La petite université devenue grande

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Le penchant de Concordia pour la pluridisciplinarité se reflète dans des initiatives comme District 3, qui est un incubateur et un accélérateur, non pas d’entreprises, mais plutôt d’innovation.
Photo: Source Concordia Le penchant de Concordia pour la pluridisciplinarité se reflète dans des initiatives comme District 3, qui est un incubateur et un accélérateur, non pas d’entreprises, mais plutôt d’innovation.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Avec ses quelque 46 000 étudiants, dont environ 8000 sont inscrits aux cycles supérieurs, l’Université Concordia est arrivée à maturité et figure maintenant parmi les grandes universités québécoises. On pourra le constater lors de la journée portes ouvertes, qui se tiendra le 29 octobre prochain entre 10 et 16 h.

Bien que l’on puisse se présenter sans avertissement à la journée portes ouvertes, il est toutefois recommandé de s’y enregistrer. « L’enregistrement n’est évidemment pas obligatoire, souligne Graham Carr, vice-recteur exécutif aux affaires académiques, mais l’enregistrement nous permet de proposer au visiteur un itinéraire et un choix d’activités personnalisés selon ses intérêts académiques. » D’ailleurs, même ceux qui se présenteront sans s’être enregistrés pourront se construire aisément un parcours, puisque les activités proposées sont regroupées selon les parcours académiques.

En plus des différentes tables de présentation des facultés et départements, où l’on pourra rencontrer professeurs et étudiants, la journée portes ouvertes propose aussi une soixantaine de présentations et conférences sur des sujets particuliers. Les simples curieux se contenteront sans doute de s’informer aux tables de présentation, mais ceux qui veulent pousser plus loin l’exercice profiteront des présentations et conférences. Il sera aussi possible de visiter les diverses installations de l’université, comme les laboratoires, studios et bibliothèques. Et comme l’Université Concordia possède deux campus, soit le campus Sir-George-Williams, situé au centre-ville sur Maisonneuve Ouest, et le campus Loyola, à l’ouest de la ville, sur Sherbrooke Ouest, une navette fera le lien entre les deux campus.

Parmi les présentations prévues à l’horaire, l’une s’adresse tout particulièrement aux étudiants francophones désireux de poursuivre leurs études à Concordia. « Environ 11 % de nos étudiants sont des Québécois francophones, et dans la plupart des cas, ils nous arrivent après avoir accompli leurs études collégiales dans un cégep francophone. Chez nos étudiants étrangers, ce sont les Français qui arrivent au second rang, après les Chinois. Le fait français est donc bien présent à Concordia, et nous faisons des efforts, comme en témoigne cette présentation, pour bien accueillir les étudiants francophones au sein de notre communauté. Cela démontre l’esprit d’ouverture de notre établissement. À preuve, la majorité de nos étudiants nous arrive des communautés allophones montréalaises. On compte pas moins de 150 pays d’origine dans notre communauté étudiante. La diversité culturelle est une caractéristique de notre université. »

Créneaux d’excellence

Comme l’Université Concordia est une université généraliste, on y trouve donc plusieurs parcours universitaires. Par contre, l’Université Concordia a su, au fil des ans, développer des créneaux d’excellence. « Notre défi a été de cibler certains domaines académiques et de recherche pour en faire des créneaux d’excellence, ce qui nous permet de nous démarquer de nos concurrentes. »

Dans ces créneaux, on retrouve l’aéronautique et l’aérospatiale. « Notre Département en génie aérospatial est l’une de nos forces de formation et de recherche. Nous avons même une chaire de recherche en aérospatiale. De plus, notre baccalauréat en génie aérospatial est très prisé. C’est que nous travaillons en étroite collaboration avec les entreprises de la grappe aérospatiale montréalaise. » Le génie informatique est aussi un second créneau d’excellence. Malgré ce choix pour la modernité, l’Université Concordia n’a pas pour autant négligé des secteurs plus traditionnels. « Peu de gens le savent, mais notre Département de génie civil est classé premier au Canada et vingtième dans le monde. »

La Faculté des beaux-arts est un autre créneau d’excellence de l’Université Concordia. On y enseigne le théâtre, la danse, le cinéma, les arts plastiques et les arts numériques. Les disciplines abordées sont multiples et variées.

Pluridisciplinarité

À preuve : la création et l’inauguration au printemps dernier de Milieux, l’institut artistique, culturel et technologique de l’Université Concordia. Cet institut de recherche accueillera chercheurs, professeurs et étudiants des cycles supérieurs en provenance de toutes les facultés de l’Université Concordia. Mêlant beaux-arts, culture numérique et technologie de l’information, Milieux se veut un lieu d’expérimentation et d’innovation pluridisciplinaire, axé en bonne partie sur les secteurs de la technologie et des arts médiatiques. « Ce que l’on veut favoriser avec Milieux, c’est la mobilité intellectuelle et créatrice. On veut regrouper des chercheurs de divers horizons autour d’un même grand défi et d’une même grande thématique. »

Ce penchant pour la pluridisciplinarité se reflète aussi dans des initiatives comme District 3. « District 3 est un incubateur et un accélérateur, non pas d’entreprises, mais plutôt d’innovation. Les projets qu’on y trouve ont évidemment un côté et un intérêt entrepreneurial, mais le but n’est pas nécessairement de fonder des entreprises, bien que District 3 ait mené à la création de quelques entreprises en démarrage. Avec District 3, on s’éloigne un peu de notre mission académique, en y demeurant toutefois liés, puisque nos étudiants, peu importe le cycle d’études, et nos professeurs peuvent y participer. Mais District 3 accueille aussi des participants provenant d’autres universités et même des participants hors du milieu universitaire. »

La modernité, l’innovation et la diversité sont au coeur de la culture de l’Université Concordia. « Notre plan stratégique diffère d’autres plans stratégiques en ceci qu’il met l’accent sur les besoins des prochaines générations d’étudiants. D’ailleurs, à ce sujet, nous allons tenir une rencontre en novembre sur le thème du travail de l’avenir et de l’éducation de l’avenir. Comment le monde du travail va-t-il évoluer et que doivent alors faire les institutions d’enseignement pour en tenir compte ? Ce sujet cadre bien avec la culture de notre institution, car l’Université Concordia n’a jamais eu peur de faire les choses différemment. »