La CSDM réclame un statut particulier

La Commission scolaire de Montréal dispose du parc immobilier le plus vétuste du réseau scolaire québécois.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir La Commission scolaire de Montréal dispose du parc immobilier le plus vétuste du réseau scolaire québécois.

À couteaux tirés la plupart du temps, la Commission scolaire de Montréal (CSDM), ses syndicats, ses cadres et des groupes de parents forment une alliance sans précédent et réclament l’octroi d’un statut spécial au réseau scolaire de la métropole et des dizaines de millions de dollars supplémentaires.

Les présidentes de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, et de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Renaud, ont l’habitude des querelles sur la place publique. Pourtant, elles étaient réunies à la même table jeudi matin pour demander au gouvernement Couillard de reconnaître la « particularité des écoles montréalaises », alors que Québec entame sa planification du prochain budget.

En tout, neuf groupes — la CSDM et des représentants de son personnel, des parents et des gestionnaires — unissent leur voix pour réclamer un statut spécial et au moins 36 millions de plus.

« En termes objectifs, on est très différents des autres commissions scolaires du Québec, même de l’île de Montréal, soutient Mme Harel-Bourdon. Notre but, ce n’est pas de faire pitié. Ce n’est pas une campagne de marketing, ce sont des faits : plus des deux tiers de nos élèves viennent de milieux défavorisés. Plus de 50 % d’entre eux n’ont pas le français comme langue maternelle, et un élève sur quatre a des besoins particuliers. »

D’autres commissions scolaires font face à des défis tels que l’immigration, la pauvreté, ou la forte présence d’élèves ayant un handicap ou des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation (EHDAA), mais la CSDM est la seule à devoir composer, avec une telle intensité, à tous ces problèmes simultanément, affirme-t-elle. En outre, la CSDM dispose du parc immobilier le plus vétuste du réseau scolaire québécois.

Les revendications précises qui seront formulées au gouvernement provincial restent à préciser, souligne Mme Renaud. « On veut qu’ils reconnaissent nos spécificités. C’est pour ça qu’on va se rencontrer, tous les groupes, la semaine prochaine pour ensuite formuler nos revendications. »

Le ministre n’est pas contre

Dans un geste d’ouverture qui tranche avec l’approche de son prédécesseur à l’Éducation, François Blais, le ministre Sébastien Proulx a tenu à se dire jeudi « attentif » aux propositions de la CSDM.

Le ministre reconnaît qu’« il y a des réalités qui sont propres à la région de Montréal », a soutenu son attachée de presse, Marie Deschamps. « D’ailleurs, les solutions mises de l’avant dans une région ne sont peut-être pas les mêmes qui doivent être privilégiées dans une autre région », a-t-elle ajouté.

Le ministre doit par ailleurs rencontrer la CSDM et d’autres acteurs de l’éducation montréalaise au cours des prochaines semaines, dans le cadre des consultations publiques sur la réussite éducative. Deux journées de consultations sont prévues dans la métropole.

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