ce sang neuf est toutefois positif. « Il nous permet aussi de développer de nouveaux axes de recherche afin de répondre aux besoins de l’industrie, comme l’impression 3D, la robotique, les drones et l’Internet des objets, dit M. Cloutier. Il amène aussi de nouvelles idées et favorise de nouvelles collaborations entre professeurs. »

Les besoins d’embauche sont ajustés chaque année. « Nous demandons à chaque département de déterminer quels sont ses besoins et nous ajustons ensuite le plan en conséquence, poursuit le directeur des affaires professorales. L’annonce du départ à la retraite d’un professeur est un exemple de mise au point qui doit être faite. »

M. Cloutier affirme toutefois que la population étudiante semble s’être stabilisée depuis quelque temps, ce qui devrait permettre de parvenir à l’équilibre souhaitable entre professeurs et étudiants.

Le défi d’embauche

Le principal défi auquel doit faire face l’ETS lors du recrutement est la rémunération. « Le salaire que nous offrons aux professeurs est moindre que celui qu’un ingénieur peut obtenir en industrie,dit M. Cloutier. Cela est particulièrement vrai dans le domaine du génie informatique. »

M. Cloutier ajoute que les candidats doivent être capables d’enseigner en français, une exigence qui limite les candidatures à un nombre plus restreint de personnes. « Les candidats doivent aussi être membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec [OIQ] ou s’engager à le devenir dans un délai de cinq ans à partir de la date de l’embauche,dit-il. Ils doivent avoir une expérience considérable en industrie, car cela permet de donner un enseignement plus intéressant, accompagné d’exemples concrets, et d’avoir un parcours en recherche bien développé. »

M. Cloutier admet que trouver un professeur qui combine expérience en industrie et en recherche représente parfois un défi. L’ETS peut embaucher une personne qui a surtout travaillé en industrie (avec une expérience en recherche plus réduite), mais l’inverse n’est pas vrai. « Nous n’embaucherons pas une personne qui ne possède qu’un parcours académique pur, sans expérience en industrie. »

L’ETS est-elle en compétition avec d’autres écoles québécoises en génie (ex. : école Polytechnique) dans sa recherche de professeurs ? Pas vraiment, selon M. Cloutier. « Nous avons constaté que la plupart des candidats qui déclinaient notre offre se retrouvaient plutôt dans des établissements d’enseignement à l’extérieur du Québec. »

La qualité de l’enseignement : une priorité

Arrivé à l’ETS en 2012, M. Cloutier affirme avoir été, dès le début, impressionné par l’importance accordée à la qualité de l’enseignement. « Ici, le nombre d’élèves par groupe de cours est de 32, alors qu’ailleurs, il est d’environ 50, dit-il. L’autre donnée importante est la capacité d’accueil dans les laboratoires d’enseignement. Elle varie de 5 à 45 étudiants par labo. Et la majorité des cours ont des labos. Récemment, nous avons permis aux étudiants de se regrouper en équipe de trois plutôt que deux dans les labos pour accueillir un peu plus de gens en même temps dans ces lieux, mais l’accueil demeure restreint. » Ces données expliquent en bonne partie le besoin élevé de professeurs à l’ETS.

Des secteurs plus populaires

L’embauche varie aussi selon les départements. Selon M. Cloutier, les besoins sont plus grands en génie électrique, en génie informatique, en environnement, en structures, en matériaux composites et en télécommunications.

De nouveaux besoins en enseignement peuvent apparaître selon l’évolution de la technologie.

Par exemple, l’ETS fait beaucoup de recherche sur la modélisation des données du bâtiment (ou building information modeling — BIM). Le BIM est une représentation numérique (à l’aide d’une maquette) des caractéristiques physiques et fonctionnelles d’une construction. Cette information peut être partagée durant tout le cycle de vie du bâtiment, de la conception jusqu’à sa démolition. « Afin de demeurer à l’avant-garde, nous avons créé un programme d’enseignement dans ce domaine », dit M. Cloutier.

Des incitatifs à la recherche

Pour motiver les professeurs à développer des projets de recherche, l’ETS offre des incitatifs. « Par exemple, l’ETS bonifie une subvention qu’un professeur obtient pour entreprendre une nouvelle recherche, dit M. Cloutier. L’environnement de recherche à l’ETS est plutôt stimulant, puisque l’établissement est toujours à l’affût pour acquérir des équipements à la fine pointe de la technologie. »

À voir en vidéo