Des droits de scolarité en hausse partout, sans manifestation nulle part

Au Québec, la hausse atteint en moyenne 1,9 % par rapport à l’an dernier.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Au Québec, la hausse atteint en moyenne 1,9 % par rapport à l’an dernier.

Les droits de scolarité exigés des étudiants universitaires ont poursuivi leur ascension cette année encore, autant au Québec que dans les autres provinces, révélait mercredi Statistique Canada. Si les sommes puisées dans les poches des étudiants ne cessent de croître, elles font néanmoins bien peu réagir, dans les campus et surtout dans la rue.

L’automne 2015 s’annonçait « chaud », le mouvement étudiant québécois ayant promis d’en remettre, « mobilisé comme jamais » pour obtenir la gratuité scolaire. Un an plus tard, pas un mot ou presque concernant la hausse des droits de scolarité.

Au Québec, celle-ci atteint en moyenne 1,9 % par rapport à l’an dernier, selon la plus récente étude de l’agence statistique fédérale. Le Québec a ainsi la quatrième plus petite hausse à l’échelle de la fédération, la moyenne nationale étant de 2,8 %.

Les étudiants de premier cycle de Terre-Neuve-et-Labrador sont encore ceux qui paient les plus faibles droits de scolarité, avec 2759 $ en moyenne, le Québec arrivant bon deuxième, avec des droits moyens de 2851 $, ce qui inclut à la fois les étudiants originaires du Québec (qui paient 2328 $ par an) et les étudiants des autres provinces inscrits dans un établissement québécois.

À l’autre extrême complètement, l’Ontario exige près de 8114 $ à ses étudiants, suivi de la Nouvelle-Écosse (7218 $) et de la Saskatchewan (7177 $). Dans certaines disciplines, les sommes exigées peuvent atteindre les 20 000 $, voire les 95 000 $.



 

Pas de protestation

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), l’une des principales actrices des conflits étudiants de 2012 et de 2015, n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue du Devoir, mercredi.

L’Union étudiante du Québec (UEQ), née des cendres de la défunte Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), reconnaît pour sa part que les hausses de droit de scolarité suscitent moins la controverse par les temps qui courent.

« Cette hausse, c’est quelque chose qui était attendu, dans la mesure où depuis le sommet sur l’enseignement supérieur, les droits de scolarité et les frais supplémentaires obligatoires augmentent en fonction du revenu disponible des ménages », de façon prévisible, explique le président de l’UEQ Nicolas Lavallée, dont l’organisation revendique 72 000 membres répartis dans six universités.

Le cheval de bataille de l’UEQ n’est pas la gratuité scolaire, mais plutôt l’accessibilité financière aux études, ajoute-t-il.

En ce sens, l’abolition du crédit d’impôt pour les études et les manuels, annoncée dans le premier budget du gouvernement Trudeau, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain, préoccupe particulièrement l’UEQ.

« Le but était de bonifier le programme fédéral d’aide financière, mais le Québec n’y participe pas. On veut s’assurer que Québec transfère bel et bien les sommes qui leur sont dues aux étudiants. Le refus de Québec de nous dire où va l’argent est préoccupant et on ne lâchera pas, on veut un engagement clair en ce sens. »

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants tiendra pour sa part sa journée annuelle de mobilisation le 2 novembre. Ses membres (surtout regroupés dans les universités anglophones) exigent un accès universel à l’éducation, et un réinvestissement massif en enseignement supérieur.

4 commentaires
  • Jean-Claude Blouin - Inscrit 8 septembre 2016 13 h 59

    Maifestation

    N'y a-t-il pas une manifestation annoncée pour le début novembre?

  • Sylvain Auclair - Abonné 8 septembre 2016 16 h 25

    Doublement

    Rappelons que les manifestations ont été provoquées par le projet de doubler les frais de scolarité. Et qu'elles ont été préparées (et annoncées) pendant plus d'une année...

  • Maryse Veilleux - Abonnée 8 septembre 2016 18 h 48

    Dormez-vous?...

    Hey... ce n'est pas seulement le nom commercial du magasin de matelas... vous êtes où les étudiants?... Vous faites quoi des luttes de vos prédécesseurs. En bon citoyen soumis au néolibéralisme vous allez laisser marchandiser l'éducation? En quelques années vous êtes devenus bien dociles, assis sur les victoires de vos prédécesseurs? N'êtes-vous pas politisé? C'est au prix d'une importante lutte que ceux qui vous ont précédé ont gagné des combats sociaux. Je comprends que le combat a été difficile mais... réveillez-vous!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 septembre 2016 08 h 01

      L'arrière-plan politique que vous évoquez, qui est juste, ne servait alors au plus grand nombre que de cri de ralliement de ceux, parents et étudiants, qui poursuivaient surtout leurs intérêts tantôt partisans, tantôt pécuniaires. À rien d'autre. Cela n'a pas changé. À rien maintenant.