Montréal doit miser sur le savoir pour nourrir son PIB

Environ 40 % de toute la recherche et développement du Québec est réalisée au sein des universités, dont 69 % par les universités et les hôpitaux universitaires de la grande région de Montréal.
Photo: Gérald Dallaire Le Devoir Environ 40 % de toute la recherche et développement du Québec est réalisée au sein des universités, dont 69 % par les universités et les hôpitaux universitaires de la grande région de Montréal.

Il faut augmenter le nombre de diplômés universitaires à Montréal pour rattraper les autres villes canadiennes, estiment la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Montréal international, qui ont dévoilé mercredi une étude sur la contribution des universités montréalaises à l’économie du Québec.

« Si la région métropolitaine de Montréal a effectué un rattrapage important au cours des 20 dernières années en matière de présence de diplômés universitaires sur son territoire, un écart demeure par rapport aux autres grandes régions métropolitaines canadiennes ou nord-américaines », peut-on lire dans le document, qui fait une soixantaine de pages.

Chez les jeunes adultes de 25 à 34 ans, la proportion des diplômés universitaires est de 36,6 %, soit 10 points de plus que chez les 35 à 64 ans, où le taux est de 27,3 %.

« Malgré cette hausse notable, la proportion des diplômés universitaires dans la région métropolitaine de Montréal reste en deçà de celle observée dans les régions métropolitaines de Toronto, de Vancouver et de Calgary. »

Chez la plus jeune génération, le pourcentage des diplômés universitaires s’élève à 43,3 % à Toronto, contre 40,5 % à Vancouver et 38,3 % à Calgary.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Montréal international estiment que, pour rattraper cet écart, il faut donc « augmenter de cinq points de pourcentage sur cinq ans la part des grades universitaires dans la population de 25 à 34 ans au sein de la région métropolitaine ».

Étudiants internationaux

L’étude révèle également une « hausse significative » du nombre des étudiants internationaux dans la région métropolitaine de Montréal. « Depuis 2009-2010, le nombre d’étudiants internationaux a augmenté de 43 %, passant de 15 770 à 22 594. »

Les auteurs notent que la région métropolitaine de Montréal est considérée comme le meilleur endroit où étudier en Amérique et qu’elle occupe le septième rang au niveau mondial, selon le classement QS Best Student Cities 2016. « Pour la première fois, la métropole devance ainsi Boston au classement. Il n’est donc pas surprenant que l’attrait de Montréal pour les étudiants internationaux ait augmenté. »

Ainsi, 15 % de la population étudiante de Montréal est composée d’étudiants internationaux. Mais il faut faire encore mieux, notent les auteurs, non seulement pour les attirer, mais pour les retenir. « Malgré la croissance récente, le Québec perd du terrain par rapport aux autres grandes provinces canadiennes, tout particulièrement la Colombie-Britannique, où le nombre d’étudiants internationaux a connu une augmentation de 289 % de 2004-2005 à 2013-2014. En comparaison, le Québec compte 33 090 étudiants internationaux, mais l’augmentation totale n’a été que de 56 % ces dix dernières années, soit la croissance la plus faible au Canada (à l’exception du Nouveau-Brunswick). »

Retombées économiques

Les auteurs constatent que, au cours des 15 dernières années, dans la région métropolitaine de Montréal, le nombre d’emplois n’a augmenté que chez les personnes détenant un diplôme universitaire. Les universités constituent également « une source de main-d’oeuvre qualifiée pour les secteurs de pointe », ce qui stimule la croissance et la performance des secteurs économiques-clés de la région métropolitaine et favorise l’attractivité pour les investisseurs étrangers.

On note, par exemple, qu’environ 40 % de toute la recherche et développement du Québec est réalisée au sein des universités, dont 69 % par les universités et les hôpitaux universitaires de la grande région de Montréal.

Tout cela a un impact favorable sur l’économie de la région métropolitaine, répètent les auteurs. « La contribution de l’ensemble des diplômés universitaire à l’augmentation du PIB de la région de Montréal est évaluée à 22,7 milliards de dollars pour l’année 2014-2015. À cela s’ajoutent les retombées économiques liées aux dépenses des universités, qui s’élèvent à 3,5 milliards de dollars cette même année, et celles des étudiants internationaux, qui atteignent 367 millions de dollars. »

En plus de stimuler l’économie, les universités « agissent dans leur communauté pour améliorer la qualité de vie des Québécois », affirment les deux organismes dans la présentation de leur nouvelle étude.

« Le savoir étant à la base même de notre attractivité économique, il est fondamental de positionner le Grand Montréal comme pôle universitaire d’envergure mondiale, résume Hubert Bolduc, président-directeur général de Montréal international, par voie de communiqué. Nous devons […] agir rapidement pour accroître le nombre des diplômés universitaires, tout en retenant davantage d’étudiants internationaux dans la région. »

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