Le futur Conseil des universités pourra faire des recommandations à Québec

Québec propose que le futur Conseil des universités détermine de façon continue les grands enjeux auxquels fait face l’université dans ses fonctions de formation et de recherche, notamment.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Québec propose que le futur Conseil des universités détermine de façon continue les grands enjeux auxquels fait face l’université dans ses fonctions de formation et de recherche, notamment.

Le futur Conseil des universités pourrait, entre autres responsabilités, s’occuper de faire des recommandations sur la reddition de comptes des universités.

Cette responsabilité fait partie des hypothèses soumises dans un document de consultation rendu disponible par le ministère de l’Enseignement supérieur.

Québec a déjà fait part de sa volonté d’instituer un Conseil des collèges, un Conseil des universités ainsi qu’une Commission mixte de l’enseignement supérieur. C’est dans ce cadre qu’il a rendu disponibles des documents de réflexion avant de consulter les acteurs du milieu.

Parmi ces hypothèses, il propose que le Conseil puisse « recommander à la ministre les normes qui pourraient être implantées relativement à la reddition de comptes des établissements tant sur le plan académique qu’administratif ».

Au fil des ans, des controverses ont éclaté dans le milieu universitaire, par exemple quant aux indemnités versées à d’anciens recteurs, comme à McGill, ou à la construction de l’îlot Voyageur, dans le cas de l’UQAM. Et on avait alors soulevé cette question de la reddition de comptes de la part des administrations universitaires.

De même, Québec propose que ce futur Conseil détermine de façon continue les grands enjeux auxquels fait face l’université dans ses fonctions de formation et de recherche, notamment.

Il propose également de recenser et de faire connaître les meilleures pratiques canadiennes, internationales et québécoises en matière de pédagogie, d’organisation, de fonctionnement des établissements pour favoriser la qualité de la formation et la réussite des études.

 

« Une urgence »

L’idée de créer un Conseil des universités sourit à la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), qui y voit même « une urgence », a confié au cours d’une entrevue son président, Jean-Marie Lafortune.

La fédération, qui compte 5300 membres, trouve cependant que le mandat est trop restreint, que Québec met l’accent sur l’évaluation des programmes aux dépens d’autres aspects.

« Pour nous, le sens et la pertinence d’une telle instance viennent du fait qu’elle puisse documenter, analyser et entrer dans une logique de planification des ressources financières ou budgétaires et que, donc, c’est le morceau essentiel qui semble pour l’instant manquer à la fois au projet et au contexte de la consultation », a affirmé M. Lafortune.

En matière de reddition de comptes, justement, il souligne qu’il y en a déjà pas mal. « Bon an mal an, on demande jusqu’à 200 rapports annuels à chacune des universités et, pour l’essentiel, ces rapports ne sont même pas lus par les fonctionnaires au ministère de l’Enseignement supérieur », a-t-il dit.

« La solution n’est pas d’exiger une surenchère de redditions de comptes, mais de s’assurer qu’elle soit faite — puisqu’il s’agit des fonds des contribuables — et ensuite simplement de s’assurer par le biais d’un comité, ou d’un conseil comme le Conseil des universités, que le développement de chacun des établissements se fait en conformité avec les ressources qu’il reçoit et avec un souci de cohérence », a proposé M. Lafortune.

Pour ce qui est du Conseil des collèges, Québec dit vouloir en faire un lieu d’analyse et de réflexion visant à développer l’expertise nécessaire au progrès de l’enseignement supérieur et du système collégial. Il souhaite aussi accroître la cohésion et la complémentarité dans l’enseignement supérieur, en plus de maintenir la qualité de la formation et un partage des meilleures pratiques.